Bernard Godard, co-auteur des « Musulmans en France » : « Le Conseil français du culte musulman ? Il est là pour durer » 
Par Ian Hamel
jeudi 3 mai 2007
« Les musulmans en France » (*) est un livre fort utile si vous souhaitez toucher du doigt les méthodes de travail d’un policier rigoureux. Bernard Godard, commandant de la police nationale, a été fonctionnaire des Renseignements généraux de 1985 à 1997. En charge du dossier « islam » auprès des ministres Jean-Pierre Chevènement et Daniel Vaillant de 1997 à 2002, il est considéré par certains comme « le meilleur spécialiste du dossier islam de France ». Ce qui fait dire à Vincent Geisser et à Aziz Zemouri dans « Marianne et Allah », que ce diplômé de sociologie de 56 ans est à la fois « craint », « respecté » et « admiré ».
Depuis 2002, l’ancien flic est chargé de mission au Bureau central des cultes du ministère de l’Intérieur. Bernard Godard n’a pas choisi la facilité, qui consistait à jouer la carte du sensationnalisme. Il nous livre, au contraire, un ouvrage pédagogique, indispensable pour comprendre les multiples tendances qui traversent l’islam tricolore. En prime, l’ouvrage est agrémenté d’un dictionnaire bibliographique et d’un glossaire de sigles et notions. Sur un ton volontairement dépassionné, « Les musulmans en France » aborde des sujets aussi variés que le salafisme, l’islam à l’armée, la finance islamique ou le halâl. Il faudrait absolument offrir cet ouvrage aux candidats à l’élection présidentielle qui peinent à faire la différence en chiite et sunnite.
Vous êtes policier et vous acceptez de répondre aux questions d’Oumma ? Pourtant, dans certains milieux, on prétend encore que ce site ferait le jeu des « islamistes », ou des « islamo-gauchistes ».
Je le dis dans le livre, Oumma est une référence intellectuelle, grâce à ses débats, ses analyses politiques, ses articles historiques. D’ailleurs, des candidats aux élections présidentielles se sont exprimés sur ce site. Je n’ai donc aucun problème pour répondre à cette interview. Quant au terme « islamo-gauchisme », je l’évoque dans « Les musulmans en France », affirmant qu’Oumma est à l’origine d’initiatives de cette mouvance « islamo-gauchiste », très frondeuse vis-à-vis de l’islam institutionnel.
Contrairement à beaucoup de spécialistes autoproclamés de l’islam, vous n’affirmez pas que tous les « barbus » sont des poseurs de bombes, ou que Tariq Ramadan passe son temps à former des terroristes ?
J’ai travaillé plusieurs années sur l’anti-terrorisme. Je suis davantage satisfait de m’impliquer sur le non-terrorisme que sur le terrorisme. Pour répondre plus précisément à votre question, les personnes qui cherchent à entretenir un climat de peur le font, certes, pour des raisons politiques, idéologiques, mais aussi mercantiles. On vend davantage de livres quand on crie au loup…
Vous dédouanez Tariq Ramadan de tous liens avec Al-Qaïda. Il n’est pas non plus le porte-parole des Frères musulmans en Europe. En revanche, vous n’êtes pas très tendre avec lui, parlant d’un « prurit passager » ?
Il est incontestablement surdimensionné. En le diabolisant, une partie de l’intelligentsia française lui a donné, volontairement ou non, une épaisseur politico-religieuse qu’il n’a pas. Je m’étonne que chaque fois qu’on lui pose une question un peu épineuse sur le dogme, Tariq Ramadan renvoie systématiquement aux savants…
Comment analysez-vous l’attitude de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), qui, après avoir longtemps flirté avec Nicolas Sarkozy, fait siffler son nom lors de son dernier congrès annuel au Bourget ?
L’UOIF considère que le ministre de l’Intérieur les a trahis. Ce n’est pas un hasard si Fouad Alaoui, le responsable musulman le plus impliqué dans les relations avec Nicolas Sarkozy, sonne lui-même la charge contre le candidat de l’UMP.
Laissez-vous entendre que l’UOIF a des comportements similaires à ceux des Partis communistes d’autrefois : celui qui a fauté doit faire son autocritique publique ?
Je préfère dire que les Frères musulmans en général, et l’UOIF en particulier, développent une stratégie de prise en main des appareils - afin d’accéder au pouvoir - qui prime sur tout le reste. L’important est moins de résoudre les problèmes, d’apporter des solutions, que de mettre des hommes à eux dans les principaux rouages. C’est effectivement difficile de travailler avec l’UOIF.
Est-il plus facile de collaborer avec la Grande Mosquée de Paris ou avec la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF) ?
Non. L’UOIF au moins possède une structure.
Que faut-il faire du Conseil français du culte musulman (CFCM), qui est un peu, quelque part, votre enfant ? Le laisser mourir de sa belle mort ?
Certainement pas. Aucun des principaux candidats à l’élection présidentielle ne souhaite casser le CFCM. Sa principale qualité est d’exister, et il doit durer. Pour cela, il lui faut acquérir de la crédibilité et une légitimité. La balle est dans le camp des musulmans. Le grand handicap tient dans la fragilité des trois grandes fédérations, Grande Mosquée de Paris, UOIF et FNMF. Ajoutez les pesanteurs ethnico-religieuses…
Ne voulez-vous pas parler carrément de la mainmise de certains Etats, Maroc, Algérie, Turquie, sur le CFCM ?
Nul ne peut nier qu’il existe des liens entre certaines fédérations et des ambassades. Peut-on parler d’inféodation ? Certes, l’autorité religieuse vient souvent du pays d’origine. Mais il ne faut pas systématiser. C’est un peu plus compliqué que cela. Autrement, les Marocains, qui sont plutôt plus investis dans la gestion du culte et dans les circuits du financement moyen-oriental que les Algériens, seraient au pouvoir.
Propos recueillis par Ian Hamel
(*) Bernard Godard et Sylvie Taussig, « Les musulmans en France. Courants, institutions, communautés : un état des lieux ». Editions Robert Laffont, 454 pages.
Ian Hamel
Journaliste, auteur du livre « La vérité sur Tariq Ramadan, sa famille, ses réseaux, sa stratégie » aux éditions Favre, préface de Vincent Geisser.
Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :
Vos réactions et commentaires sur cet article
J’arrive un peu tard dans le débat mais je voudrais noter qd même comme la problématique de l’islam en France reste tenace rien qu’au travers du titre.
Le titre semble suggérer des musulmans de passage comme qui dirait en transit, qui n’appartiennent pas à la société sinon ils auraient été "Musulmans de France".
C’est peut-être une pécadille ou ma sensibilité d’ancien colonisé qui fait ça : nous étions des sujets français et non des citoyens et traités comme tels. On a l’impression que la relation de l’Etat au sujet (le musulman) demeure toujours, même si tous ces musulmans sont des français et des enfants de France.
Je reviens sur la petite pique, à peine voilée, à l’encontre de Monsieur Ramadan que je respecte en tant qu’intellectuel mais avec qui je ne partage pas toutes les idées ni les analyses. Monsieur Godard dit, je site : "Je m’étonne que chaque fois qu’on lui pose une question un peu épineuse sur le dogme, Tariq Ramadan renvoie systématiquement aux savants…" - Rien de plus sage que d’adopter une telle posture pour différentes raisons : 1- Monsieur Ramadan est très entendu. Il y a des personnes qui lui sont voués corps et âme, il serait malvenu de se prononcer sur des questions de dogme au risque d’entraîner derrière lui des marrées. Malgré lui, Monsieur Ramadan est un "gourou" et il a agit d’une manière très responsable à cet égard. 2- Le fait de renvoyer sur les "savants" n’est pas une manière de fuir la "dédogmatisation". Loin de là, c’est une manière de promouvoir une "démocratie" d’une autre nature celle de la concertation sur des sujets qui concernent non seulement les musulmans français mais tous les musulmans de la planète. D’ailleurs, cette "dédogmatisation" passerait mieux venant d’un comité de savants ayant vocation à statuer sur des questions de cette nature que d’un intellectuel qu’on étiquette volontairement de religieux. 3- la communauté musulmane n’a pas encore atteint la maturité requise pour remuer le dogme. Dire quoi que ce soit dans ce sujet risque d’attiser des antagonismes déjà grands. Quant au CFCM, nous avons là la parfaite illustration du fameux ‘diviser pour régner’ – Choisir (sans aucun suffrage dans un pays qui nous matraque du mot démocratie) des personnes sans aucune carrure, dotées de charisme de tabouret et assoiffés de pouvoir et d’honneurs pour représenter des millions de personne me paraît à la fois une stratégie pleine de ruse et une méprise assourdissante des musulmans de la France. C’est une manière de semer le désordre sans être pointé du doigt. Pour ce qui est de l’UOIF, il s’agit là d’une structure archaïque ayant tendance à créer du brouhaha et de la cacophonie (je vous sers le procès de Charlie Hebdo comme exemple). Elle ne présente aucun ‘danger’, sinon elle aurait fait l’objet d’une campagne médiatique à la ‘voile islamique’ jusqu’à sa dissolution. Le seul personnage encore capable d’être entendu au sein de la communauté musulmane en France n’est autre que Monsieur Ramadan. La campagne d’Hitlerisation de Monsieur Ramadan en est la preuve incontestable.
Salam
Tous ces frères qui s’acharnent sur le frère Tariq...calmez vous un peu et essayez plutôt de faire ne serait-ce que la moitié de ce qu’il fait pour cette communauté.
M. Ramadan n’est pas une idole mais un intellectuel brillant et apprécié par beaucoup à sa juste valeur !
Cela ne l’empêche pas d’être un humain comme tout le monde et qu’il peut par conséquent être critiqué.
A condition de le critiquer sur ses idées et non pas de déverser tous ses bas instincts sur lui.
Alors pour ceux qui ont lu ses ouvrages et savent un peu de quoi il parle dites nous ce qui vous dérange dans sa pensée.
Lançons un réel débat entre adultes sans agressivité et propos déplacés.
Que Dieu nous guide.
A Dalila qui est vexée, car on a touché à sa petite idole, le mielleux Tariq. Selon Dalila Tariq Ramadan dérange , car il fait de l’ombre. C’est vrai , je le reconnais, quand je bronze , je n’aime pas que Tariq Ramadan se mette devant moi et me fait de l’ombre. C’est mauvais pour mon bronzage.
Bonjour, Je ne comprends pas que l’on diabolise l’intellectuel Tariq Ramadan, le livre écrit par Aziz Zémouri : Faut-il faire taire Tariq Ramadan m’a éclairé. J’ai l’impression que les intellectuels musulmans de France sont diabolisés quand ils ont du succès. Tariq fait de l’ombre à certains, je n’ai jamais vu de diaboliser de réels extrêmistes juifs. A force de semer la haine par une fausse propagante, vous finirez pas semer la colère.
" Femme éclairée" par la clarté du jour ,sans doute ! Force est de constater que vous vous égarez et que M.RAMADAN reste avant tout un homme dans toute sa simplicité et sa modestie. Je n’en veux pas moins lui reconnaitre une aura et un savoir prestigieux ,plein de lumière certes ! mais lui accorder une posture qui frôle l’indécence pour ne pas parler de "blaspheme" mériterait qu’on y réfléchisse à deux fois. J’ai par avant demandé à ce même post s’il fût possible que M.Ramadan s’exprime sur ce sujet ,créant ainsi un courant, donnant un sens comme le font tout les politiques de ce pays. N’est -il pas vrai ? Aussi vous rappelle-je que "de la discution jaillit la lumière" !!!!
Merci Reda pour ta remarque. Quant à la fervente idole qui nous défi de tenir un débat avec Ramadan ,je suis surprise pour une personne qu’il le connaît si bien qu’elle ne sache pas même pas écrire son prénom correctement et qu’elle ignore que Ramadan n’accorde pas la moindre importence aux "simples citoyens" . Ramadan s’adresse à une élite ! Car il sait que si les élites le suivent, le peuple suivra par mimétisme.
Conseiller du Gouvernement anglais, il n’hésite pas à s’en démarquer alors que les déclarations des responsables anglais ont été suggérées par ses conseils !
Enfin, pourquoi joue-t-il la carte de l’islamisme politique sans le déclarer haut et fort.
Mais je crois que tout musulman ou musulmane suffisament éclairé peut déceler des séries de contradictions et de faux-fuyants dans les dires de MR Ramadan. Il sufffit juste de ne pas céder à sa loghorée, à son aisance et à sa prestance
Je suis souvent déconcerté de constater combien le nom de Tariq Ramadan suscite des réactions passionnées de son fan-club. Ses disciples considèrent-ils que Tariq Ramadan doit être au-dessus de toute critique, et que seuls les éloges doivent accompagner l’évocation de son nom. J’aimerais que l’on discute du fond de sa « pensée » et seulement du fond.
Une internaute de ce forum ( voir le message ci-dessous) en guise de défense de Tariq Ramadan affirme je cite « Pourquoi tout ce lynchage médiatique,cette bile haineuse de certains ici sur ce forum… » Dans cette pseudo-défense de Tariq Ramadan, il n’ y a pas l’ombre d’un argument, l’internaute assimile la critique à un « lynchage », parle de « bile haineuse » « Un homme trés respectueux, plein d’humilité
On a là affaire à une supportrice dépitée pour qui la moindre critique de Ramadan ne peut être que l’effet d’un complot.
Il faut s’interroger de savoir pourquoi les défenseurs de Tariq Ramadan recourent à une aussi pauvre et pitoyable argumentation.
Je doute fort que des lecteurs d’ auteurs d’ Arkoun, Benabi, Abdou, Al Afghani, Averroès, Avicenne, Rumi recourent à une telle argumentation pour voler au secours de ces auteurs.
Parce que ces auteurs s’adresse à la raison, à la rationalité et développent un esprit critique chez leurs lecteurs. Alors que Tariq Ramadan est dans le registre de la séduction, il ne peut donc que provoquer réactions passionnelles et réactions de supporters auprès de ses lecteurs.
Là est toute la différence… mais aussi différence de niveau d’analyse et de culture entre Tariq Ramadan et d’autres auteurs…
Salam
C’est désolant de voir à quel point la fraternité est une valeur fragile de nos jours...et il est vrai que l’intelligence n’est jamais un gage de probité intellectuelle.
Je constate que dans cette communauté (ou oumma si vous voulez), il vaut mieux ne pas tomber car beaucoup te marcheront dessus et très peu seront là pour te relever...
Heureusement qu’Il est là...Al hamdoulillah
PS : rassurez moi M. Geisser, nous ne sommes pas encore obligés de "décliner notre identité" avant de poster un message sur un forum.
bonjour, Un point à éclaircir : "D’ailleurs, des candidats aux élections présidentielles se sont exprimés sur ce site"... 2 seulement ne sont pas exprimés , pourraient t-ils le faire maintenant ? Pourraient t-ils donner leur avis sur le sujet ? Prendraient t-ils position ? L’Islam fache et on la vu avec M.Sarkosy, moins avec Mme Royal mais silence radio : c’est tout de même bizarre,non ?
M.RAMADAN pourrait lui-meme donner son avis ?
Salam,
Pourquoi tout ce lynchage médiatique,cette bile haineuse de certains ici sur ce forum, au ras des paquerêtes sur Tarek Ramadan ! Beaucoup qui le critiquent gratuitement sans le connaitre, ne lui arrivent pas la cheville !!!Pire que ceux de l’autre camp !
Le connaissez-vous au moins ? Avez-vous assisté à ses conférences ?
Un homme trés respectueux, plein d’humilité, trés en "hauteur" sur beaucoup dans ses interventions, pour l’avoir souvent entendu, je sais de quoi je parle...
L’on se plaint pourquoi ça ne marche pas chez les musulmans, tout en donnant son flanc à battre à ses ennemis de l’autre camp qui jubilent ! Libres à vous de crtiquer, encore faut-il que vous ayez le courage de l’affronter dans débat ouvert, pragmatique !Trops facile de se cacher derriers des pseudos !!!!
Alors franchement, un peu de décence, s’il vous plait et montrez-nous votre savoir-faire, soyez ostensibles dans vos idées, vos écrits, illuminez-nous par votre Science, votre Savoir, vos connaissances, messieurs les pourfendeurs , nous sommes preneurs ou alors comme l’a dit George Marchais "T.....-...." !
Bachir a raison le mieu que l’on puisse faire c’est d’ignorer Ramadan il finira par tomber dans les oubliettes.
Monsieur GODART a commis certaines erreures dans son livre ( ex M BERKAOUI est titulare d’un diplome d’ingénieur à l’ISIM de Montpellier option MEA et non d’un DUT informatique), et il y en a d’autres... Le probléme du CFCM n’est nullement la structure, qui reste une trés bonne chose pour les musulmans, mais plutot de persister à croire qu’il est la propriété de 3 grandes fédérations dont le seul soucis est leurs intérets personnel et qui au lieu de servir l’islam et les musulmans continuent à se servir d’eux...
je te rejoins omar tout est bon pour tariq Ramadan tant qu’il est la star du moment mais toutes les belles choses ont une fin.
Je ne suis pas d’accord avec tout l’entretien, mais je reconnais que Bernard Godard sit de quoi il parle. Il a une bonne maîtrise du sujet et il jouit d’une bonne réputation dans les milieux musulmans.
Je tenais à vous remercier pour votre intervention M. Geisser qui prouve votre intégrité.
Tariq Ramadan est un individu narcissique qui aime se voir à la télé et s’entendre parler, même s’il n’ a rien à dire, et il a souvent rien à dire. Passer à la télé est un objectif primordial, c’est même pour lui un objectif essentiel. Il est facile ensuite de critiquer l’UOIF qui fait un gros travail de terrain, contrairement à Tariq Ramadan qui brasse du vent dans les médias, histoire de se placer.
Bonjour à tous. J’ai lu l’ouvrage de Mr Godard et il est intéressant à plus d’un titre. L’auteur ne verse pas dans un simplisme sommaire et il y a manifestement un travail analytique non dénué d’intérêt. Le dictionnaire bibliographie est inédit, à ma connaissance, même si on peut s’étonner des choix et de la présentation des personnalités, fruits d’un certain tropisme. Concernant le cas Tariq Ramadan, je suis toujours irrité des critiques non argumentées. Tariq Ramadan est criticable, Dieu merci, mais on ne voit, malheureusement, que des attaques ad hominem. Rien concernant le débat d’idées. Alors de grâce, arrêtons de nous cristalliser sur le personnage et reconnaissons qu’il apporte une vraie valeur ajoutée au débat. Quant au propos de Mr Godard "Il est incontestablement surdimensionné. En le diabolisant, une partie de l’intelligentsia française lui a donné, volontairement ou non, une épaisseur politico-religieuse qu’il n’a pas. Je m’étonne que chaque fois qu’on lui pose une question un peu épineuse sur le dogme, Tariq Ramadan renvoie systématiquement aux savants", ils sont plus que contestables. Il est impossible d’élaborer tout le corpus de la pensée de Tariq Ramadan sans maîtriser les questions théologiques et dogmatiques puis d’apporter un regard critique et enfin de l’exposer à un public de référence occidentale. Tariq Ramadan ne veut pas se substituer aux "savants classiques", je dirais, mais réformer la pensée musulmane dont souvent les protagonistes ne sont pas des savants dans son acception théologique mais des intellectuels (Malek Bennabi, Sayed Qotb, Abdessalam Yassine...) Quant aux propos de Mr Geisser dont je salue le statut d’intellectuel engagé, j’apporterais seulement une nuance : je ne pense pas que Tariq Ramadan soit coupé de la base ; au contraire, sa lecture humaniste et universelle de l’islam permet à de nombreuses consciences intellectuelles en devenir d’assumer pleinement et leur citoyenneté républicaine et leur personnalité musulmane. Et en définitive, le combat des idées est le plus important au delà d’une comptabilité picrocholine qui a fait perdre à certains le sens de l’essentiel. Et Dieu est Le plus Savant !
Monsieur Geisser, Je vous cite : "Je gage que T. Ramadan sera dans quelques années l’une des personnalités les plus invitées dans les médias, les forums ou toutes manifestations mondiales (Davos, forums onusiens, Université mondiale pour la paix, ect.)." alors là permettez-moi d’en douter tout comme les communautés s’éloignent de Ramadan (qui s’en est servi pour sa popre notoriété)Les médias (c’est déjà le cas) les manifestations modiales prendront aussi leurs distances d’autant plus que tarik Ramadan participe à n’importe quel conférence pourvu que son nom soit cité.
Bernard Godard nous donne dans cette entrevue une analyse sérieuse et objective de la situation sur l’Islam de France. Son regard sur Tariq Ramadan et l’UOIF, tous deux issus de la mouvance frériste est d’une grande véracité.
Je confirme l’appréciation de M. Hamel.
C’est un livre de référence qu’il faut absolument avoir sous la main.
A l’avenir, pour évaluer le chemin parcouru, on se référera sûrement à ce livre qui décrit si bien l’islam de France en cette période charnière qui l’a vu s’installer officiellement dans la République, donc face à ses responsabilités. Ce regard lucide et neutre à partir d’un observatoire privilégié qu’est le Bureau central des cultes au ministère de l’Intérieur, où Bernard Godard est actuellement chargé de mission, nous livre une précieuse description de la situation des musulmans.
Je le pense sincèrement même si les auteurs n’ont pas consacré la place nécessaire à mon engagement dans la réforme d’abord de l’islam=Muhammad+Coran avant de critiquer les musulmans, sur lesquels tous "les nouveaux penseurs" se sont acharnés jusqu’à maintenant .
Avec tous mes respects
Mohamed Pascal Hilout, initiateur du nouvel islam en France
Tariq Ramadan qui prétend s’inscrire dans le mouvement réformiste musulman n’a en fait qu’opérer un lifting light de la pensée des frères musulmans dont il est issu. J’ai lu les ouvrages de Tariq Ramadan. Ce qui est un véritable supplice. Sa « pensée » est ne se départir en rien du leitmotiv des frères musulmans qui conçoivent l’islam tel un code juridique marginalisant ainsi la profondeur spirituelle du message de l’islam. Je me sens beaucoup plus inspiré en lisant Ibn Arabi, ou encore Mohamed Abdou que les écrits de Tariq Ramadam qui sont particulièrement maigres, et d’une insipidité totale.
Bonjour à tous, il est à la fois intéressant et important de voir que des personnes qui connaissent le cas de l’Islam en France s’exprime, car on a trop l’habitude d’entendre gesticuler des incompétents au mieux et des menteurs au pire. Force est de constater que l’UOIF avait fait confiance à Sarkozy, et d’ailleurs cette posture ce tenait à l’époque. Mais force est de constater que Sarkozy aime semer sa petite graine et s’en aller ailleurs en reniant ses actions, voilà un homme soi disant de l’action...Les musulmans n’ont rien à attendre de Sarlozy ni d’un autre, ils doivent s’élever seul à la sueur de leurs efforts en toute légalité. Les musulmans doivent se structurer seuls, doivent s’engager sur une ligne de conduite et un objectif commun, s’ils veulent peser en France. Ce n’est pas un appel au communitarisme, mais plutôt à la responsabilité de chacun. Pour ce qui est de Tariq Ramadan, je constate juste qu’il existe pas mal de jalousie et de mépris à son égard, et oui....cela est injuste ! C’est un homme qui se bat pour qu’un meilleur vivre ensemble puisse exister entre musulmans et non musulmans, il appelle à la responsabilité de chaque musulman, il appel à vivre sa citoyenneté sans frustration, il appel à la visibilité de l’islam comme une composante à part entière societale, et notamment en France. Mr Ramadan est un homme d’honneur, de dignité, de savoir vivre qui aime son prochain car il craint Dieu. Que quiconque arrive à faire les efforts qu’il fait les fassent et après on en discutera... Je ne dis pas que c’est un ange, non ce n’est qu’un être humain qu’il ne faut juger qu’àprès avoir entendu la globalité de son message. Et il faut arreter de le sacraliser et de l’ériger pour ce qu’il n’est pas, il est un des exemples qui nous montrent que par des efforts constants, on peut arriver à faire entendre et comprendre ces différences. Vive la France et vive tous les Hommes qui se battent pour des lendemains meilleurs où tout un chacun puisse vivre avec dignité.
Réponse à F (qui préfère rester anonyme, tellement le courage est une valeur qui se perd dans la société française actuelle et en particulier dans la "communauté musulmane" de France).
Vous confondez les propos de Bernard Godard avec les miens. Je n’ai jamais écrit que Tariq Ramadan n’avait "aucune profondeur intellectuelle et religieuse" et je l’ai encore moins comparé à l’UOIF, ne serait-ce que parce que T. Ramadan est un individu, alors que l’UOIF est d’abord une organisation. De ce point de vue, la comparaison n’est pas du tout pertinente.
Tariq Ramadan a aujourd’hui conquis la stature d’un véritable intellectuel à l’échelle européenne et internationale. Il devient un leader d’opinion au sens que donnent à cette notion les social scientists anglo-saxons. Dans le même temps, comme je l’ai longuement expliqué dans mes écrits, l’absence de "structure ramadienne" (T. R. n’a pas vraiment de mouvement), fait que son leadership a tendance à s’individualiser, et à emprunter la voie classique des intellectuels européens qui sont finalement plus connus que reconnus.
Tariq Ramadan a vocation à devenir une élite intellectuelle, écoutée dans les cercles internationaux, mais avec de moins en moins d’effet d’entraînement dans les cercles communautaires, au sens de la communauté musulmane de foi et de pratique. Je gage que T. Ramadan sera dans quelques années l’une des personnalités les plus invitées dans les médias, les forums ou toutes manifestations mondiales (Davos, forums onusiens, Université mondiale pour la paix, ect.). Dans le même temps, cette notoriété ramadanienne se fait au prix d’une « décommunautarisation » de son influence, selon le principe suivant : plus T. Ramadan acquiert ses lettres de noblesse dans l’intelligentsia européenne et mondiale, plus il se coupe de la "base musulmane" au sens strict.
A l’opposé, l’UOIF est une grande fédération musulmane qui dispose d’un véritable réseau d’associations, de militants et de cadres. Comme de nombreuses organisations, elle fonctionne selon les principes du "centralisme démocratique" pour le meilleur et pour le pire.
Pour le meilleur, c’est sûrement une capacité à gérer concrètement et matériellement des dizaines de lieux de culte et d’associations musulmanes locales : c’est en ce sens que je parle pour l’UOIF de "bâtisseurs" de l’islam de France.
Pour le pire, c’est parfois une tendance à monopoliser la "parole musulmane" de France et à ne pas supporter la moindre critique de ses dirigeants, à un tel point que la plus petite observation à l’égard d’un responsable Ittihadi est perçue comme une attaque contre toute l’organisation. Sur ce plan, je partage l’avis de B. GODARD, l’UOIF fonctionne un peu comme la structure d’un parti politique avec ses instances de discipline et d’encadrement.
Tout ça pour dire qu’il faut arrêter de regarder les "musulmans de France et d’ailleurs" comme des martiens et ou des extraterrestres qui habiteraient une planète qui s’appellerait « musulmanie » ou l’« islamland ». Ce que l’on peut observer aujourd’hui dans ladite "communauté musulmane" est tout à fait comparable à ce que l’on peut observer dans d’autres secteurs sociaux : médiatisation, marketing, jalousies, concurrences, creusement d’un fossé entre la "base" et les "élites", absence de concertation, égoïsme, tendance à penser le court terme au détriment d’une réflexion approfondie du long terme. Ma conclusion tient en une phrase : les musulmans de France n’ont rien d’exceptionnels et il faut arrêter de les diaboliser comme le font certains à travers leurs écrits sensationnels sur la « cinquième colonne » ou, au contraire, de les idéaliser en refusant systématiquement toute critique constructive. Non, les musulmans ne sont pas de nouveaux martiens qui habiteraient une « planète verte « coupée du reste de l’univers.
Tariq est ramadan est bien pour les pseudos-intellectuels ces textes n’ont rien d’exceptionnels pas plus que le niveau des commentaires sur son site.
L’UOIF ou la mosquée de Paris, c’est du pareil au même. Avec eux, rien ne changera. L’immobilisme est de rigeur avec ce duo.
Tariq Ramadan, encore Tariq Ramadan, toujours Tariq Ramadan. Vous accordez de l’importance à un prédicateur qui rêve de jouer au niveau de l’élite. Tariq Ramadan est un prédicateur pour la petite classe moyenne musulmane éprise de consumérisme. Son audience et son influence se limitent à cela. N’est pas Malek Benabi qui veut....
La politique pro-sarkozyte de l’UOIF est une politique collective, certes Fouad Alaoui s’est énormément impliqué au point qu’il a cru que Sarkozy l’appréciait comme un ami. Mais cette politique est une décision collective de l’uoif. L’échec doit donc être partagé au niveau de toute la direction.
Tariq R., c quelqu’un comme tout le monde : il mange des bonbons Haribo et boit du café pour pas s’endormir... y’a pas de culte de la personnalité ki tient... en tt k, c pa propre à Tariq R., mais plus à la socièté dans laquelle on vit, qui ne cesse d’ériger les personnages publik en idole
Je partage totalement le diagnostic de M. Godard. Je n’ai rien d’autres à ajouter. Son avis sur l’UOIF est pertinent à plus d’un titre.
Tariq Ramadan est un intellectuel de haut niveau. Sa pensée chemine encore, elle arrivera bientôt à maturité, ce qui laisse cette impression d’un manque d’épaisseur.
Le CFCM est un machin. Son bilan est nul à tous les niveaux. Il est urgent de passer à autre chose. Le CFCM fiasco total !!!!!!!!!
Qaund Bernard Goddard affirme :" L’UOIF considère que le ministre de l’Intérieur les a trahis. Ce n’est pas un hasard si Fouad Alaoui, le responsable musulman le plus impliqué dans les relations avec Nicolas Sarkozy, sonne lui-même la charge contre le candidat de l’UMP Ce passage de l’entretien est parfaitement juste"
Je confirme à tout point de vue ce passage qui est en effet véridique.
Fouad Alaoui est contesté au sein de l’UOIF. On lui reproche d’avoir trop collé à Sarkozy. Alaoui s’est trompé lourdement. Il doit lui-même en tirer tous les enseignements.
C’est reparti entre les pro et les anti-Ramadan. Quelle pauvreté dans le débat. Il y a beaucoup plus intéressant que de débattre de T. Ramadan. Oublions le un peu, et concentrons-nous sur l’essentiel.
Certains musulmans vouent un culte à Tariq Ramadan. Ils ne pensent, réflichissent ou n’a gissent qu’en fonction de ce que va dire Tariq Ramadan. Ils ont renoncé à toute liberté de pensée et critique. C’est désolant. Mais Tariq Ramadan détient une responsabilité face à ce culte de la personnalité.
L’islam de France n’existe pas. Il y a des musulmans en France, mais il n y a pas de courants de pensées de l’islam de France qui en est encore aux balbutiements.
Bernard Godart, comme beaucoup d’autres (Geisser par ex), passe à côté de l’épaisseur historique et religieuse de Tariq Ramadan. Il faut, pour la percevoir, accepter d’entendre, de percevoir, le noyau, la foi (pas nécessairement le partager, mais ne pas le nier et comprendre que tout, dans cette pensée, se tient)...Le clivage dont nous sommes coutumiers, la foi dans le domaine privé, la vie sociale clivée de ce noyau intérieur dont disposent certains, donne un regard unidimmensionnel et réducteur, qui ne permet pas de comprendre l’immense intérêt que suscite cet auteur auprès d’un public national et internationl extrêmement large et cultuvé. C’est donc une vision étriquée qui nous est proposée. Ramadan est un "passeur" ici et la-bas...Européen et musulman, il contribue à la construction de ce nous commun dont nous avons besoin à l’heure de la mondialisation. Pour ceux qui veulent remonter à la source de la pensée de T. Ramadan, je conseille la lecture (pas facile) de son ouvrage Aux sources du renouveau musulman. Plus simplement voir aussi des ouvrages de vulgarisation comme Ce que je crois ou le livre de Zemmouri... Et pour info cet intellectuel "banal" donne des cours au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Espagne, en Norvège... F
L’UOIF a pendant longtemps soutenu Sarkozy, on se demande pourquoi d’ailleurs ? Sarkozy a du leur promettre quleque chose. Mais Sarkozy a compris que l’UOIF ne pesait pas grand chose. C’est pourquoi il les a lachés. Bref l’UOIF a beaucoup à apprendre....
l’UOIF et Tariq Ramadan appartiennent à la même école de pensée : celle des frères musulmans. Je ne fais aucune différence entre les deux, même si Tariq Ramadan cherche à se faire passer pour un "réformateur" qu’il n’est pas. Il faut des nouveaux penseurs pour les musulmans d’Europe, qui ne soient pas des penseurs liés à la mouvance frère musulman.
Je n’ai jamais été un supporter de Tariq Ramadan. Tariq Ramadan est un intellectuel "banal" dont les écrits manquent de consistance. C’est un intellectuel moyen, dont la force est qu’il passe bien à la télé. Sans plus !
Il faut sortir d’une gestion policière de l’islam. L’islam doit être traité à égalité avec les autres cultes. La solution réside en partie là.
On s’en fout du CFCM. Les musulmans ne doivent compter que sur leur capacité à s’organiser. Il y a suffisament de force et d’intelligence dans la communauté pour s’organiser et peser (sans se replier sur nous-même) afin de faire des musulmans des citoyens à part entière que l’on se doit de respecter.
La Grande Mosquée de Paris, l’ UOIF et FNMF, ont tout intérêt au maintien du CFCM, même si le CFCM est inutile, et ne sert en rien les intére^t des musulmans. La Grande Mosquée de Paris, l’ UOIF et la FNMF, ont soif de reconnaissance institutionnelle, ces associtions ne représentent qu’elles-mêmes, c’est pourquoi ils ont nesoin d’un CFCM même sous perfusion.
L’islam de France est trop divisé. Les musulmans ont encore beaucoup de chemin à accomplir avant de retrouver une unité d’action qui pourrait créer un organe représenattif indépendant, compétent et surtout reconnu par la majorité des musulmans de France, ce qui est loin d’être le cas actuellement.
C’est particulièrement intéressant que d’avoir l’appréciation d’un responsable des RG sur l’Islam et les musulmans de notre pays. Une appréciation vraiment intéressante, même si je suppose M. Godard ne peut tout dire.
l’UOIF est beaucoup trop imbibée de la culture frères musulmans pour s’ériger en représentant des musulmans de France. Cette structure est trop éloignée des préoccupations des musulmans de France.
Dire de Tariq Ramadan qu’il n’ a aucune épaisseur politico-religieuse me semble foncièrement injuste. Tariq Ramdan est brillnt et cultivé, sa notoriété parle pour lui.
