Mardi 22 mai 2012
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12 septembre, un jour sans fin

Retenez bien son nom : Salem Kali. Celui d’un acteur plutôt discret qui vient de s‘essayer, avec brio, à la réalisation. L’homme vient de réaliser son premier court-métrage intitulé « 9/12 ». Trois chiffres pour une date-clé : celle du lendemain des attentats du 11 septembre 2001. Contacté par Oumma, il a bien voulu répondre à nos questions relatives à sa démarche cinématographique.

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Retenez bien son nom : Salem Kali. Celui d’un acteur plutôt discret qui vient de s‘essayer, avec brio, à la réalisation. L’homme vient de réaliser son premier court-métrage intitulé « 9/12 ». Trois chiffres pour une date-clé : celle du lendemain des attentats du 11 septembre 2001.
Contacté par Oumma, il a bien voulu répondre à nos questions relatives à sa démarche cinématographique. Pour apprécier pleinement ce film en trompe-l‘oeil, de plus en plus âpre au fur et à mesure que s’écoulent les onze minutes de sa durée, un visionnage au préalable est vivement conseillé avant d’aborder la lecture de l’interview.

Entretien avec Salem Kali

Q/ Vous êtes un comédien relativement méconnu du grand public. Quel est votre parcours ?

R/ Je suis acteur depuis plus de 17 ans. Formé au théâtre classique à l‘origine, on a pu ensuite me voir a la télévision et au cinéma comme dans « Secret Défense et « Un prophète » de Jacques Audiard. Pour l’anecdote, c’est parce que je suis également champion de France de kung fu que j’ai pu avoir la chance de travailler avec ce grand réalisateur. Tout ça pour dire que, se battre, je connais bien...

Q/ Que souhaitez-vous dénoncer au travers de votre film ?

R/ Dénoncer… Je ne sais pas mais ouvrir les yeux et le coeur, prendre la défense, tenter de laver l’honneur... Sans doute.
Mon film traite du regard qu’on porte sur les Arabes et les Musulmans après le 11-Septembre. Depuis ce jour, on a instrumentalisé la peur des gens à des fins politiques.
Le regard qu’on porte sur ces filles aujourd’hui et sur les Musulmans dans la plupart des médias pousse à les mépriser dans la rue. Et ce mépris pousse à la violence, politique ou physique.
C’est la même chose concernant le regard qu’on porte sur les Iraniens. On veux nous pousser à les mépriser... avant des les massacrer. Comme on l’a fait en Afghanistan et en Iraq... Ainsi que dans d’autre pays, bien avant.
Mon film tente d’empêcher ça en faisant appel à la raison et au cœur.

Q/ Quel a été le déclic pour vous lancer dans sa réalisation ?

R/ C’est en discutant avec des filles qui portent le foulard. J’ai d’abord été surpris quand elles m’ont confié avoir l’impression, depuis le 11 septembre 2001, de porter une arme de destruction massive sur la tête, au vu des réactions méprisantes qu’elles subissent, à la télé et dans la rue, et aussi bien aux Etats-Unis qu’en France.
Alors, je me suis demandé devant cette injustice flagrante : qui prend leur défense au cinéma ? Où est le Spike Lee français ?
Par la suite, j’ai appris la terrible histoire de Marwa Sherbini, insultée, traitée de « terroriste » et assassinée à cause de sa différence, simplement par ce qu’elle portait le foulard.
Voilà pourquoi, avec mes faibles moyens, j’ai décidé d’agir en partant tourner mon film aux Etats-Unis, là ou tout a commencé.
C’est mon premier court-métrage, réalisé avec l’envie viscérale de prendre la parole ! J’ai tout fait : écrire, réaliser, produire, cadrer, monter, étalonner, et composer la musique, tout cela en deux mois. Il m’a semblé que la situation était urgente.

Q/ Comment a réagi le secteur cinématographique à la découverte de votre film ?

R/ J’ai été fier d’être sélectionné au « Short film corner » du Festival de Cannes. Cela m’a permis de rencontrer des producteurs encourageants venus du monde entier.
Quant aux Français... Quand ils ne sont pas islamophobes, ils ont peur de la polémique.
Mais que vaut la polémique quand il s’agit d’ouvrir les yeux et d’empêcher que la violence ne se reproduise ?
En tout cas, peu importe si je dois tourner mon prochain film ailleurs qu’en France.
Je suis prêt à partir.

Q/ Qu’attendez-vous de la part des internautes pour lesquels vous avez mis gracieusement en ligne votre film ?

R/ Je compte sur eux pour m’aider à financer sa distribution ou à le faire circuler car, pour moi, ce film est une étape vers un long métrage qui me permettra d’aller encore beaucoup plus loin. En plus de mes envois à divers festivals pour le faire connaître, je cherche également des producteurs, des financiers du monde entier pour continuer à prendre la parole.

Propos recueillis par Hicham Hamza le 27 août 2010.

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Commentaires

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Salam / Bonjour,

Très belle séquence. Révélatrice des évènements actuels.
Je pense qu’il devient urgent de trouver des solutions pour éviter cette stigmatisation continue.
Merci à la rédaction d’Oumma et à Mr Kali.
Bonne continuation.

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j’ai beaucoup aimé

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Bonjour Salem,

Je te remercie du fond du coeur pour cette initiative. Je t’avoue que j’ai pleuré en regardant ton court metrage. La vie de cette jeune fille est la mienne depuis déjà plus de 10 ans en France. Les regards haineux, les insultes, les intimidations verbales, les agressions physiques, les moqueries....La scène dans le metro c’est incroyable je l’ai également vécue dans le metro à Paris et une amie non musulmane choquée a prit ma défense. Une dame m’a demandé de retirer mon foulard sur le champ en guise de solidarité avec les femmes afghanes....Des histoires comme celles ci j’en ai plein mon sac.Quand ce n’est pas dans la rue, c’est à la fac, ou face à un recruteur..C’est à chaque fois tellement injuste et douloureux. A chaque fois que ça m’arrive je remercie le seigneur de ne pas être accompagné d’un de mes frères car il y aurait à coup sûr mort d’homme. Je ne peux en parler à ma famille car celle ci ne comprend pas mon choix et mon père m’obligerait à le retirer...

ça fait un bail que je souhaitais réaliser un court metrage sur cette question de manière à dénoncer cette violence que je subis chaque jour.
Que le Seigneur nous protège et nous assiste, amin.
Que la paix soit sur toi ma soeur Marwa

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Très bonne idée. ça permet de prendre la mesure. Espérons que cela aide à arrêter la spirale de la haine. Ça reste un témoignage pour l’histoire.
Merci M. Kali

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Salam aleikoum,

Tout simplement bouleversant. Je fais de ce pas circuler à toutes mes connaissances et participe au financement même si celui-ci est modeste. Merci infiniment.

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J’ai été bouleversé pour plus d’une raison par ce court métrage. Vraiment. Merci à vous Salem pour vos prises de position. Merci à Hicham de nous avoir présenté ce réalisateur, sans quoi seuls les Ardennais le connaîtraient aujourd’hui.


"En plus de mes envois à divers festivals pour le faire connaître, je cherche également des producteurs, des financiers du monde entier pour continuer à prendre la parole."

Salem, pourquoi ne pas proposer aux aux internautes de participer eux-mêmes aux financements de la production d’un film, tel que cela existe déjà avec la musique sur internet

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Qu’est ce que vous voulez demontrer ???

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Merci pour ce film émouvant !

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Bonjour,
L’intention est bonne mais esthétiquement parlant on ne peut parler de réussite.
Une surcharge de pathos, des méchants américains un peu caricaturaux (même si dans la réalité ce devait être à peu près ça)une musique qui souligne lourdement la dramaturgie... et, chose la plus insupportable pour moi, il est tombé dans le travers qu’il ne fallait pas... Il donne à la jeune fille voilée un côté gnan-gnan qui est exagéré et fait de la jeune fille voilée une sainte martyre avant même sa mort.. Une vision christique si je puis me permettre... Il fallait en faire un personnage plus humain, plus "imparfait", plus réel quoi, là ça aurait percuté.. De bons sentiments ne font pas forcément du grand cinéma même si je ne comprends que trop les motivations du réalisateur.. salam

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Tout simplement sublime et vrai...
J’ai fait l’expérience de porter à Paris le foulard une journée durant.
Cela m’a foudroyé. Je ne m’attendais pas à ça. J’ai lu la haine dans le regard des gens, dans la rue, dans le métro ; la distance qu’ils mettaient entre eux et moi.
Alors que je suis moi-même musulmane, j’ai choisi contrairement à ce que me dicte mon cœur, de ne pas porter de voile pour des raisons professionnelles. Ce que l’on entend dans le monde du travail est ignoble et injuste. Les ignorants se permettent de juger notre religion et de condamner ses préceptes. On m’impose des commentaires désobligeants et qui me font mal sur mes frères et sœurs en Islam qui eux ont eu le courage d’aller jusqu’au bout de leur pratique religieuse.
Merci Monsieur KALI, pour votre œuvre magnifique . Vous rendez justice à toutes les femmes musulmanes et plus encore à tous les musulmans.
Qu’ALLAH vous apporte la paix Marwa...

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Merci à Hamza Hicham pour la qualité de ses interventions et bonne continuation à Kali.

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Merci à Hicham Hamza de nous présenter ce court métrage de Salem Kali. C’est une véritable parabole, doublée d’un cri du coeur si probant.

Une parabole qui met en scène un rêve contredit par une réalité contingente. Une jeune fille « qui ne sait pas » souffre, lutte et meurt. Une telle situation est rappelée dans la seconde partie plus réaliste en présence de l’islamophobie qui conduit également à la mort. Dans les deux cas, la vie d’une femme libre est en question. Qui voudra sa mort ?

Le cadre de cette parabole est très contemporain. La première jeune fille vit dans son siècle, environnée d’une architecture avant-gardiste. Elle n’est pas moins affrontée à une opinion publique débile qui cherche à punir des responsables…
Celui de la seconde partie est encore plus insoutenable. Il ne s’agit plus de contester une apparence ethnique, aussi mesurée soit-elle, mais de s’en prendre à des croyants, lecteurs du livre sacré et de vouloir leur mort.

Le scénario est très fort. Il dénonce une victime innocente mais aussi l’islamophobie tout aussi meurtrière et inadmissible pour quiconque aime la vie et la liberté des consciences.

Ce court métrage est prometteur tant par ses qualités esthétiques que par la profondeur des réflexions qu’il suscite.

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Ce film m’a serré le cœur.
Le regard méprisant de l’autre, l’incompréhension, le rejet et la stupidité humaine sont ici dépeints de façon si poignante.

Grand Merci au réalisateur. Et je rejoins l’idée de Jeanmoulin sur l’idée d’un financement "populaire" de cette initiative plus qu’utile.

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Je viens de voir votre court métrage...
Bon.

Ce n’est que mon opinion et tant mieux pour vous si il marche assez bien pour que vous fassiez la carrière que vous espérez.
Mais, c’est complètement idiot.
L’enfer est pavé de bonnes intention,mais là en l’occurence, je n’y ai vu qu’un délire paranoïaque qui confond la réalité avec le fantasme.
Mais surtout, c’est assez mal filmé. Historiquement ça prete à rire, mais ça...chacun juge selon sa conscience. Mais "cinématographiquement", c’est vraiment mauvais. Le manicheisme ne fait pas toujours de bons films, mais rarement d’aussi mauvais. Techniquement, scénaristiquement. C’est affligeant.
Voilà, une critique, sévère mais sincère je l’assure, dans le fatras des louanges, cela ne devrait pas faire trop de dégats.

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Triste de voire qu’en france c’est de pire en pire a ce sujet...
Merci Salem KALI