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Yom Kippour : « Pourquoi, nous, Juifs, nous jeûnons pour Gaza »

Un groupe de Juifs sud-africains ont dédié leur jeûne de Yom Kippour au soutien à la Palestine occupée par Israël. Ils ont été accompagnés dans leur démarche par des citoyens non Juifs. Voici leur déclaration.

(…) La fête sacrée de Yom Kippour est largement considérée comme la plus importante du calendrier juif. Ce jour-là, nous devons nous repentir pour toutes les mauvaises actions commises durant l’année précédente et nous engager à ne pas les répéter au cours de l’année suivante.

(…) Parce que nous avons été élevés et éduqués dans la mémoire de l’Holocauste qui a tué des dizaines de millions de Juifs, de Roms, d’homosexuels, de communistes et autres, nous sommes particulièrement conscients du danger du nationalisme qui cherche à placer un groupe de gens au-dessus des autres. Le nationalisme n’a donc aucune place dans la communauté juive, lorsqu’il veut faire de la réalité, une règle, celle du « Peuple Elu », au nom du sionisme. Nous ne croyons pas que quiconque soit « choisi ». Nous sommes tous des gens avec la responsabilité de bien faire, que venus du ghetto de Varsovie, ou physiquement emprisonnés à Gaza, ou économiquement confinés dans les townships sud-africains.

En tête des maux que nous devons corriger, il y a le soutien actuel de l’opinion publique juive à la colonisation de la Palestine par Israël et son occupation de la Cisjordanie et de Gaza. Cela est fait en notre nom, et nous n’avons pas agi suffisamment pour l’empêcher. C’est pour cette raison que nous pensons que Gaza est la question la plus urgente sur laquelle nous devons réfléchir en ce jour de Yom Kippour. Nous allons jeûner publiquement pour collecter des fonds pour les gens de Gaza qui ont subi des horreurs inimaginables.

La religion est fondamentalement une construction politique. Ce fait a été reconnu par les théologiens de la libération qui pensent que la religion n’est rien si elle n’est pas au service de la justice. Les églises antisémites et racistes ont joué un rôle majeur dans le maintien des régimes nazi et d’apartheid, respectivement. Au contraire, la théologie de la libération a depuis longtemps joué un rôle d’émancipation contre l’oppression. Pendant l’apartheid, les Eglises et les mosquées progressistes sont devenues des lieux clefs de l’organisation politique, et, en Amérique latine, des prêtres catholiques solitaires ont aidé à mobiliser et à protéger la population contre les dictateurs.

(…) Dédier notre jeûne de Yom Kippour au peuple de Gaza est une action qui se situe dans la même lignée. Contrairement aux organisations sionistes dominantes, dont certains prêchent le nationalisme ethnique et religieux et les bombardements de Gaza directement depuis la Bimah (équivalent de la chaire dans une église), nos croyances sont fondées sur la tolérance, l’ouverture et la justice sociale. Nous pensons que c’est ça, le Judaïsme, et Yom Kippour en particulier.

Nous avons consacré notre jeûne à collecter de l’argent pour le Programme de santé mental de la Communauté de Gaza (GCMHP), une organisation connue et respectée fondée par le premier psychiatre de la Bande de Gaza, le Docteur Eyad el Sarraj.

Mais il ne suffit pas que nous nous contentions de donner la « charité » pour une cause aussi importante. Tzedakah, (le don à l’autre) dans sa conception biblique, va beaucoup plus loin. Il signifie que les Juifs sont obligés d’œuvrer pour la justice économique et sociale avec l’opprimé, sans attendre qu’on leur demande. Nos croyances religieuses et culturelles exigent de nous de contribuer « réparer » le monde. Il est temps pour le Peuple Juif dans son ensemble qu’il commence à s’enger dans sa propre version de la théologie de la libération : Tikkun olam(réparons le monde).

Afrique-Asie

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