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Une Néo-zélandaise pourrait devenir la première députée voilée de son pays

L’outsider du parti travailliste néo-zélandais aux prochaines élections législatives, c’est elle, Anjum Rahman, une musulmane accomplie, mère de famille comblée et experte comptable aguerrie qui, à l’aube de ses quarante printemps, aimerait bien se frotter aux urnes pour la première fois de sa vie.

L’engagement social et civique chevillé au corps, que ce soit auprès de sa communauté dont elle a inlassablement défendu les droits contre vents et marées, ou auprès des autorités de la ville d’Hamilton dont elle fut une interlocutrice précieuse pour établir des ponts et dépasser les peurs irrationnelles, Anjum Rahman, cette administrée d’origine indienne très investie dans la vie de la Cité a su imposer sa personnalité et ses compétences au fil du temps, jusqu’à être approchée pour se lancer dans la course à la députation.

De la sphère associative à la scène publique, il n’y avait qu’un pas à franchir qui pourrait être historique si jamais le parti travailliste l’investissait (ce qui ne semble être qu'une formalité) et si, surtout, les suffrages la plébiscitaient, car il propulserait alors dans le temple législatif la première femme voilée de la lointaine Nouvelle-Zélande. Ce prodigieux bond en avant, qui rejaillirait immanquablement sur les 36 000 musulmans que compte le pays, fait briller les yeux de l’étoile montante du parti travailliste, laquelle a déjà longuement peaufiné son programme et mûri ses objectifs prioritaires.

"Je serais bien sûr très heureuse et honorée d’être la première musulmane voilée à siéger en tant que député, mais ce n’est pas l’essentiel à mes yeux. Autour de moi, nombre de citoyens, musulmans ou non, sont désoeuvrés, démunis, se sentent dévalorisés, mis à l’écart de la collectivité, et je pense que le traitement des questions sociales est une priorité absolue. En tout cas, c’est celle qui me tient à cœur et à laquelle je m’attellerai aussitôt élue. Je veux mettre mon savoir-faire et ma longue expérience en matière de gestion financière au service de mes concitoyens pour améliorer leur quotidien, leur redonner confiance et dignité, et leur offrir un présent et un futur", a déclaré Anjum Rahman pour sa première interview qui avait déjà les accents d’une profession de foi.

Néophyte en politique, mais bourreau de travail qui apprend vite, Anjum Rahman sait parfaitement ce qu’elle ne veut pas être, une candidate alibi, et c’est forte de sa vraie vision pour sa région du Waikato qu’elle se prépare à se présenter en septembre devant les électeurs. L’avenir et les urnes diront si elle entrera par la grande porte dans les annales politiques de cette monarchie parlementaire de l’autre bout du monde…

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