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Une députée “Les Républicains” s’insurge contre l’enseignement de l’arabe à l’école de la République

Et voilà que l’on reparle de la langue arabe, toujours en mal et pour mieux la mettre au ban de l’école, comme s’est employée à le faire la députée « Les Républicains » du Doubs, Annie Genevard, en s’acquittant de sa mission de diabolisation sémantique avec zèle, sous la coupole du Palais Bourbon.

Quand le voile n’est pas empoigné frénétiquement en épouvantail de la République, c’est l’apprentissage de l’arabe qui fait couler beaucoup d’encre et de salive, notamment dans les rangs de la droite toujours aussi décomplexée, dont la rhétorique politicienne n’est pas avare de sophismes et aura surtout contribué à libérer et banaliser la parole raciste. Ou comment faire un merveilleux usage de la langue de Molière !

Désignée par son camp pour entretenir des amalgames pernicieux contre une langue décrétée suspecte par le pays des Lumières – ce mauvais élève de l’Europe en matière de langues vivantes qui, comble de l’arrogance, se targue de ne pas connaître les moindres rudiments de l’arabe !  – Annie Genevard n’a pas hésité mardi dernier, lors de la séance de questions au gouvernement, à recourir à la métaphore, anxiogène à souhait, du « cheval de Troie » pour discréditer une langue arabe qui lui est totalement étrangère mais dont elle dénonce la capacité de nuisance. Ce serait à en perdre son latin, si la supercherie électoraliste n’était pas aussi flagrante !

Selon la députée qui n’est ni une linguiste, et encore moins une arabophone distinguée, la réforme de l’enseignement des langues vivantes prônée par la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, serait « un cheval de Troie pour développer l’apprentissage de la langue arabe » et « le catéchisme islamique ».

Mais le summum de la prétention et de la bêtise, reflet d’un chauvinisme sectaire peu propice à relever le niveau, a été atteint, lorsqu’elle a asséné son argument massue : « l’initiation à la langue arabe dans les écoles réduirait la place du français et des langues anciennes européennes ».

Il est certain qu’avec de tels élus du peuple, dont l’ignorance crasse le dispute à la malhonnêteté intellectuelle, pour calomnier la langue arabe et l’assimiler à la religion ou à la politique, nos chères têtes blondes ne sont pas prêtes d’en maîtriser les idiomes, ni de faire disparaître le bonnet d’âne qui coiffe la France, si infatuée d’elle-même et repliée dans sa crispation identitaire, pour sa piètre connaissance des langues, même aussi proches d’elle que peuvent l’être la langue de Shakespeare, de Goethe, ou encore de Cervantès…

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