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Une critique philosophique et scientifique de la doctrine athéiste de Stephen Hawking (3/3)

L’athéisme de Stephen Hawking, un engagement personnel précipité

Une critique philosophique et scientifique

  • Troisième et dernière partie –

Dans cette dernière partie, nous allons poursuivre notre critique de l’hypothèse athéiste de Stephen Hawking sur les lois de la nature avant de déboucher sur un examen critique de sa théorie cosmologique qui concorde avec sa doctrine athéiste.

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2.4. Les vérités familières de Hacking avec la référence de Putnam, une alternative aux lois fondamentales

Cette réhabilitation de l’explication causale, qui est la véritable source des lois phénoménologiques, est partagée par Ian Hacking qui affirme qu’« il existe certainement d’innombrables entités et processus que les humains ne connaîtront jamais. Peut-être existe-t-il une catégorie qu’il nous est a priori impossible de connaître. La réalité est plus grande que nous. La meilleure preuve que l’on puisse fournir de la réalité d’une entité postulée ou inférée, c’est de commencer à la mesurer ou de comprendre d’une certaine manière ses pouvoirs de causalité1 ».

Cette référence à la causalité permet de consolider le réalisme des entités, un courant de pensée développé par Hacking et partagé entre Cartwright. Mais ce qui est plus important est le recours à une référence « infra théorique » afin d’appuyer l’antiréalisme des théories et de contourner la critique de van Fraassen.

La caractéristique principale de cette référence est son lien étroit avec les données empiriques qui garantissent la confrontation avec la réalité. Tandis que cette référence prend le nom de « loi phénoménologique » et « modèle » chez Cartwright, elle est désignée chez Hacking par cet intitulé : « généralisations de faible niveau». Dans une autre partie de ses travaux, il recourt à une autre désignation : « vérités familières » (home thruth).

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Il faut voir maintenant de quelle manière Hacking justifie le recours à ces « vérités familières » en se débarrassant des théories. Alors que Cartwright déclare que les théories ou les lois fondamentales sont fausses et « mentent », Hacking met plutôt l’accent sur la discontinuité et les contradictions qui existent entre les théories. Les vérités familières appuyant la manipulation des entités et l’exploitation de leurs propriétés causales permettent de faire référence à ces entités malgré des changements significatifs dans les théories.

L’existence des vérités familières est donc conforme au principe de non-redondance. Ainsi, c’est en grande partie parce que les théories « mentent » et sont fausses que les vérités familières sont utilisées.

Elles permettent, entre autres, l’exploitation des propriétés causales des entités. Par exemple, une propriété comme le spin de l’électron est formalisée sous forme d’équations afin d’analyser sa relation avec d’autres paramètres (le champ électrique ou le champ magnétique) sans pour autant recourir à une théorie élargie. Toutefois, une vérité familière désigne des entités causales de la même manière qu’une loi phénoménologique (Cartwright).

Mais la particularité de la vérité familière de Hacking est le rôle qu’elle peut jouer pour se conformer au principe d’existence en tant que réponse satisfaisante au défi ontologique que pose l’antiréalisme de van Fraassen au réalisme. Il s’agit donc d’éclaircir cette question avant de poursuivre notre examen de la vision de Hacking concernant le recours à des énoncés « infra-théoriques ».

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Cartwright a rappelé que l’explication causale implique nécessairement une « composante existentielle2 ». Elle donne l’exemple de la maladie qui affecte un citronnier3. Un excès d’eau est la cause de la maladie du citronnier. Par conséquent, l’excès d’eau existe réellement. Selon elle, dès lors que l’explication d’un effet par une cause comporte une dimension existentielle, il n’est plus nécessaire de recourir à l’adéquation empirique comme objectif ultime de l’explication causale. Dans la mesure où l’explication causale révèle l’existence d’une entité, le défi antiréaliste de van Fraassen est relevé.

L’inférence à la cause probable (Cartwright) qui permet une explication causale possède une dimension existentielle. Dès lors qu’une cause est identifiée dans sa relation avec un effet, on peut affirmer que cette cause existe.

Mais certains auteurs4 rejettent cette démonstration en soulignant que même si  l’explication causale implique un « engagement » vis-à-vis de l’existence des entités, cela ne signifie pas que toute explication causale implique nécessairement un tel engagement. Le langage ordinaire peut se tromper en réclamant un tel engagement existentiel5.

En revanche, la « vérité familière » de Hacking ne repose pas sur le langage causal mais plutôt sur une théorie de la référence qui permet d’être certain que quelque chose (disons une entité inobservable) existe même si on n’a aucune description précise de cette entité dans un contexte marqué par une réelle incertitude sur la bonne théorie à choisir pour la décrire et l’identifier.

Selon la théorie d’Hillary Putnam, il est possible de parvenir à désigner une entité tout en agissant dans les limites d’une théorie approximative, erronée ou incertaine. De manière plus précise, l’objet de référence chez Putnam est déterminé par des relations causales, lorsqu’on est en présence de son référent. Ainsi, la nature propre du référent peut ne pas être accessible à l’utilisateur de l’expression bien que ce dernier puisse le maîtriser. Putnam donne l’exemple de la référence du mot « eau »6.

La référence du terme « eau » (et des termes correspondants dans d’autres langues) est fixée en partie par des relations causales entre les usagers de ce terme avec la substance eau. La référence du terme n’a pas changé lors d’importantes découvertes à son sujet, par exemple lorsqu’on a découvert que l’eau est composée de molécules d’H2O.

Avant cette découverte, la référence au terme « eau » était déjà la substance qui est en fait H2O. Les usagers du terme « eau » ignoraient que l’eau est H2O. Néanmoins, même si on ne possède aucune idée de la composition de l’eau, on sait que cette substance existe en vertu des relations causales entre ceux qui utilisent ce terme et cette substance lors de toutes les expériences possibles menées sur celle-ci.

Nous pouvons donner un exemple fantaisiste7 qui nous permet de voir comment une théorie de la référence fonctionne. Supposant que les disquettes d’ordinateur ne stockent pas l’information magnétiquement mais de manière radioactive. Cette vérité est cachée au public par IBM qui déclare que les disquettes fonctionnent magnétiquement. De cette manière, la plupart d’entre nous qui sommes dupés croyons de manière erronée que les disquettes sont magnétiques.

Néanmoins, cette théorie fausse est empiriquement adéquate. Les théories peuvent décrire le monde indépendamment des entités inobservables. Nous ne doutons pas qu’il y a quelque chose dans les disquettes qui stocke l’information. Cette croyance est due au fait que nous utilisons les disquettes de différentes manières, c’est-à-dire en exploitant les différentes relations causales avec les disquettes.

La théorie selon laquelle les disquettes stockent magnétiquement l’information n’est pas la source de notre croyance. Par conséquent, nous pouvons croire à l’existence d’entités tout en reconnaissant, en même temps, que nos connaissances sur ces choses sont très limitées et faillibles.

Hacking rappelle en quelques mots comment il croit à l’existence d’une entité même s’il ne possède aucune théorie fiable lui permettant de la décrire : « Il est également possible d’être un réaliste à propos des entités tout en étant un antiréaliste concernant les théories….Nous avons de très bonnes raisons de supposer que les électrons existent, même si une description toute naissante des électrons n’a aucune chance d’être vraie. Nos théories sont constamment revues; pour différentes raisons, nous utilisons des modèles différents et incompatibles sur les électrons que nous pensons ne pas être vraies littéralement. Mais ce sont tout de même des électrons8 ».

D’où vient cette certitude que les électrons existent et qu’ils sont bien les objets physiques dont on parle même s’il y a une incommensurabilité des significations engendrés par les différentes théories qui décrivent ces particules (l’incommensurabilité de la signification signifie par exemple qu’une désignation de la masse dans la mécanique quantique n’a pas le même sens dans la mécanique newtonienne).

Ainsi, il n’existe pas une seule désignation de la masse qui sera admise par toutes les théories qui incluent la notion de masse dans leur corpus. C’est grâce à la théorie de la référence de Putnam que nous pouvons comprendre cette situation.

Ce philosophe a élaboré une théorie très originale sur deux concepts majeurs : les stéréotypes et la référence d’un terme désignant quelque chose. Les stéréotypes sont les idées que l’on possède sur quelque chose : disons les électrons. On peut former une liste de ce qu’est l’électron qui nous permet de le reconnaître.

Cette particule est la première qui a été découverte. Jonhstone Stoney a réalisé des expériences sur une entité microscopique depuis 1874 qu’il nomma « électron ». Lorentz a élaboré une théorie décrivant cette particule qu’il appela également « électron ». En 1987, J.J. Thomson a découvert que ces particules ont une charge négative et qu’ils composent les rayons cathodiques.

En 1908, Millikan a mesuré la charge prévue par Lorentz. Ce sont là des stéréotypes qui changent au fur est à mesure. Même si ces stéréotypes sont différents, ils désignent la même chose.

C’est là qu’intervient la référence au sens de Putnam. Stoney, Lorentz, Thomson et Millikan parlaient de la même chose : l’électron. A défaut d’une telle certitude, il sera hasardeux de dire que Millikan a mesuré la charge d’une particule autre que celle de Lorentz ou Thomson9.

La solidité de la référence se maintient même si les stéréotypes des physiciens devenaient de plus en plus complexes. 

S’agissant de l’électron, plusieurs stéréotypes ont vu le jour et se sont accumulés progressivement en rendant l’électron, un objet de plus en plus familier pour les physiciens. Le moment magnétique de l’électron qui a été découvert par O. Stern et W. Gerlach a été l’un de ces stéréotypes. Puis en 1925 le spin de cette particule a été mis en évidence par S. A. Goudsmit et G. E. Uhlenbeck.

Ces stéréotypes peuvent être modifiés, voire remis en cause. Par exemple, le moment magnétique de l’électron a été quantifié selon les lois de la mécanique quantique et n’a plus la même signification par rapport à la théorie électromagnétique classique. Par ailleurs, on sait aujourd’hui que les électrons ne sont pas les particules qui possèdent la charge électrique minium. Les quarks ont une charge équivalente à 1/3 e (charge électrique de l’électron)10.

C’est pour cette raison que la référence de Putnam est nécessaire. Cela montre qu’on peut abandonner tel ou tel stéréotype sans affecter la réalité de l’électron. Par ailleurs, la référence à l’existence des électrons se maintient même si les stéréotypes deviennent contradictoires.

Dans la théorie de Bohr, les électrons sont des particules qui effectuent des sauts quantiques entre les orbites de l’atome. Schrödinger considère pour sa part que les électrons ne sont pas des particules mais des ondes stationnaires conformément à la théorie de Louis de Broglie. L’équation qui porte son nom est basée sur la nature ondulatoire des particules et elle est valable aujourd’hui en mécanique quantique.

Mais une telle incommensurabilité entre les théories dérivant les électrons n’empêche pas que les physiciens font toujours référence aux mêmes particules. Lorsqu’on est en face de croyances de plusieurs générations de scientifiques sur ces particules, et même si les physiciens possèdent des conceptions radicalement différentes de leurs propriétés, on peut conclure néanmoins qu’ils sont confrontés à une affirmation existentielle sur l’électron.

La référence à des entités se maintient même lorsqu’il n’y aucune théorie décrivant ces entités. Par exemple, James Watt a utilisé au XIXe siècle les propriétés de l’eau et de la machine à vapeur en ignorant que l’eau est un composé d’oxygène et d’hydrogène puisque il croyait à l’existence du phlogistique.

En fait, Watt n’avait pas une théorie précise pour l’eau ni sur sa composition alors que les propriétés causales de cette substance ont été utilisées à merveille dans un contexte historique marqué par la révolution industrielle.

La stabilité de la référence de Putnam est la meilleure garantie à une affirmation existentielle sur les entités dans un environnement théorique marqué par une grande discontinuité.

Aucune théorie ou modèle n’est immunisée contre le changement à travers l’histoire. Beaucoup de théories dans le passé qui ont été reconnues comme vraies en formant un pilier du paysage scientifique de l’époque se sont révélées erronées11.

La théorie calorifique de la chaleur a été très satisfaisante au XVIIIème siècle. Elle n’est plus regardée aujourd’hui comme approximativement vraie.

Il est impossible que la théorie, selon laquelle, la chaleur est une substance fluide soit une approximation de la théorie qui stipule que le phénomène de la chaleur est le résultat du mouvement des molécules. Si cette dernière théorie est vraie, alors la première est complètement erronée.

Un tel environnement scientifique instable explique pourquoi une théorie de la référence et si précieuse pour croire en l’existence des entités inobservables.

Par conséquent, les vérités familières de Hacking reposent en fait sur une référence linguistique inspirée de Putnam qui permet de s’assurer que les physiciens parlent de la même chose en identifiant les entités dans un contexte marqué par des stéréotypes divergeant et changeants ainsi que sur l’intervention causale sur ces entités en exploitant leurs propriétés.

Ce type de réalisme est la meilleure réponse au défi antiréaliste de van Fraassen qui décourage le réaliste d’aller au-delà de l’adéquation empirique en affirmant quoi que ce soit sur l’existence des entités.

Contrairement à Cartwright qui a cherché à relever ce défi en admettant que l’explication causale appuyée par les lois phénoménologiques implique nécessairement une affirmation existentielle sur les entités, Hacking recourt à la fois à la théorie de la référence qui est la réponse la plus sophistiquée et la plus robuste au problème de l’incommensurabilité du sens pour identifier une espèce d’entité sur une large période marquée par des changements profonds dans les stéréotypes que les physiciens possèdent sur les entités ainsi qu’à une théorie de la manipulation des entités qui trouve toute sa dimension dans le champ de l’expérimentation.

Tandis que l’explication causale (Cartwright) est insuffisante pour démontrer l’existence d’une entité parce qu’elle relève simplement du « sens commun » (l’utilisateur d’un langage ordinaire peut se tromper en affirmant une telle existence)12, la théorie de la référence appuyée par une manipulation des entités parviennent à une telle conclusion parce que la référence à une même espèce d’entités résiste à des changements profonds dans les stéréotypes (théories) décrivant les entités. Cette situation est confirmée par l’histoire de la science.

Bien entendu, il ne suffit pas d’étudier les électrons même à travers la théorie de la référence et le contact causal lors des expériences pour déterminer la réalité de ces entités. C’est seulement en manipulant ces entités qu’on pourrait être certain de leur existence et de leur réalité. Cette conclusion importante est la meilleure réponse à la critique antiréaliste de van Fraassen et sur l’autosuffisance de l’adéquation empirique et sa supériorité à toute explication.

Un engagement sur l’existence des entités n’a aucune change de résister s’il n’y a pas l’assurance qu’on parle de la même entité à chaque fois qu’un stéréotype désignant cette entité (modèle ou théorie) change dans le temps.

En plus, le recours de Cartwright aux lois phénoménologiques et aux modèles, lesquels sont étroitement liées aux données empiriques, n’est pas immunisé contre l’incommensurabilité de sens.

Par ailleurs, le rôle que joue la référence de Putnam dans le réalisme des entités de Hacking assure la cohérence de ce dernier. Chaque élément est à sa place dans la relation entre la cause et l’effet. La référence à la cause est parallèle à la possibilité d’une intervention causale sur cette cause.

La cause est reconnue par un système de référence stable. Ensuite l’intervention causale agit sur cette cause, ce qui permet de conclure à son existence certaine. De cette manière, la référence en plus de l’intervention causale sur la cause dépasse l’adéquation empirique (van Fraassen).

En revanche, le schéma de Cartwright ne bénéficie pas du même résultat : la relation entre l’explication causale, l’inférence à la cause probable (ICP) et la loi phénoménologique n’est pas suffisamment claire pour déterminer l’existence de la cause.

Par conséquent, les lois physiques ne sont pas universelles et fondamentales parce qu’elles ne résistent pas aux critiques antiréalistes qui remettent en cause le réalisme des théories scientifiques. Surtout les théories de principe qui s’éloignent de l’expérience. C’est pour cette raison que ces lois sont remplacées par des concepts tirés directement de l’expérience comme l’inférence à la cause probable de Carterwright et les vérités familières de Ian Hacking.

La connaissance des lois physiques n’est donc pas un argument valable pour réfuter l’existence de Dieu parce leur consistance scientifique et philosophique n’est pas un terrain solide alors que la connaissance humaine reste manifestement faillible.

  1. Regard pessimiste sur le caractère spéculatif de la théorie de Hawking sur l’Univers sans bord

Hawking a développé avec d’autres physiciens un modèle cosmologique sur la gravitation quantique durant les années 1980 qui décrit un univers sans frontière et sans bord et qui remet en cause les débuts de l’Univers (singularité de Planck). Son point de départ est l’intégrale de chemin de Richard Feynman qui définit la trajectoire d’une particule comme une sommation des trajectoires virtuelles possibles en l’appliquant à l’espace-temps.

Ce modèle est basé également sur deux autres concepts mathématiques : un espace euclidien à deux dimensions qui ne tient pas compte de la courbure de l’espace et le temps imaginaire qui est une conséquence de cet espace à deux dimensions. Le temps imaginaire est un artifice mathématique pour éviter tout début à l’univers.

Contre un tel modèle qui fait partie des théories que nous avons déjà examinées dans un article paru sur le site oumma.com et que j’ai qualifié d’athéistes puisqu’elles remettent en cause le Big-bang en tentant de trouver une explication scientifique aussi satisfaisante que possible pour éviter un début « miraculeux » et ex nihilo de l’univers, j’apporte les critiques suivantes :

– La réalité physique du Big-bang est solidement confirmée et a été prouvée expérimentalement grâce à la détection du rayonnement fossile centimétrique. Comment alors traduire ce modèle de Hawking dans une réalité aussi limpide scientifiquement. Une théorie physique est conçue généralement pour prédire un phénomène ou expliquer un phénomène déjà observé.

Or le modèle de Hawking entre en contradiction avec les enseignements de la cosmologie sur les débuts de l’Univers basée sur la constante de Hubble et les observations du satellite Planck.

– Le modèle de Hawking est un modèle qui est plus mathématique que physique. La notion de temps imaginaire est un pur artifice mathématique. L’histoire des sciences est d’ailleurs marquée par les limites du mathématisme.

Par exemple, le théorème de Von Newmann en mécanique quantique et qui est beaucoup plus mathématique que physique a représenté une fausse assurance pour les tenants de l’école de Copenhague sur la complétude de la mécanique quantique.

Ce théorème stipule qu’il n’existe rien qui prouve que dans le monde physique, il y a des variables cachées que la théorie quantique la plus consensuelle aujourd’hui, c’est-à-dire celle de l’école de Copenhague, n’a pas prévu. Or, le théorème de Von Newman bien qu’il soit mathématiquement valide n’interdit nullement de compléter la mécanique quantique par des théories à variables cachées. De la même manière, la validité mathématique du modèle de Hawking n’interdit pas de tenir compte d’un début à l’Univers sous forme de singularité.

– Le modèle de Hawking ne repose sur aucune constante physique. Se sont les constantes physiques qui donnent de la substance aux théories physiques. Sans de telles constantes, les théories seraient de simples spéculations.

L’exemple de l’électrodynamique quantique (QED) est édifiant à cet égard. Cette théorie a été sauvée par l’expérience. Le succès de cette théorie n’a été possible que grâce à une renormalisation mathématique qui permet d’éliminer les infinis qui sont le résultat inévitable de cette théorie et qui sont contradictoires avec les observations, en divisant les infinis par d’autres.

La raison de cette aberration mathématique est liée au secret le plus profond de cette théorie physique: un électron n’est pas une particule individualisée et parfaitement identifiable pour un observateur comme une bille ou une boule de billard. Il est entouré d’une myriade de particules virtuelles qui attribuent aux propriétés physiques de l’électron (masse, charge) des valeurs infinies. Les physiciens ne sont parvenus à s’en débarrasser que grâce à une subtilité mathématique en plus d’une certitude expérimentale.

Dès lors que l’expérience permet de connaître la valeur des propriétés physiques de l’électron, les infinis qui sont le produit des équations de la théorie sont éliminés mathématiquement. La théorie n’est infaillible que grâce aux données empiriques. Ces données empiriques sont les seules références de la théorie et l’appareil mathématique s’aligne sur la mesure observationnelle connue.

Cet enseignement est important et il est applicable au modèle de Hawking sur l’univers sans bord. Sans une constante physique, ce modèle resterait purement mathématique.

Par exemple, l’amplitude de probabilités des trajectoires dans le diagramme de Feynman ne permet pas de supprimer l’infinité de trajectoires de l’espace-temps. Il faudrait tenir compte d’une valeur constante et physique. Ce qui n’est pas le cas de ce modèle en l’absence d’expériences et ce, d’autant plus qu’il occulte les infinis de la singularité de Planck au début de l’univers.

Conclusion

Les arguments de Hawking en faveur d’un athéisme acerbe qui n’est pas inaperçu et sans incidence dans les temps modernes ne sont pas tenables sur le plan philosophique et scientifique.

Au-delà de notre étude philosophico-scientifique sur les limites de ces arguments, il y a une explication toute simple et d’ordre général à cet échec qui obscurcit les qualités scientifiques de ce grand astrophysicien.

L’acharnement de scientifiques à défendre un athéisme en cosmologie ne peut être qu’un échec devant les preuves expérimentales de plus en plus nombreuses en faveur de la théorie du Big-bang.

Par exemple, les données les plus précises sur l’expansion de l’Univers signifient que l’univers a un début. La théorie de l’inflation qui est de plus en plus admise aujourd’hui va dans le même sens sans parler des données précises sur l’âge de l’univers. De telles certitudes sont en harmonie avec l’existence d’un créateur. Devant l’absence persistante de preuves irréfutables sur l’existence de « quelque chose » de physique avant le Big-bang, une naissance ex nihilo de l’Univers insufflée par la puissance divine suprême est une certitude.

Lorsqu’un autre astrophysicien, lui aussi athée, Lawrence Kraus a écrit un livre sur la naissance de l’Univers13 en prétendant que ce dernier a pris naissance à partir du néant, il a commis la même erreur que Hawking.

Si rien n’existait avec la Big-bang, d’où viennent les lois physiques que lui et le savant britannique réclame tant la toute puissance ? Les lois physiques doivent contenir certainement une dimension immatérielle qui complète leur dimension matérielle, c’est-à-dire physique. C’est cette dimension immatérielle qui pose le plus de problèmes aux Athées.

Un électron est attiré par le noyau atomique de charge positive selon la loi de Coulomb modifiée par Bohr dans sa quantification de l’atome. Mais la loi de Coulomb et celle de Bohr ne nous dirons jamais pourquoi l’électron est attiré de cette manière.

Les physiciens athées ont beau s’attaquer aux débuts de l’univers, ils devront inexorablement expliquer cette dimension immatérielle des lois physiques qui va au-delà des débats sur les débuts de l’univers.

De plus, aucune loi ou théorie physique n’expliquent pourquoi les constantes physiques ont de telles valeurs fixes et prédéterminées qui sont identifiées par l’expérience. Mais là, c’est une autre histoire anti-athéiste qui ferait peut être l’objet d’un prochain article.

Rafik Hiahemzizou

1 Ibid., p.438.

2 Op.cit. Steve Clarck, p. 713.

3 Op.cit. Cartwright, 1983, p. 91.

4 Comme Steve Clarck.

5 Ibid.

6 Putnam Hillary The Meaning of Meaning, volume 2 Philosophical Papers, Mind, Langage and Reality, Cambridge, 1979.

7 Baird Davis, Five Theses about Instrumental Realism. Proceedings of the Biennal Meeting of the Philosophy of Science Association. Vol. 1988, Volume One, p.165-173.

8 Op.cit. Hacking, 1983, p.27.

9 Ibid, p. 147.

10 Ibid.

11 Leplin Jarret Scientific Realism, the Philosophical Quarterly, Vol.38, No.152 (Juillet 1988), p.370-376.

12 Op.cit. Steve Clarke, 2001, p. 713.

13 Lawrence Kraus, A Universe from Nothing: Why There Is Something Rather Than Nothing, Free Press, 2012

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16 commentaires

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  1. M. Hiahemzizouje, vous souhaite plein succès dans votre travail de prosélytisme. La philosophie de la science peut aussi être un moyen de gagner autant de croyants que possible. Cependant, je ne crois pas qu’il ait le même pouvoir que la poésie et la musique de faire entrer chaque lecteur dans une dimension spirituel le qui accueille l’autre comme unique et différent, mais égal en espérance, dans la confiance d’un جنّة عدْن (Jardin d’Eden).

    Le but et les moyens de la science physique sont autres, cependant, de connaître le plus exactement possible la réalité, le monde dans lequel nous nous trouvons. Avant lui, ou après la vie de chacun d’entre nous, il ne peut raisonnablement entrer. Ce serait vouloir s’identifier à un Créateur/Ordonnateur. De la pure folie.

    D’Archimède à nos jours, le seul but de la science est d’ajouter à l’expérience commune (l’eau qui monte en y immergeant son propre corps) une perception mentale qui la relie à d’autres “corps” (l’or présent dans un véritable collier, dans ce cas) par la mesure de leurs volumes, c’est-à-dire l’espace occupé par leurs portions de matière. L’exemple est à prendre cum grano salis, sa valeur réside seulement dans le fait que le « ɛureka », le «Voilà» du physicien, inventeur et mathématicien de Syracuse était l’acte d’exprimer une correspondance entre une mesure et l’autre. Comme cela n’a cessé de se produire depuis lors. Les suppositions et les mesures n’ont jamais été divisées depuis lors.

    Ce qui a changé, et de loin, c’est qu’entre les deux une technique a d’abord été ajoutée, puis une technologie pour confirmer ou falsifier ce qui a été imaginé à partir d’un ensemble de connaissances déjà acquises.
    Croire au développement de la créativité scientifique n’a pas sa place, c’est une fausse présomption du philosophe de la science. Tous les grands scientifiques, lisez-les, lui reconnaissent un rôle important dans la “construction” d’une théorie. La mémoire me fait placer Plank, Heisenberg, de Broglie parmi eux, par exemple.

    Il a fallu 2500 ans pour que la créativité de Démocrite, sa vision atomistique du monde, se confirme. Il faut reconnaître que le sort d’une théorie physique dépend maintenant de la technologie d’instrumentation pour le confirmer ou non, ainsi que des variations internes que l’on peut trouver.

    Enfin, chaque scientifique responsable réfléchit sur les bases philosophiques -ontologiques, épistémologiques- de son activité de recherche. Parfois, cependant, il arrive que le succès mathématique des théories mises en lumière nous force à réduire cette réflexion. Ou qu’un élan esthétique le convainc de leur justesse, et que tôt ou tard leurs théories trouveront confirmation
    Les “vérités familiales” mentionnées dans la philosophie des sciences constituent un fonds général, une infrastructure tacite, de concepts et de connaissances. Selon l’interprétation de Kuhn, ils forment la base d’un paradigme. Eh bien, la plupart du temps, le fait de s’y mêler conduit sans aucun doute les scientifiques à reconnaître une théorie comme fausse ou inutile. Un exemple : la théorie de Hamilton-Jacobi (1860) contenait une nouvelle façon de considérer le mouvement, différente de celle conçue par Newton, comme des trajectoires définies tirées de particules. A l’époque, c’était une “vérité familière” dans la communauté scientifique. Leur théorie était basée sur les ondes et non sur les particules. Il contenait donc déjà la possibilité de comprendre la possibilité d’un dualisme onde-particules. Mais il a dû attendre plusieurs décennies pour être reconnu expérimentalement (première moitié du XXe siècle). Selon ce point de vue, ce n’était pas probable avant longtemps.

    Enfin, nous devons reconnaître qu’entre la physique et la philosophie de la physique, bien qu’il y ait la possibilité d’un échange interdisciplinaire fructueux, il existe une diversité fondamentale. Il repose sur le fait que dans le premier nous travaillons en combinant le langage mathématique avec des technologies avancées, ayant toujours en mémoire les travaux/résultats présents dans sa communauté disciplinaire. Dans le second, nous travaillons sur le caractère objectif ou non des résultats obtenus. Essentiellement, l’explication en physique, la nature des théories physiques et leur vérité. Mais je le répète, la science physique est maintenant dans un processus continu d’adaptation de ses théories à la réalité. Il y a donc une incorporation dans l’activité d’investigation scientifique de la disposition philosophique qui, en fin de compte, est celle de définir les structures permanentes de la réalité.

    Cependant, il ne fait aucun doute que ses écrits m’ont fait réfléchir sur plusieurs choses, en particulier sur la relation entre la science et la religion. J’étais passionné par ça. Et je pense que je vais continuer à y penser. Et pour cela, bien que je ne sois pas d’accord à propos de votre vision de la science, je vous remercie.

  2. L’article a pour objectif de remettre en cause le prétendu sol rassurant qui permet à des scientifiques comme Hacking de réfuter l’existence de Dieu. En ce qui concerne, la miraculosité du Coran, c’est-à-dire la concordance entre certains versets coraniques et les révélations de la science, je propose de distinguer entre deux cas différents :
    – Lorsque le lecteur du Coran cherche à faire concorder un verset du Coran avec une théorie scientifique, il convient de rester prudent. Ma longue critique dans mes articles précédents des théories scientifiques et des lois fondamentales à partir des enseignements de la philosophie des sciences modernes me dissuade de m’aventurer dans cette voie. L”‘antagonisme entre l’absoluité et l’universalité d’un verset du Coran et la faillabilité, l’anti-réalisme et l’élément métaphysique erroné qui peuvent à tout moment entacher et affecter la validité scientifique et philosophique des théories et lois fondamentales doit nous inciter à la prudence et à ne pas tomber dans un concordisme tout azimut.

    – S’agissant des vérités expérimentales et des phénomènes expliqués et identifiés par l’expérimentation de manière claire, irréversible et même en surpassant la réfutabilité de Karl Popper, elles peuvent être comparées à volonté avec les versets coraniques. Et pour répondre à un commentaire, je précise que le Big-bang est une vérité expérimentale et non une théorie. Quant aux théories qui parlent d’avant le Big-bang, elles relèvent de ce premier cas et tombent de l’autre côté de la barrière de vérité.

    Je vais vous proposer très prochainement un article traitant d’un exemple qui est évoqué sur la base de la deuxième méthode.

    • S’agissant des vérités expérimentales on peut TOUJOURS trouver à les comparer avec n’importe quelle parole de n’importe quelle religion, puisqu’il s’agit toujours d’interprétations. Donc cela ne démontre strictement rien. Dans tous les cas il s’agit toujours de concordisme, on tente de faire coller des théories ou des faits scientifiques avérés avec des passages religieux antérieurs, en tordant autant que possible le texte (texte vague et général se prêtant à différents sens possibles). Mais JAMAIS un religieux n’a pu annoncer avec précision A L’AVANCE un fait scientifique PRECIS qui sera ENSUITE confirmé par la science, donc il ne s’agit que d’imaginations, dont certains croyants peu scientifiques et peu logiciens se satisfont facilement en croyant voir des “miracles scientifiques” dans leurs livres saints là où il n’y a rien de tel.

  3. Il n’ y a pas de big bang in the coran .Sinon montrez moi le verset qui en parle .Tout ces scientifiques sont des charlatans .Du vide qui explose tout d’un coup voila l’explication de de la création de l’univers.Quel bande Bande de crétins vous êtes .

  4. Très bon article! C’est cela la science et rien d’autre.

    L’islam est une science face au phénomène Coran car elle imbriquée avec les autres sciences puisque la physique, la biologie etc permettent d’améliorer sa compréhension. C’est unique. Seule cette religion peut s’en prévaloir preuves à l’appui démontrant ainsi qu’elle est l’unique religion instituée par Allah swt. C’est ce qui démontre également que la méthodologie scientifique moderne doit tout à l’islam. Seul le Noble Coran permet de tenir face aux “stéréotypes” des Hommes tout en préservant l’essentiel et permettre une évolution qui nous a fait, nous fait et nous fera découvrir les merveilles, les miracles scientifiques du Noble Coran, Seul Livre préservé par Allah swt, inchangé depuis plus de 14 siècles, le plus ancien texte spirituel du monothéisme gardé tel quel dans son entiéreté, dans une perfection inégalable et inégalée. L’entité spirituelle de l’humanité est ainsi toute trouvée. La source des sources a de tout temps été l’islam, religion d’Adam et d’Ibrahim as (Abraham).

  5. Rafik,

    Vous avez argumenté pour mettre en défaut la science et vous vous en réclamez pour démontrer l’existence de Dieu ? Vous recourez ainsi à la théorie du big bang pour laquelle les preuves s’accumuleraient ou au supposé ajustement fin de l’univers. Pourquoi donc ? Appliquez votre raisonnement jusqu’au bout : les théories comme les lois générales de la physique ne correspondent pas véritablement à la réalité. Elles « mentent ». A moins que vous ne fassiez des exceptions. Mais sur quels critères alors ? En fait, vous admettez que la science puisse énoncer des vérités mais partielles, à compléter par l’hypothèse de Dieu.

    On peut faire beaucoup plus simple. Nous nous appliquons à comprendre l’univers avec nos sens et notre entendement limités. Il nous restera donc peut-être à tout jamais en partie inintelligible. Cela démontre notre incapacité qui ne peut être sauvée (pour reprendre un terme que vous affectionnez) par l’existence de Dieu. Ainsi le big bang n’est pas la seule singularité à laquelle aboutit la cosmologie et qui bloque l’horizon de la connaissance. Les trous noirs également. Une preuve encore de nos limites plus que de l’existence de Dieu. En les niant, on nie surtout notre finitude et on invente le meilleur remède pour y pallier, son opposé, l’infini. Mais la science ne démontre pas l’infini, juste le fini. Ainsi il n’y a pas de particule infiniment petite ni même un univers infiniment grand. Il y a juste des interactions d’un côté, des nombres astronomiques de l’autre. Fondamentalement ce que nous n’acceptons pas c’est la mort.

    Vous vous accrochez donc à cette idée que l’univers pourrait nous être parfaitement intelligible. Mais vous ne faites pas mieux que Hawkins ou Kraus si vous prenez un peu de recul. Vous utilisez juste Dieu pour boucher les trous de la science. Vous invoquez ainsi le tout quand eux invoquent le rien. Dans les 2 cas, il s’agit d’une cause indéfinie. Vous croyez comme eux à la toute puissance de l’homme pour expliquer l’univers. Vos positions sont parfaitement symétriques.

    Lâchez prise. Si la métaphysique vous est néanmoins nécessaire, d’autres explications sont disponibles. Elles s’accordent avec les vérités de la science qu’elles ne considèrent pas comme partielles mais relatives. Elles ne mettent ni un frein à la connaissance de la réalité ni ne présupposent l’existence de Dieu. Elles prétendent même que immanence et transcendance sont une seule et même chose finalement. Mais plus fondamentalement elles disent une chose incontestable : tout procède de l’esprit.

    • A Zarathoustra et Pr Sheldon Cooper
      Au risque de me répéter, l’article montre seulement qu’une confiance aveugle vis-à-vis des lois scientifiques et des théories n’est pas justifiée en raison de l’antiréalisme des théories partagée par de nombreux philosophes des sciences qui trouve son fondement dans la mécanique quantique mais aussi dans le mythe de l’holisme qui tend à nous montrer une unification trompeuse de la physique. J’ajoute que l’expérience seule est le point de départ de la recherche théorique. Une théorie sans base expérimentale est un pari quasiment perdu d’avance.
      L’autre pari presque perdu des scientifiques est de vouloir unifier à tout prix la théorie de la relativité générale et la mécanique quantique. Le résultat de cet acharnement est la théorie des cordes qui se trouve aujourd’hui dans l’impasse et les scientifiques s’y accrochent parce qu’ils n’ont aucune autre théorie dans la poche. La théorie des cordes souffrent d’infinités, de chiffres négatifs, de multivers et d’une contradiction flagrante avec la théorie de la relativité générale parce que la théorie des cordes ne tient aucunement compte d’une géométrie de l’espace-temps dynamique et en évolution comme cela a été démontré par la théorie de la relativité générale.
      Cette impasse a poussé les scientifiques à se partager en deux camps : le premier insiste pour garder la théorie des cordes parce qu’elle représente un investissement de 30 ans de travail et un effort de plusieurs milliers de physiciens.
      L’autre camp propose de l’abandonner en revenant à la théorie de la relativité générale. Entre les deux, il faudrait laisser un peu d’espace pour proposer des explications basées sur le principe anthropique et le fine-tuning. S’il n’y a pas de théorie assez prédictive et cohérente qui puisse tenir compte aussi bien de la mécanique quantique que de la relativité générale et qui expliquent les dernières observations (on parle quand même de trente d’années), le principe anthropique et le fine-tuning sans inévitables et là reconnaissance de l’existence de Dieu prend vraiment de la consistance.
      Par conséquent, Hawking ne peut pas reposer sur ce sol rassurant mais illusoire (possibilité d’unification de la physique et fixité et absoluité des lois physiques). D’ailleurs, la troisième partie de mon article évoque l’échec de sa théorie sur l’univers sans bord de Hawking.
      Et pour répondre un peu à votre questionnement concernant le rôle de la religion dans l’explication du monde physique : la religion pourrait donner naissance à des théories qui expliquent beaucoup de choses dans l’univers et je vais travailler dessus (par exemple la théorie de la force créatrice permanente qui permet à l’univers de ne pas disparaître en raison de l’entropie, des trous noirs, de la désintégration possible du proton, mais aussi théorie de l’anti-entropie, du fine-tuning, etc.).
      Bien entendu lorsque l’expérimentation parvient à établir l’existence d’un phénomène physique ou cosmologique sans aucun doute et sans une théorie pseudo-scientifique et trop spéculative comme la théorie des cordes, à charge pour nous de voir si les textes religieux parle de telles choses.
      Je pense qu’avec cette méthode, on se retrouve sur le même pied d’égalité avec les scientifiques.

      • « Bien entendu lorsque l’expérimentation parvient à établir l’existence d’un phénomène physique ou cosmologique sans aucun doute et sans une théorie pseudo-scientifique et trop spéculative comme la théorie des cordes, à charge pour nous de voir si les textes religieux parle de telles choses. »

        L’exercice sera des plus périlleux. Il s’agira d’interprétations et de points de vue. Toute la difficulté sera d’identifier si le texte en question s’adresse au quidam du VIIème siècle ou bien à l’astrophysicien du XXIème siècle.
        Bon courage !

      • Rafik

        Il n’y a pas d’autre réalité pour nous que ce que nos sens et notre entendement peuvent saisir. Nous observons ainsi ce que nous appelons des phénomènes avec nos sens, y compris en en étendant la portée par les machines que nous inventons. Nous les mettons en relation par notre entendement au moyen de théories que nous inventons également, selon un enchaînement de causes et de conséquences. C’est cela rendre intelligible l’univers : tenter de conformer nos observations à notre entendement au moyen de théories. La réalité qui serait à la source des phénomènes nous est à jamais inaccessible par définition.

        En son nom, nous remettons surtout en question la complétude ou la qualité de nos observations en admettant que nos sens sont limités. Nous considérons par exemple que les animaux perçoivent ce que nous ne percevons pas : ce que nous appelons l’infrarouge pour les serpents, l’ultraviolet pour les oiseaux, les champs électriques pour les requins, les champs magnétiques pour les abeilles, … en faisant appel à la théorie de l’électromagnétisme. Nous admettons même qu’ils possèdent des capacités extrasensorielles : prémonition, voire télépathie, … au moyen d’autres théories. Concernant notre entendement, nous nous heurtons à des paradoxes y compris logiques, même en dehors de l’étude des phénomènes. Bref nous sommes limités. Mais pour chaque limite que nous posons, nous ne pouvons nous empêcher d’imaginer quelque chose d’autre au-delà et nous en arrivons à imaginer l’infini. Nous cherchons ainsi la cause de la cause de la cause …

        C’est de cette manière que vous subordonnez la preuve de l’existence de Dieu aux failles de la science. En cela pourquoi Dieu ne serait pas une fiction commode au même titre que certaines entités de la science ? Et plus fondamentalement vous subordonnez la preuve de cette existence à nos limites. En cela vous liez Dieu à l’homme quand bien même notre espèce disparaîtra et que l’univers continuera à exister. Car pourquoi voulez vous que la fin de l’univers coïncide avec la fin de l’homme dans une perspective réaliste ? L’homme n’est pas la finalité de l’univers. C’est une évidence. Le principe anthropique comme le fine tuning sont des impostures dans le temps long. L’univers a existé avant nous. Il se maintiendra après nous. C’est vrai à titre individuel (le monde continue à tourner sans nous après notre mort) et au titre de notre espèce.

        Introduire Dieu c’est donc surtout mettre un terme à la quête sans fin de notre esprit qui n’est jamais au repos. C’est un colmatage dans nos édifices intellectuels. On va donc dire par exemple que les interactions (forte, faible, gravitationnelle, …), c’est Dieu qui est à l’œuvre parce qu’elles opèrent sans substrat matériel, à distance. Dieu soutient la création comme Atlas le monde. Mais nous disons plus que cela en l’occurrence car ce Dieu est personnel. Les interactions donc sont « voulues », « intelligentes », « visent » le bien, « visent » l’homme, … On prête donc également toutes sortes d’attributs à cette cause suprême dont peut parfaitement se passer la science mais pas votre religion. Et pour peu que vous cherchiez, vous verrez que ces attributs se contredisent entre eux ou sont contredits par ce l’on observe au quotidien. Il se peut donc qu’il y ait un principe transcendantal à la base de l’univers mais pourquoi faudrait-il qu’il ait les caractéristiques d’une personne, qu’il soit à l’image de l’homme ? C’est la question que vous devriez vous poser et la science ne vous apportera aucune réponse qui vous confortera à mon avis.

        • @Zarathoustra On peut ajouter à vos remarques fort justes que ce qui coûte le plus dans l’hypothèse du Dieu des religions, c’est qu’il est supposé s’agir non seulement d’un Créateur de l’univers, mais d’un Créateur juste et bon… Qu’à la limite il existe un Principe supérieur ordonnateur de l’Univers et ayant présidé à son apparition, cela peut être compatible avec les observations physiques. Mais absolument rien de ce que l’on observe ne vient soutenir l’existence d’une quelconque justesse ou bonté dans l’univers, bien au contraire serait-on tenté de dire… Le Dieu personnel sage et bon des religions paraît donc lorsqu’on le prend dans sa description complète une sorte de fiction invraisemblable n’ayant rien à voir avec une observation aussi neutre et objective que possible du fonctionnement de l’univers observable. Avec logique, le même Voltaire qui croyait au Dieu horloger rejettait vigoureusement l’ectoplasme paternaliste et bienveillant concocté par les religions au nom de motivations très humaines qui n’ont visiblement rien à voir avec une quelconque science (les croyants en général retiennent l’argument du Dieu horloger mais oublient la deuxième partie du raisonnement de Voltaire). Si comme la science le prévoit actuellement l’univers ne cesse de s’étirer en une expansion infinie toujours plus froide, désolée et gigantesque, alors on ne peut clairement pas se baser sur cette donnée pour trouver la moindre correspondance avec le Dieu des religions monothéistes.

  6. Théorie des cordes : Les constantes qui décrivent l’intensité des forces fondamentales, telle la constante de gravitation ou la charge électrique, ne sont plus fixées arbitrairement, mais apparaissent dans la théorie des cordes sous forme de champs dont les valeurs évoluent au cours du temps. L’un de ces champs, le dilaton, joue un rôle particulier : il détermine l’évolution des autres champs, c’est-à-dire l’intensité de toutes les interactions

  7. La conclusion de cette troisième partie n’est-elle pas au moins aussi hâtive que celle prétendue telle de Stephen Hawking ?

    Copié/collé :”De telles certitudes sont en harmonie avec l’existence d’un créateur. Devant l’absence persistante de preuves irréfutables sur l’existence de « quelque chose » de physique avant le Big-bang, une naissance ex nihilo de l’Univers insufflée par la puissance divine suprême est une certitude.”

    Il y en a encore quelques autres assertions du même genre, des glissements depuis des positions philosophiques (donc purement mentales) vers des affirmations objectives, invérifiables… sinon par l’adhésion à une croyance ou foi si l’on veut.

    Sans aucun intérêt pour ma très ordinaire personne, sans savoir poussé ni qualités ni compétences spécifiques.

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