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Une Britannique manie l’ironie contre les préjugés liés au voile

Elle a pris le parti d’en rire, avec cette pointe d’ironie habile et efficace qui, plutôt que d’attaquer de front les esprits chagrins, grossiers, ou d’une stupidité sans nom, se moque avec subtilité de leur aversion pour le voile, Shaista Aziz a trouvé la plus intelligente des armes pour désarmer ses contemporains et désamorcer les préjugés liés au voile.

Dans un auto-portrait plein d’auto-dérision, la jeune femme de 30 ans se présente comme une Britannique, d’origine pakistanaise et de confession musulmane, écrivain, journaliste et engagée dans l’humanitaire, et aussi voilée, recouverte de ce fameux "hijab redoutable et redouté", déclarant non sans malice qu’il faut en finir avec tous ces "articles ou blogs qui lèvent le voile, ou déconstruisent le voile, ou encore dévoilent le hijab, à moins que ce ne soit le dijhad, ou quoi que ce soit d’autre…".

Place à l’humour grinçant, mordant ou sarcastique, à travers un florilège de réparties qui ont laissé ses interlocuteurs cois ou pantois, en tout cas pas tout à fait indemnes…

La scène authentique se passe à Amsterdam, au sein de l’ONG pour laquelle elle travaille. Un homme d’une quarantaine d’années, que Shaista Aziz ne connaissait pas, s’approche d’elle, la prend par les épaules et avant d’avoir le temps de réagir, lui claque la bise sur les deux joues. Et celui-ci de s’exclamer fièrement : "Je n’avais jamais embrassé une femme voilée auparavant !".

Ce à quoi Shaista Aziz a rétorqué, sans joindre le geste à la parole : "Quant à moi, je n’ai jamais donné de claque à un homme blanc pour gifler sa grossièreté, mais je suis heureuse que vous m’en donniez l’occasion !"

Une autre scène a pour cadre la même ONG, mais à Oxford cette fois-ci. Le directeur s’avance vers Shaista Aziz, puis se penche vers elle et lui murmure d’une voix suave : "Alors, Aziz, est-ce que j’aurai la chance de voir un jour vos cheveux ?". A cette question déplacée, la jeune femme part d’un éclat de rire sardonique, histoire de lui faire peur, et lui répond : "Permettez-moi de vous dire que même dans vos pires cauchemars, vous ne verrez jamais ma chevelure !".

Et l’homme de pousser la provocation encore plus loin  : "Oh, là, j’aperçois un peu de vos cheveux. Essayez-vous de flirter avec moi ? Allez-vous rentrer à la maison et prier maintenant que j’ai vu vos cheveux ?". Et Shaista Aziz, impertubable, de lui répondre : "Je suis heureuse que vous ayez pu voir un peu de mes cheveux, voyez-vous je travaille à être une musulmane modérée… Et au fait, je voulais vous dire que maintenant que vous avez vu ce que vous ne deviez pas voir, vous êtes obligé de vous convertir à l’islam. Ne vous inquiétez pas, je m’occupe de tout, j’appelle la mosquée et je vais essayer de planifier votre conversion à l’heure du déjeuner. Alors, heureux ?".

Enfin pour conclure sur une note toujours plus caustique, voici cette autre scène édifiante qui a eu lieu à Londres, et dont la bêtise crasse le dispute au grotesque.

C’était un lundi matin, en plein Ramadan, La directrice entre dans le bureau de Shaista Aziz, et s’écrie : "J’ai rêvé que vous aviez retiré votre hijab et arrêté de faire le jeûne du Ramadan, car vous en aviez assez de faire tous ces efforts et marre de toutes ces privations !".

Shaista Aziz a relaté cet « incident » au directeur des ressources humaines, qui a relativisé les faits, insistant sur le fait que la Big Boss aimait tellement voyager au Moyen-Orient, précisant textuellement : "Elle parle même musulman…". A cette phrase qui a failli la laisser sans voix, Shaista Aziz a répliqué : "C’est formidable ! Je suis heureuse qu’elle aime le Moyen-Orient, le hic, c’est que moi je suis d’Oxford !".

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