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Un parlementaire australien injurié pour avoir prêté serment sur le Coran

A 43 ans, l’australien Ed Husic fait figure de précurseur dans le sérail politique national, faisant la fierté de ses parents immigrés bosniaques qui n’imaginaient pas, à leur arrivée à l’autre bout du monde, que leur fils entrerait un jour dans les annales parlementaires.

Premier musulman à siéger dans le temple législatif en 2010, le député Ed Husic est abonné au succès, et après celui des urnes, c’est sa promotion au poste de secrétaire du Premier ministre, Kevin Rudd, au sein du Parlement, qui vient couronner un parcours exemplaire.

Un parcours vers le centre névralgique du pouvoir mené tambour battant, sans embûches et au beau fixe, qui a récemment atteint son apogée avec sa nomination prestigieuse aux côtés du chef du gouvernement australien, décrite comme "une journée merveilleuse pour le multiculturalisme et tout ce qu'elle représente dans notre pays" par le gouverneur général Quentin Bryce en personne, jusqu’à ce qu’une polémique épidermique et bruyante surgisse et jette une ombre au tableau.

Fidèle à sa religion et sans déroger à la ligne de conduite qui fut la sienne lors de la cérémonie de serment de 2010, c’est tout naturellement sur le Coran qu’Ed Husic a de nouveau prêté serment, couvert d’éloges. Alors qu’il y a trois ans, son geste inédit n’avait heurté personne, il s’est attiré les foudres, cette année, d’une certaine frange de la classe politique australienne et de citoyens qui ne lui ont tressé aucun laurier, montant au créneau pour le fustiger et l’insulter.

C’est sur sa page Facebook que les injures ont fusé, répondant à son communiqué où il annonçait sa promotion non sans manifester une satisfaction personnelle bien légitime, en le dénigrant odieusement : "C'est écoeurant ! Comment osez-vous ne pas tenir compte de la constitution de l'Australie ? Absolument révoltant ! Allez-vous faire pression pour imposer la charia maintenant ?", pouvait-on lire sous la plume de femmes en colère, ou encore "Pas du tout heureux. Certainement je ne voterai pas pour vous", "Comment avez-vous pu prêter serment sur un Coran ! Il s'agit de l'Australie avec les lois australiennes", jusqu'à l'offense suprême : "chien de musulman".

Restant stoïque sous l'avalanche de propos infâmes, Ed Husic a fait face à ses détracteurs sans faiblir et avec une grande dignité : "Prêter serment sur le Coran s’imposait à moi, je n’aurais pas pu décemment le faire sur la Bible. Je l’ai fait sans esprit de provocation, loin de moi cette idée, mais tout naturellement parce que je suis musulman. Je suis qui je suis, voilà tout", a-t-il déclaré, ajoutant avec un sens aigu de la cohésion sociale: "Il est bon en démocratie que toutes les opinions puissent s’exprimer. Je condamne l’extrémisme quel qu’il soit, au sein de ma communauté de foi mais aussi à l’extérieur, car dans les deux cas, il ne cherche que la division et à éloigner les gens les uns des autres". 

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