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Un ministre belge, qui voulait recenser les “barbus”, se heurte au refus d’un syndicat

Aux yeux du gouvernement belge, ce sont des signes d’une radicalisation qui ne trompent pas, même s’ils sont surtout révélateurs de l’aveuglement institutionnel généralisé qui voit derrière chaque « barbu » un Barbe-Bleue « djihadiste » en puissance : la pilosité, le choix vestimentaire et tout changement d’attitude des détenus musulmans sont scrutés à la loupe chez nos proches voisins, ou du moins tel était le souhait de Rachid Madrane, ministre de l'Aide à la jeunesse et des Maisons de justice en Wallonie et à Bruxelles, avant de s’attirer les foudres d’un syndicat.

C’est via un e-mail adressé, en début de semaine, aux 700 agents des «Maisons de justice» de la partie francophone du pays, que ce très zélé serviteur de l’Etat, plus royaliste que le roi comme nombre de politiciens de son espèce, a sommé les auxiliaires de justice de recenser, sous trois jours, ces fameux signes suspects qui enverraient direct à l’échafaud, si la Belgique en dressait encore…

Selon le prisme de préjugés qui ont la vie dure dans les antichambres du pouvoir, et cruelle ironie du sort sont ravivés par un dénommé Rachid Madrane, les « barbus », le refus de serrer la main d’une femme, le désir de s’habiller conformément aux critères du Coran, le moindre renoncement à des activités dites ludiques, voire tout comportement rompant avec certaines habitudes, devaient être répertoriés et au final dénoncés par ceux qui ont refusé catégoriquement de se muer en délateurs de la police.

"Ce n'est pas le rôle des assistants de justice, ils ne vont pas se transformer en indicateurs de la police", s’est insurgé vendredi un responsable du syndicat chrétien CSC, Xavier Lorent, déplorant la subjectivité des critères qui "ne visent qu'une sorte de radicalisme." "Je ne souhaite pas faire de ces assistants de justice des indicateurs. L'objectif est de connaître l'ampleur du phénomène de radicalisation pour mettre en place en conséquence les formations adaptées à destination des assistants de justice», s’est défendu le ministre auprès de l’AFP, pris dans une tourmente qui l’a contraint à reconnaître une "petite maladresse" de la part de son administration.

On ne saurait trop conseiller au ministre belge, Rachid Madrane, de visionner cette parodie caustique réalisée par des compatriotes, humoristes de leur état, sur ces signes de la radicalisation, si trompeurs, qui alimentent dangereusement l’islamophobie, ce signe bien tangible de la recrudescence du racisme anti-musulmans.

 

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