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Un jeune musulman américain défie crânement les préjugés islamophobes

Derrière son visage juvénile, au charme adolescent, traversé par un large sourire dont il ne se départit jamais ou presque, se dresse, stoïque, un lycéen de 16 ans qui fait face aux remous de son époque troublée, désireux de venir à bout des préjugés islamophobes qui se répandent comme une traînée de poudre Outre-Atlantique, altérant la quintessence de sa religion, l’islam, et ravivant les fantasmes les plus obscurantistes.

Depuis son New Jersey natal, où il emprunte chaque jour, avec une soif d’apprendre et de coumprendre intarissable, le chemin qui le mène vers son établissement scolaire de Princeton Day, Ziad Ahmed, ce jeune américain fier de ses origines Bengali et de ses valeurs musulmanes, a décidé un beau matin que les idées fausses colportées sur sa foi n’étaient faites que pour être battues en brèche, et leur malhonnêteté intellectuelle défiée sur un terrain qui ne leur est guère familier : le rétablissement de la vérité.

Résolu à braver les islamalgames dévastateurs avec toute la hardiesse et la fougue de la jeunesse, cet élève de première, abonné aux bonnes notes et hyperconnecté, a tout naturellement choisi de relever le challenge sur le Net, en créant une multi-plateforme fédératrice, où seuls sont favorisés les échanges d’expériences et de réflexions personnelles, et à jamais proscrits les stéréotypes et la calomnie. L’islamophobie ne passera pas par Ziad Ahmed, ou alors seulement pour mieux la renvoyer à ses contre-vérités éhontées, et ses artisans à leurs propres vilenies.

« Redefy » a ainsi fait irruption sur la Toile, sous l’impulsion d’un jeune musulman qui a estimé que le temps était venu pour lui de tordre le cou aux clichés outrageants et de démystifier la fourberie de ceux qui les instrumentalisent, en entraînant derrière lui une communauté en pleine cure de jouvence, soudée, redynamisée, et pro-active.

"Il ne faut pas avoir peur de défier les préjugés qui salissent l’islam, banalisent l’ignorance et la haine, en leur opposant la vérité. Il faut redéfinir ensemble nos perspectives positives, il faut que l’on lutte en faveur de la tolérance et de notre acceptation, il faut que l’on forme une communauté active et agissante", martèle Ziad Ahmed, la voix ferme, le front plissé et le regard déterminé, son sourire lumineux s’étant momentanément effacé pour laisser place à l’écoeurement grimaçant à l’évocation du traitement médiatique systématiquement biaisé de l’islam.

"Les médias véhiculent une image toujours négative de l’islam, ainsi que de nombreuses autres minorités, ce qui nuit considérablement à la bonne perception de ma religion par la plupart des gens", déplore-t-il grandement. "Depuis ma plus tendre enfance, je me suis toujours heurté aux préjugés, à cause de mon nom, à cause de mon faciès typé, et j’ai toujours fait en sorte qu’ils ne m’atteignent pas", a-t-il confié, tout en reconnaissant que faire des pieds de nez au racisme anti-musulmans prégnant, aussi jolis ou moqueurs soient-ils, n’est pas chose aisée tous les jours…

Les deux pieds bien sur terre, mais pas dans le même sabot, le très entreprenant teenager, doté d’un sens inné de la pédagogie, ne pouvait pas se satisfaire de la seule communication virtuelle. Il lui fallait impérieusement se frotter à la réalité du terrain et aller à la rencontre de la jeunesse musulmane américaine, afin de lui donner toutes les clés pour décoder la rhétorique de la haine, les analogies nauséeuses, et autres campagnes tétanisantes façon Pamela Geller (la pasionaria ultra-sioniste et islamophobe jusqu’aux bout des ongles, qu’elle a d'ailleurs très acérés… ) pour mieux en juguler les effets calamiteux.

  

L'un des ateliers organisés par Ziad Ahmed dans une classe de cinquième

"Ils ne savent pas tous ce que signifie réellement les termes stéréotypes ou préjugés", a-t-il souligné en faisant allusion aux collégiens de cinquième et de quatrième auprès desquels il intervient de plus en plus régulièrement, dans le cadre d'ateliers. "Mais quand on leur demande de nous parler d'eux, de leur quotidien, tout s’éclaire alors, et ils en comprennent immédiatement la portée néfaste", a-t-il précisé.

Il n’est pas encore surbooké, mais a déjà un emploi du temps bien rempli pour son jeune âge, Ziad Ahmed, le lycéen studieux doublé d’un conférencier en herbe, concilie avec une aisance déconcertante ses études et son grand défi lancé à l’islamophobie, sillonnant désormais tout l’Etat du New Jersey, entouré de quatre amis inséparables, pour sensibiliser les plus jeunes à son combat, qui est aussi le leur.

"Ce que beaucoup de jeunes gens ne réalisent pas, c’est que c’est ça notre combat. L'injustice est notre combat. Jusqu'à ce que nous soyons tous unis dans nos injustices, l'ignorance continuera d'exister", a-t-il insisté, en espérant élargir prochainement son champ d’action à l’échelle nationale. Et à cette perspective, le visage de Ziad Ahmed, le militant dans l'âme, s’est décrispé pour s’illuminer d’un sourire plein de fraîcheur, comme le sont ses 16 printemps.

Par la rédaction.

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