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Un haut dignitaire religieux saoudien interdit d’entrée en Grande-Bretagne sans explication

Empêché in extremis de monter à bord de l’avion qui devait l’emmener à Londres pour y animer une série de conférences, celui qui entra par la grande porte dans l’histoire de l’Arabie saoudite en étant le premier imam noir de la Grande mosquée de La Mecque, le très estimé Sheikh Adel Al Kalbani, n’en revient toujours pas d’avoir été contraint de rebrousser chemin, frappé d’une terrible disgrâce sans fondement à ses yeux : son interdiction d’entrée sur le territoire britannique.

L’exceptionnelle ascension à 49 ans de ce fils d’immigrés, dont les parents firent de la Terre Sainte leur port d’attache il y a soixante ans de cela, créa incontestablement l’événement en 2009 au sein du royaume wahhabite, où les discriminations raciales ne manquent pas.

Incarnant la méritocratie à la saoudienne, Sheikh Adel Al Kalbani est généralement dépeint comme un imam « moderniste », se faisant le chantre de l’évolution de la monarchie qui règne sans partage depuis la fin du 19ème siècle, réputé pour ses sermons progressistes qui exercent un contrepoids politique face à la frange ultra-conservatrice du régime, aussi sa stupeur n’en fut-elle que plus grande lorsqu’il s’est vu signifier par les autorités de Riyad qu’il était soudainement persona non grata au Royaume-Uni.

Pourtant, cet éminent personnage religieux était muni de son visa qui lui avait été délivré en octobre, sans crainte ni restriction aucune, par l’ambassade britannique en Arabie saoudite. "J'ai été arrêté à la porte de l'avion, les autorités de mon pays m’indiquant qu’elles avaient reçu un message de l'ambassade britannique disant que je n'avais pas le droit d'entrer en  Grande-Bretagne", a déclaré Sheikh Adel Al Kalbani, interloqué, à la presse nationale venue s’enquérir des raisons de ce revirement britannique. "Je ne sais vraiment pas pourquoi ils me refusent l'entrée de leur pays. J'ai séjourné en Grande-Bretagne il y a environ quatre ans, ainsi que dans d’autres pays, sans que ma présence ne soit jugée indésirable à ce point", a-t-il vivement déploré, dépité et perplexe à la fois.

Alors que Londres n'a daigné fournir aucune explication à ce haut dignitaire religieux du royaume saoudien, le laissant en proie à ses questions sans réponse, celui-ci a établi un lien de cause à effet avec le refoulement d’autres savants musulmans qui ont connu le même sort : "On m'a dit que d'autres savants musulmans ont été également interdits d'entrée et leur visa annulé au dernier moment, tout comme moi. Mon sentiment profond est qu’ils ne veulent pas me voir interagir avec la communauté musulmane de chez eux", a commenté Sheikh Adel Al Kalbani, qui l’assure aussi catégoriquement que la volte-face britannique à son endroit a été brutale : "Je ne renouvellerai pas ma demande de visa".

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