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Un foyer de réfugiés incendié par l’extrême-droite suscite l’indignation générale en Allemagne

C’est l’indignation et la tolérance zéro contre la spirale de violences xénophobes qui prévalent de l’autre côté du Rhin, après qu’un centre de réfugiés situé en plein cœur de la ville de Nauen, à proximité de Berlin, a été la proie de flammes criminelles, lundi soir.

Poids lourd européen et terre d’asile accueillant un nombre record de damnés de la terre en provenance de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan, l’Allemagne fait face à un afflux de réfugiés (près de 800 000 en 2015, soit quatre fois plus qu’en 2014) dont la présence enflamme et met en ordre de bataille les groupuscules néo-nazis en pleine résurgence.

"La police et la justice de Brandebourg vont tout faire pour traduire les coupables en justice. Un tel acte est honteux et indigne de l’Allemagne. Ce sera la tolérance zéro envers toute forme de xénophobie", a martelé, l’air grave, Dietmar Woidke, le président du Land de Brandebourg, en exhortant ses concitoyens à rejeter ce racisme inacceptable et funeste, mâtiné d’islamophobie, et plus encore, ses redoutables semeurs de trouble sur lesquels planent le spectre du nazisme.

"En ce qui concerne la violence xénophobe, il ne peut y avoir qu'une seule réponse: la police, la justice et, si possible, pour ceux que nous attrapons, la prison", a déclaré le vice-chancelier, Sigmar Gabriel, tandis que le ministre de la Justice, Heiko Maas, lui faisait écho en lançant un sérieux avertissement aux extrémistes de droite déterminés à faire régner la terreur : "Vous n’avez pas votre place dans la rue, mais devant les tribunaux". Scandalisé par ce nouveau palier franchi dans la criminalité raciste, ce dernier ne se résout pas pour autant à mettre en place des barricades de sécurité autour de tous les complexes qui abritent les réfugiés. "Je ne veux pas vivre dans un pays où de telles mesures doivent être prises pour que nos concitoyens se sentent en sécurité", s’est-il exclamé sur une chaîne de télévision allemande.

Les dangereux pyromanes, toujours prêts à en découdre, qui font régulièrement trembler le pavé de la cité de Heidenau, dans le Land de Saxe, à l’est du pays, comme ce fut le cas encore récemment, quelques jours avant d’incendier le centre de réfugiés de Nauen, ont fait sortir de ses gonds la chancelière Angela Merkel, laquelle n’a pas eu de mots assez forts pour condamner leur dernière démonstration de force qui, comble de l’abjection, comptait dans ses rangs des femmes et des enfants.

C’est « ignoble », s’est-elle emportée publiquement, en réalisant, effarée, que cette énième manifestation fracassante s’était passée en famille : "C’est déjà odieux que les extrémistes d'extrême droite et néo-nazis usent de tous les moyens pour répandre leur propagande haineuse, mais il est tout aussi honteux pour les citoyens, que des familles avec enfants viennent gonfler leurs rangs", a-t-elle réprouvé avec virulence.

Du côté de la presse allemande, l’inquiétude est palpable et l’écoeurement à son comble, à l’image de la véritable institution qu’est Bild, qui tentait dans son édition de mardi de provoquer un double sursaut de conscience, à la fois au sein de la classe politique et de l’opinion publique.

Ainsi, le journal le plus vendu d’Europe avait choisi pour titre accrocheur « Aider les réfugiés », consacrant deux pleines pages sur « Ce que les politiciens doivent faire maintenant » pour mieux les inciter à « agir urgemment et sévèrement contre la racaille d’extrême-droite », tout en appelant ses lecteurs à ouvrir leurs portes aux demandeurs d’asile ou à leur fournir une aide matérielle, voire financière.

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