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Trois grandes marques australiennes font face au boycott en raison de leur déclinaison Halal

Estampiller « Halal » des fleurons emblématiques de l’industrie agroalimentaire australienne peut s’avérer, en ces temps de controverses passionnelles et d’islamophobie violente, une hasardeuse aventure entrepreneuriale, semée d’embûches et jalonnée d’invectives, même sur l’îlot lointain de prospérité et du vivre-ensemble.

La déclinaison halalisée des trois marques phares que sont Four n’Twenty (célèbre depuis plus de 60 ans pour sa gamme de pâtés), Vegemite (une délicieuse pâte à tartiner érigée en véritable symbole culturel), et Anzac (de savoureux biscuits appelés ainsi en mémoire du corps d’armée australien et néo-zélandais de la Première Guerre mondiale, qui ont et régalent toujours des générations entières d’Australiens) a provoqué récemment une avalanche de réactions épidermiques, dont le seul mérite est d'avoir permis de mesurer l’étendue du travail de sape réalisé par le nationalisme revanchard sur la terre fertile du multiculturalisme.

 

A peine la variante halal de ces trois labels de légende a-t-elle été annoncée et commercialisée dans les rayons spécifiques des supermarchés, qu’une page Facebook a fait irruption sur le Net, lançant l’offensive contre une stratégie de diversification bien inoffensive, sans danger pour la paix sociale, avec un seul mot d’ordre guère pacifique : « Boycott du Halal en Australie. Boycott de toutes les entreprises et organisations qui favorisent ou utilisent les produits et services halal ».

Plus de 20 000 ardents partisans du boycott n’attendaient que le signal pour se ruer vers la page Facebook dédiée afin d’y déverser leur haine de l’islam, cliquant nerveusement sur leur clavier un flot d’inepties et d’injures, toutes plus accablantes les unes que les autres, avant d’inonder de récriminations, de calomnies et de menaces, les pages officielles des trois marques concernées, littéralement sidérées par une fureur cocardière qui semblait inconcevable il y a peu encore.

Contraintes d’expliquer leur démarche marketing pour tenter d’apaiser les esprits en ébullition, les directions respectives de Four’n Twenty, Vegemite et Anzac ont eu beau soupeser chacun de leur mot et insister sur la marginalité de l’activité halal au sein de leur entreprise traditionnelle, rien n’y a fait, les fervents tenants du Boycott se sont murés dans un autisme idéologique et sectaire irréversible, menant aux pires extrémités.

Parmi le florilège de propos orduriers, des internautes ont donné libre cours à leur rage folle : «  Vous avez cédé à la pression, vous êtes des supporters du terrorisme islamique", ou encore« Vous dites que moins de 5% de vos produits sont certifiés halal .. mais comment pouvez-vous vous compromettre en vendant de  la merde islamique, cette pourriture… et que faites-vous de la la cruauté envers les animaux ? Vous avez perdu un autre client, et sachez que je ne vous laisserai pas faire", sans oublier "Quelle honte, les milliers de Anzacs morts sur les plages de Gallipoli doivent se retourner dans leur tombe."

Mises sans ménagement sur la sellette, les trois marques australiennes, entrées dans l’histoire en accompagnant la grande Histoire, se disent déterminées à ne pas capituler devant ceux qui les accusent de reddition devant le péril vert.

Quelques tweets tristement révélateurs du racisme primaire qui se lâche sans garde-fous sur les réseaux sociaux :

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