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“The Futur of islam”, livre écrit par l’universitaire américain John Esposito

The Futur of islam, livre écrit par l'universitaire américain John Esposito 

Introduction:
L’auteur met en exergue un certain nombre de généralités globales sur l’islam et les musulmans, qui représentent 1,6 milliard de fidèles disséminés sur les cinq continents. Il est impératif pour les non musulmans de comprendre l’Islam d’un point de vue local et surtout sur le plan de la politique internationale. Les musulmans sont des acteurs globaux sur la vaste scène mondiale, l’avenir de l’Islam est indubitablement lié à l’avenir de l’humanité.

1e partie :
Les différents visages de l’Islam, en particulier ces dernières années en Occident.
Qui sont-ils ? Combien sont-ils ? Quels sont leur croyance, dogme, et quelles sont les différences entre Sunnites et Chiites ? Que pensent-ils aujourd’hui ? Quelles sont leurs préoccupations ou angoisses ? Une partie des problèmes réside dans la diversité de cette communauté présente sur tous les continents. Les experts de la question, voire pseudo-experts pour certains d’entre eux, agitent trop souvent et trop hâtivement le spectre de l’intégrisme religieux. Dans le but d’éviter ces écueils, l’auteur s’appuie sur les études du renommé Gallup, un organisme américain d’études et de statistiques, ayant un département dédié à l’Islam.

2e partie : Dieu en Politique
L’impact de la politique dans les Pays à Majorité Musulmane (PMM), le rôle de la religion dans les politiques de ces pays, l’impact dans les sociétés occidentales.
Quelles sont les principales forces de l’Islam politique dans le monde, et comment peut-on expliquer leur résurgence ? Quelles sont les causes du terrorisme et quel rôle joue la religion ? Pourquoi et comment les mouvements d’opposition nationaux et mouvements extrémistes ont donné naissance à un Jihad global. Qui sont les leaders à la manœuvre et que recouvrent les idéologies qui les sous-tendent ?
Ben Laden et Al Qaeda, l’influence du wahhâbisme et des régimes despotiques. L’impact Sunnisme/Chiisme et la politique américaine.

3e partie La réforme nécessaire :
Les questions et problèmes de la réforme en Islam. Qui sont les principaux réformistes, penseurs et télévangélistes musulmans ?
En effet, depuis le 19e siècle un mouvement de réforme s’est engagé. L’auteur examine son origine, ainsi que son cheminement dans les différentes régions de l’Egypte à l’Indonésie. Des hommes et des femmes de toutes tendances, traditionalistes comme réformistes, ont enclenché un mouvement de réforme et de relecture des sources. Cette dynamique existe bel et bien et crée les conditions d’un nouveau débat sur divers sujets d’actualité dits sensibles, tels que la question de la Femme, les attentats-suicides, le fondamentalisme, le pluralisme, la démocratie, la fidélité dans les sociétés majoritairement non musulmanes. Durant la même période est apparue une catégorie de Télévangélistes mobilisant différentes tranches d’âges, et rassemblant toutes les catégories sociales. Leur influence est grandissante et constitue une alternative aux discours classiques des religieux.
Tariq Ramadan, Amr Khaled, Ali Gooma, Mustapha Ceric, Yussuf al Qardawi, Nurcholish Madjid, Timothy Winter, Farhat Hasmi, Amina Wadud, Haba Raouf et Abdulah Gymastiar.

4e partie Les USA et le monde musulman :
Face à la montée de l’Islamophobie et à l’échec de la politique extérieure américaine, le rôle des militants néo-conservateurs (Chrétiens sionistes), le rôle des médias.
La menace constante de l’extrémisme religieux. L’administration Obama a voulu se démarquer de la politique de l’ère Bushienne. De nombreux intellectuels et dignitaires religieux musulmans ont été force de proposition dans différents domaines, afin de promouvoir le dialogue interreligieux. Dans le même temps, des associations majeures, ONG, politiques, corporations et autres médias ont renforcé et développé considérablement les relations entre Orient et Occident, dans le but de favoriser le dialogue des civilisations et le pluralisme, au travers de différents projets et actions.

5 e partie
Le rôle de la politique américaine, la diplomatie est-elle un nouveau paradigme qui peut changer la donne avec les Pays Majoritairement Musulmans (PMM) ?
La majorité des PMM estime que la shariah doit être la source d’inspiration pour élaborer la Constitution de chaque pays, du Maroc à l’Indonésie. Les deux-tiers des musulmans estiment que les femmes doivent avoir les mêmes droits que les hommes. Après les attaques du 11 septembre, toutes les institutions musulmanes, publiques et privées, ont condamné sans la moindre réserve les attentats perpétrés sur le sol américain. Les PMM ont toujours fait le lien avec la politique, que l’on pourrait résumer ainsi : « Arrêter de vous ingérer dans nos affaires internes, cessez de vouloir nous imposer vos valeurs et politiques, respecter nos choix »

Cette corrélation a eu très peu d’écho et de relais en Occident.
En Occident, les musulmans ont souvent l’impression qu’ils sont perçus comme une cinquième colonne, cette suspicion généralisée se reflétant dans les différents sondages réalisés partout en Europe, ainsi qu’en Amérique du Nord. D’ailleurs, Nicolas Sarkozy, durant sa campagne présidentielle, fut un ardent opposant à l’entrée de la Turquie dans l’UE et contribua à cristalliser cette peur irrationnelle autour de l’islam.

A la suite des attaques du onze septembre, plus de six mille cinq cent personnes ont été arrêtées et seulement 1% d’entre elles ont été condamnées, et à de légères peines de prison de surcroît (maximum 1 an). La déclaration de Aman en 2004, réunissant tous les grands dignitaires sunnites et chiites, qui fut un magnifique hymne à la tolérance et au vivre-ensemble a pâti d’un total blackout médiatique.

En septembre 2006, les déclarations tendancieuses du Pape Benoît XVI, à Ratisbonne, ont soulevé de nombreuses protestations dans les PMM. Nombre de musulmans et non musulmans ont sévèrement critiqué le souverain pontife pour ses déclarations historiquement infondées. Un mois après l’allocution du Pape, trente-huit érudits musulmans lui ont adressé une lettre ouverte, et un an après, 138 leaders musulmans (intellectuels, religieux, chercheurs, auteurs…) lui ont transmis une seconde missive s’intitulant « Un monde commun entre vous et nous ». La plupart des autorités chrétiennes du monde (catholiques, prostestants, orthodoxes…) y répondirent favorablement, et différentes colloques et séminaires furent organisés par la suite.

Conclusion
Les musulmans se trouvent dans une période charnière, jalonnée de nombreux défis, tandis que des changements s’opèrent à différents endroits. Les citoyens musulmans, hommes et femmes, disposant d’outils de plus en plus modernes, sont à même de mieux appréhender les sources en vue de leur nécessaire relecture.
Cependant, les réformistes restent toujours minoritaires au départ et doivent faire face à d’innombrables défis, endogènes et exogènes. L’auteur met en évidence le fait que, dans les sociétés majoritairement musulmanes, le dilemme n’est pas l’Islam ou les mouvements religieux, mais bien l’autoritarisme ou le pluralisme.

La prochaine étape en Occident sera de reconnaître le chaînon manquant, à savoir que les enfants d’Abraham sont Judéo-Islamo-Chrétiens, et qu’en dépit des exactions commises par les extrémistes, les PMM, l’Europe et les Etats-Unis ont bien plus de valeurs, d’aspirations et de rêves en commun et à partager que de différences.
L’avenir de l’Islam est indubitablement lié à l’avenir de l’humanité.

 

 

 

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