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Sciences Po Aix : une étudiante voilée traitée de “cheval de Troie de l’islamisme” par un professeur

C’est une hallucination terriblement dans l’air du temps qui en fait divaguer plus d’un, jusqu’à faire dérailler un très sérieux professeur de l’Institut d’études politiques (IEP) d’Aix, expert de l’histoire militaire et un peu trop à cheval sur la neutralité des amphithéâtres où il sévit : percevoir un "cheval de Troie de l’islamisme"derrière une étudiante voilée, bien innocente et très méritante, et la livrer à la vindicte en plein cours de manière indigne et irresponsable, est-ce que ça se soigne docteur ?

A part jeter l’opprobre sur ce pitoyable pédagogue – un « personnage » comme le rapporte La Provence -, qui s’est autorisé à pointer un doigt accusateur vers l’incarnation "d’une entorse à la laïcité", selon les élucubrations de son esprit égaré et laïciste, et lui enfoncer dans la tête le champ d’application de la loi du 15 mars 2004 en lui rappelant qu’il n’est pas extensible à loisir, il n’y a guère d’autre remède pour tenter de faire recouvrer la raison à un professeur en plein dérapage incontrôlé…

C’est un "incident regrettable", a vivement déploré Christian Duval, le directeur très embarrassé par les errements de l’un des membres de son équipe éducative, d’autant plus que l’infortunée jeune fille, brutalement empoignée en épouvantail de la République, pouvait doublement s’enorgueillir d’être entrée dans les annales de l’établissement de renom. Première étudiante voilée à s’asseoir sur les bancs de l’IEP d’Aix, celle-ci avait préalablement décroché son précieux visa en réussissant le concours d’entrée dans le cadre du programme « Egalités des chances ».

Il ne faut pas que "sa fierté d’avoir réussi le concours s’en trouve altérée", a insisté Christian Duval, qui prévoit de faire une intervention devant les étudiants de première année et une communication écrite aux autres, à travers lesquelles il rappellera certainement de grands principes inaliénables qu’un professeur a allègrement foulés aux pieds.

De son côté, sous son voile de la pudeur et de l’humilité, arboré en son âme et conscience, la jeune étudiante musulmane tente de dépasser l’effarement des premiers instants, comme elle a su, depuis sa rentrée universitaire, faire abstraction des regards insistants et parfois noirs, dans lesquels elle discerne le sombre reflet des préjugés islamophobes.

"La laïcité, ce sont des limites posées pour le bien vivre ensemble. Ce n'est pas rendre invisible sa religion. C'est un état neutre, un service public neutre, mais le droit d'avoir des convictions. Porter ce voile, c'est aussi ma liberté. Je suis juste là pour faire mes études, je préférerais qu'on me voie juste comme une bonne élève", a-t-elle répondu de la plus belle manière qui soit à son professeur et à tous ceux qui, comme lui, cèdent au délirium aigu de la laïcité dogmatique et agressive.

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