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Salah Hamouri : les mensonges de l’ambassade d’Israël en France

Alors que la mobilisation s’amplifie en France pour appeler à la libération de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, 32 ans, à nouveau victime de l’arbitraire israélien le plus implacable, six ans après vécu l’enfer dans les geôles infâmes de la chimérique « seule démocratie du Proche-Orient », un article paru sur le site Humanité.fr dénonce les mensonges éhontés égrenés dans un courrier adressé, le 30 août dernier, à des députés français par un diplomate israélien, Marc Attali.

Tel Aviv, embarrassé par l’ampleur des manifestations en faveur de Salah Hamouri, contre lequel la fameuse détention administrative, renouvelable à l’infini et sans motif, a été requise pour une durée de six mois par le ministre israélien de la Défense en personne, l’ultra-sioniste Avigdor Liberman, s’acharne à le faire passer pour ce qu’il n’est pas dans une « lettre bourrée de fausses informations et de reprises de faits contredits par la justice française elle-même en son temps. Visiblement la mobilisation pour la libération de Salah Hamouri gêne Tel Aviv, malgré le silence d’Emmanuel Macron et de son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian ».

Si certains en doutaient encore, la grave ingérence d’Israël dans la politique intérieure française vient d’éclater au grand jour, à travers la lettre de l’Ambassade d’Israël en France reçue par le député socialiste de la Loire, Régis Juanico, qui est vainement intervenu auprès du gouvernement français pour obtenir des explications sur le sort de Salah Hamouri.

Sous la plume de Marc Attali, ministre plénipotentiaire de l’Ambassade israélienne, trempée dans l’encre spécieuse de la désinformation, le portrait de Salah Hamouri est forcément noirci, ce dernier mélangeant à dessein « les raisons de son arrestation (« son appartenance à une organisation terroriste illégale », « son rôle de leader au sein de cette organisation » et « sa participation dans le complot destiné à assassiner le rabbin Ovadia Yossef ») le 13 mars 2005, avec la condamnation in fine qui ne concerne que le troisième point et n’a de toute manière aucune valeur puisque Salah Hamouri n’a plaidé coupable que pour éviter une peine de 14 ans de prison ».

L’article précise que « Jean-Claude Lefort, député honoraire et ancien président du comité de soutien à Salah Hamouri, qui a publié une « mise au point au sujet des mensonges » de l’Ambassade d’Israël, rappelle que dans une lettre en date du 31 mars 2011, Alain Juppé, alors ministre des Affaires étrangères, écrivait: « Je déplore que les autorités israéliennes n’aient pas pris de décision de remise de peine, d’autant que les aveux faits à l’audience n’ont été corroborés par aucun élément de preuve. »

Et de poursuivre : « Là encore, Jean-Claude démontre l’entreprise de désinformation de l’Ambassade. « Ces propos de Salah n’existent tout simplement pas et le Ministre serait bien en peine d’apporter la preuve de leur existence! », écrit-il. « Nous le mettons au défi de le faire. Ce qui est exact, par contre, c’est que l’agence Reuters avait publié une dépêche affirmant que Salah avait dit que « le rabbin méritait de mourir ». Mais là encore, il s’agissait d’un faux. Non seulement Salah Hamouri démentait sur-le-champ ces propos mais l’agence Reuters, bandes sonores à l’appui, faisaient aussi un démenti. Mieux encore : la famille de Salah enclenchait un procès contre Reuters. Le tribunal rendit son jugement le 10 juin 2013 dans lequel l’agence admettait son « erreur » et le fait que « Salah Hamouri n’a jamais tenu » les propos incriminés. » C’est dire si les manipulations se situent au coeur même de l’information ».

Pour couronner le tout, Marc Attali, prêt à toutes les énormités pour démontrer la « dangerosité » de Salah Hamouri, a insisté sur le fait qu’il a « été interdit d’accès (par les services de sécurité israéliens, ndlr) à la région de la Judée-Samarie en 2015/2016 ». Pas de chance, la « Judée-Samarie n’existe que dans la Bible. Il s’agit en fait de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé », comme le pointe Pierre Barbancey avec un grand sens de l’à-propos, tandis que Jean-Claude Lefort, beau-père de Salah Hamouri, préfère ironiser : « On notera l’absurdité des propos du Ministre puisqu’au nom de la sécurité d’Israël, Salah Hamouri était interdit d’entrer en… Palestine ! ».

Israël n’est certes pas à un mensonge près, aussi grossier et fallacieux soit-il, surtout quand il est assuré que cela passera comme une lettre à la poste auprès d’une République française qui, gouvernement après gouvernement, ne dit mot… et consent…

Et l’article de conclure en appuyant là où le bât blesse cruellement : « Voilà, selon l’ambassade d’Israël en France, ce qui expliquerait la détention administrative de Salah Hamouri ! Cette Ambassade aurait-elle eu accès à un dossier que même les avocats du Franco-palestinien ne peuvent consulter? Pour Jean-Claude Lefort, « le Ministre invente une raison, assis derrière son bureau de Paris, « Salah Hamouri serait membre du FPLP ». Outre que cette accusation remonte déjà à plus de 10 ans en arrière, on se demande bien pourquoi brutalement elle ressortirait ! Mais surtout, elle est tout simplement fausse ! »

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