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Royaume-Uni : la troisième édition de l’opération “Visitez ma mosquée” a rencontré un vif succès

Pour le Conseil musulman de Grande-Bretagne qui nourrit l’espoir de faire de sa grande opération annuelle « Visitez ma mosquée » une véritable « institution britannique », il n’est pas question de reculer devant la flambée de violences islamophobes qui se propage un peu partout, en se retranchant derrière les portes hermétiquement closes des mosquées.

Conforté par le succès de la troisième édition de cette Journée « portes ouvertes » contre les préjugés ravageurs, qui a vocation à laisser les suspicions et les peurs sclérosantes à l’extérieur, sur le seuil de la porte d’entrée, Harun Khan, son secrétaire général, sait qu’il a eu raison cette année encore de privilégier l’entre-connaissance, de valoriser la connaissance et de miser sur l’intelligence de ses concitoyens non-musulmans.

Face aux grands pourfendeurs de l’islam qui crient à l’obscurantisme de l’autre côté de la Manche, l’association phare des musulmans britanniques a de nouveau opté, dimanche 5 février, pour la transparence totale, la plus cristalline qui soit,  en conviant le plus grand nombre à s’imprégner de la beauté et de la quiétude de ses enceintes sacrées, au nombre de 150, soit près de deux fois plus qu’en 2016.

Devenu incontournable en l’espace de trois petites années, ce grand rendez-vous avec l’islam, sa richesse cultuelle et patrimoniale, et ses hauts dignitaires religieux figure désormais à l’agenda de nombreux hommes politiques et dirigeants d’associations qui se pressent aux portes des mosquées pour la plus grande satisfaction de Shafiq Siddiq, le directeur général du Centre du patrimoine musulman de Grande-Bretagne (CSMB).

« Pour de nombreuses personnes et familles, c’était la première fois qu’elles visitaient une mosquée ou un centre islamique. La plupart d’entre elles étaient visiblement heureuses d’avoir l’opportunité de découvrir nos lieux de culte, estimant qu’une telle initiative contribue à renforcer la cohésion sociale et à exorciser les fantasmes », s’est-il réjoui, en précisant que des ateliers de calligraphie et des expositions mémorielles, dédiées aux soldats musulmans morts pour la Couronne britannique lors de la Première guerre mondiale, ont captivé un très large public, de 7 à 77 ans.

Tranchant avec la rhétorique anxiogène, voire apocalyptique, des médias sous influence, les discours qui ont résonné dans les mosquées du royaume, tout au long d’un dimanche enrichissant et propice au dialogue, ont appelé à l’unisson à la compréhension et au respect mutuels, sur la passerelle de la coexistence harmonieuse et pacifique.

Dans cette droite ligne, Jeremy Corbyn, le leader du Parti travailliste invité à s’exprimer lors du lancement de l’opération à Londres, a fustigé les propos incendiaires de l’un des plus redoutables pyromanes du vivre ensemble que l’Amérique ait connu, Donald Trump, en lançant sur un ton caustique : « se réunir autour d’une tasse de thé est bien plus efficace qu’ériger un mur coulé dans le béton ».

Plusieurs mosquées ont profité d’ouvrir grand leurs portes pour dévoiler au grand jour, non sans fierté, les projets caritatifs et sociaux dans lesquels elles sont pleinement investies depuis des années.

Allant de découverte en découverte, Barbara Warrigton, une visiteuse d’obédience chrétienne, s’est dit fort agréablement surprise non seulement par la qualité de l’accueil qui lui a été réservé, mais aussi par l’après-midi passionnante passée dans le lieu de culte musulman situé à proximité de chez elle, devant lequel elle ne faisait que passer sans jamais s’arrêter.

« Mon mari et moi, nous nous sommes sentis tout de suite à l’aise, l’accueil était chaleureux et instructif. Nous avons appris beaucoup de choses sur l’islam, mais aussi sur les activités culturelles et sociales des mosquées. Je n’imaginais pas qu’elles étaient à l’origine de projets humanitaires et impliquées dans le don de sang, par exemple. C’était très intéressant », a-t-elle confié, le sourire aux lèvres, à l’issue de son immersion fructueuse au sein de la mosquée de Glasgow.

Qui sait, elle n’attendra peut-être pas l’année prochaine pour, cette fois-ci, pousser d’elle-même les portes d’une enceinte sacrée musulmane…

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