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Réflexions sur l’I(i)slam et la politique : instrumentalisation ou servitude volontaire ? (2/2)

L’un des autres lieux-communs qui se rapporte à l’islam en tant que spiritualité et religion, c’est que la notion d’individu lui est totalement étrangère. Souvent perçue comme une masse1 gigantesque et informe, dont seule une autorité forte saurait contraindre par la soumission2. Ce que longtemps nos chancelleries ont approuvé en soutenant des régimes dits « forts »3. D’ailleurs c’est sûr cette obsession démographique, d’invasion4, que voudraient réprimer à coups d’interventions policières, voire militaires5, les tenants du Grand Remplacement6 et « du maintien de l’ordre » axant toute leur politique sur cette peur primaire7.

Or, il faut rappeler les potentialités que l’islam originel en tant que spiritualité avait apportées, aussi bien à l’individu8 face à ses décisions et à son destin, le souci de l’autre et de la société dans laquelle il s’inscrit, dans cette injonction de faire le bien, acte supérieur selon le Coran que de se prosterner en direction de l’Orient ou de l’Occident9. En cela le début de la formule La Ilaha Ila Lah Muhammad Rassul Allah10, du moins le La Ilaha (Il n’y a de Dieu), n’a rien à envier d’une certaine manière au « Ni Dieu ni Maître » des anarchistes. Signifiant que tout pouvoir aux mains de despotes, de tyrans, de dirigeants injustes est à renverser11, du moins à contester12. C’est ce qu’ont fait les manifestants lors des « printemps arabes13 ».

La geste prophétique à l’instar de celle de Jésus14 face aux gardiens du Temple relève de cette même liberté et réaction, celle de la remise en question des coutumes, de l’ordre établi et du pouvoir (ici religieux) sclérosé, voire corrompu, et soumis aux autorités romaines. Printemps arabes et colère de la rue sur revendications de justice sociale, de droits de l’Homme et de la femme, loin des discours religieux à tendance islamiste, voire politique. Même si toute révolution a des soubassements culturels, économiques, sociaux, et politiques. En effet, le prophète Muhammad n’avait eu de cesse de mettre en garde, sur le danger de la fixation15 de ses faits et gestes, et sur cette propension à la bigoterie, à l’obsession de la Loi, de la Lettre plutôt que l’Esprit. N’avait-il pas dit, « évitez de faire comme les Banû-Israël16 » en faisant de la religion l’apanage des rabbins ou des imams ou de toute autre forme d’institution ou de Clergé. Vision plutôt libérale. Jacques Berque rappelait aussi que le Coran ne contenait qu’entre 200 et 500 versets d’ordre normatif selon les exégèses, alors que l’Ancien Testament en compterait 613, et le codex du droit canon romain 241417.

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Voilà aussi pourquoi souvent est associée à l’islam cette idée qu’il est proche du protestantisme, adressé à chaque individu et à sa conscience, voire un certain mysticisme et syncrétisme qui s’est fait avec le contact d’autres religions18. En somme, plutôt à tout un chacun de chercher directement et d’interpréter en une lecture personnelle, et d’être dans une lecture globale fondée sur le Tawhid19 et la Miséricorde20, que littérale et axée sur le haram et le hallal (licite et illicite) voire l’excommunication21.

D’ailleurs le Coran ne dit-il pas, « Nulle contrainte en religion », ce qui permet à chacun selon le libre-arbitre de choisir de croire ou non, la liberté de conscience que l’on retrouve dans nos démocraties et nos sociétés sécularisées. C’est cet esprit qu’il faut retrouver. Ou encore cette idée force du Coran que si Dieu avait voulu il rendrait tout un chacun croyant, ou à l’inverse. Et que la vraie liberté réside là, contrairement aux anges obéissants qui sont privés du libre-arbitre. Voir non pas la spiritualité comme une fin22 en soi, mais comme un cheminement, et la religiosité plutôt comme ce qui lie les uns aux autres au-delà des différences23, avant tout en tant qu’humains ou êtres vivants, à l’instar des animaux, de la Nature et du cosmos. C’était ce regard que portaient les musulmans lorsqu’ils partaient en terre inconnue24. De même que la vision écologique et humaniste de l’islam encore si peu connue25.

Le malentendu quant à la Laïcité dans le monde arabe tient au fait qu’elle a été assimilée à l’éradication de la religiosité ou de la spiritualité. Ce qui n’est pas le cas en réalité, et le désenchantement du monde pour reprendre Marcel Gauchet est venu des sciences et d’une nouvelle conception en Europe26 du monde27. De même, au lendemain des indépendances arabes et africaines, la richesse des courants politiques de tendances marxistes, et autres révolutionnaires, ou encore libéraux et autres progressistes qui remplissaient les articles de journaux, ainsi que certains amphithéâtres d’Universités et hémicycles de parlements durant tout le XIXè et XXème siècle28, ont permis une critique des rapports de force, voire des classes sociales en œuvre dans ces nouvelles nations arabes et africaines.

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Et prouvé la diversité et la vitalité de ce souffle nouveau lié aux indépendances et à l’espoir qu’ils manifestaient depuis la Nahda29, même si cela n’était que quelques cercles d’intellectuels qui seront par la suite écartés. Et ces mouvements politiques parallèles faisaient échos à l’ébullition politique et contre-culturelle30 qui prévalait en France et partout en Europe, voire dans le monde au XIXè et début du XXème siècle, et au lendemain de la seconde guerre mondiale où il était de bon ton de soutenir le combat des Damnés de la terre31. Souvenons-nous des interventions de Jean-Paul Sartre pour l’indépendance de l’Algérie ou de Jean Genet pour la reconnaissance des droits des palestiniens. C’était l’époque où les groupes de résistance32 avaient encore une odeur de romantisme33.

Comme nous l’avons vu plus haut l’islam en tant que religion a été institué non pas comme une boîte à outils politiques, mais comme une spiritualité, une voie34, dans la tradition35 de ce qui a été révélé antérieurement36.

D’ailleurs, pas pour rien que Mohammed Saïd Al-Achmaoui disait, « Dieu a fait de l’islam une religion ; les hommes, quant à eux, ont voulu en faire une politique37 ». La Oumma n’est qu’un concept d’une communauté de croyants dont seul Dieu connaît les membres, via le contenu des poitrines, la piété et la sincérité de leurs actes. Toujours avec cette tension si chère aux sciences politiques entre l’intérêt individuel et commun. En somme l’islam, ou plutôt le Coran et la tradition qui en découle38 parlent en effet de communauté, mais plutôt de communauté de croyants, du juste milieu, de ceux qui font le bien quand bien même ils sont en minorité.

Cependant, cette notion de communautarisme est totalement étrangère, voire inconnue pour une civilisation islamique conquérante qui a intégré des tribus, côtoyé des peuples et des sociétés diverses dès sa genèse. Qui a surtout gouverné en tant que minorité, alors que la majorité de ses sujets n’étaient pas musulmans : juifs, chrétiens, zoroastriens, polythéistes… Le concept de communautarisme ne peut se comprendre que dans un cadre de population minoritaire, à l’instar des ghettos juifs des siècles précédents dans une Europe en proie aux nationalismes. Disons que le terme de communautarisme est un néologisme dont il faudrait interroger l’évolution et la réalité sociologique, voire historique, et l’instrumentalisation politique dont il est assujetti par les uns et les autres de nos jours39. En ce sens, la communauté au sens juif hassidique du terme, n’est une organisation communautaire que dès lors qu’il y a cette peur de perdre son identité, sa foi, et de résister contre l’influence du milieu extérieur40. Et le problème de ghettoïsation qu’avait dénoncé Emmanuel Valls n’est pas un problème religieux, mais plutôt économique et social, voire d’urbanisme et de mixité sociale.

En Islam, au contraire, dès les débuts l’expansion et la conquête allaient caractériser cette civilisation qui se voyait comme porteuse du message coranique qu’il fallait diffuser et transmettre à travers le monde41. Non pas dans ce repli et posture du ressentiment pour reprendre une acception Nietzschéenne. Tout comme dans le judaïsme ou le christianisme, depuis fort longtemps c’est la verticalité et la responsabilité individuelle qui est mis en avant, notamment chacun devant le Créateur dans la perspective de le rencontrer au jour du jugement dernier, quel que soit le contexte social ou politique. Et une dimension certes horizontale, celle de son interaction et de ses responsabilités à l’égard de la société en générale, et de la communauté en particulier, quelle qu’elle soit. L’unicité au sens de Stirner est en tension avec L’Unicité du divin face à l’unicité de chacun, dans la pluralité de la création42, au sens de Levinas et le visage de l’autre43. Pourtant c’est elle qui s’exprimait dans les rues arabes, en tant qu’individus en colère et réclamant leurs droits, déjouant tous les pronostics de nos soi-disant experts et de nos politiciens et médias dépassés44. Ne voyant qu’une Oumma dont le « saint siège » serait à la Mecque ou à Médine, et qui obéirait via les chaînes satellitaires à ses injonctions et autres Fatwa.

Il faut se rappeler que l’Islam en tant que société est né dans un contexte d’organisation tribale, de nomades, de voyageurs et d’individus libres45. Et le grand malentendu se situe là. Tribalisme, décentralisation du pouvoir, et pour faire une analogie avec les Communes ou le fédéralisme prônés par Proudhon46. D’ailleurs, Ibn Khaldun47 dans ses Muqadimat48 (Prolégomènes) donne une analyse critique et historique de la constitution de ces premiers « Etats » au sens moderne, de ces premières dynasties, de ces premiers empires islamiques. Ce n’est pas pour rien que d’aucuns à l’instar d’Yves Lacoste49 ou Bernard Lewis, y voient à partir des concepts et des analyses du penseur surnommé parfois le Condottiere de la politique, les explications et les origines du déclin voire de la domination coloniale et du sous-développement.

Pourtant, des penseurs réformistes tels qu’Ali Abderraziq, Fatima Mernissi50, ou Mohamed Talbi, n’ont eu de cesse de mettre en avant la dimension de l’individu, comme préalable à la prise de conscience de soi et premier pas vers l’émancipation.

Il est incontestable que depuis les indépendances suite à la période coloniale et aux accords de Yalta, il est admis par la majorité des citoyens du monde issus des pays autrefois désignés comme Tiers-Monde référence au Tiers Etat, ont accepté et intégré la notion d’Etat Nation, et le concept de citoyenneté. Fiers de leur drapeau lors des rencontres sportives internationales, et autres manifestations. L’image de soi à travers le cinéma égyptien notamment, et plus récemment maghrébin et africain, donnera aussi une visibilité et perception de soi51. Seuls certains groupes islamistes appelés « salafistes djihadistes52 » rêvent du « retour du Khalifat »53. Et l’apparition des Frères musulmans54 n’est qu’une réaction à ces dirigeants autoritaires et dictatoriaux, souvent présidents à vie et soutenus par les puissances dont ils sont les garants des intérêts55.

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En définitif, les travaux d’islamologues tels que François Burgat56, s’inscrivent dans ce schéma, analysant une rupture fondamentale entre la société civile et les autorités ou les gouvernants de l’ordre étatique ou Etat-Nation, considérés comme des pantins ou ersatz du modèle des puissances extérieures dans une continuité néocoloniale. Quant à Olivier Roy57 il a une analyse plus axée sur l’islamisation de la radicalité dans un contexte d’acculturation. Et Gilles Kepel privilégiant la thèse que le problème viendrait du Coran et des textes scripturaires, tout en feignant de rappeler le soutien de nos dirigeants58 à ces théocraties ou pétromonarchies59.

Nous pouvons dire que ces facteurs économiques et (géo) politiques extérieurs sont un frein à la démocratisation du monde musulman. Bien qu’il ne faille pas perdre de vue qu’il existe encore des sociétés dont les dirigeants sont issus de courants nationalistes, voire laïcs, ou progressistes60. Même si Le retour des populismes61 s’inscrit dans un contexte international particulier62, non pas celui, comme autrefois, de la Guerre froide, mais d’un monde multipolaire63, ce que d’aucuns appellent mondialisation64. Et que les sociétés dites musulmanes traversent un long processus historique65 qui les a aussi bien influencé, voire façonné66, que ne l’ont été les puissances occupantes67.

De plus, les printemps arabes ont été un démenti formel à tous ces prétendus experts médiatiques. Comme l’a si bien souligné Emmanuel Todd dans Allah n’y est pour rien !68, les indicateurs démographiques et les indices de développement ont joué un rôle déterminant dans ce qui commence à s’avérer être le soulèvement d’une société civile, et un début de conscience politique.

Cela rappelait aussi bien les révoltes qui ont jalonné l’Histoire. Et comme un écho révolutionnaire dans la lignée de cette poignée de croyants à la Mecque, de l’ordre de Jésus ou de Spartacus, œuvrant pour l’émancipation des dominés, via l’égalité, et aujourd’hui dirions-nous la justice sociale : voulant rompre avec le tribalisme, le clanisme, le népotisme, la corruption, et le lien du sang au profit du lien de ce qui fonde la condition humaine, pour revenir à la nature originelle universelle (Fitra69). Démarche et croyance en un Dieu Eternel Créateur et Réformateur, perpétuel mouvement fidèle à la pensée Bergsonienne70. Les réformateurs de la Nahda71 l’avaient bien saisi, et avaient su le mettre en exergue, en repensant l’islam72. A l’instar de Fatima Mernissi qui a eu le mérite de revisiter le corpus, en y introduisant une interprétation féminine73 du Coran et du récit hagiographique (Sira), totalement occultée par la tradition patriarcale des Ulémas, ou encore de préciser que le Coran n’a donné aucune directive concernant le système politique74 pour diriger les sociétés musulmanes. Hormis qu’il doit être aux mains de gens compétents et dignes de confiance, laissant comme nous l’avons expliqué plus haut libre cours au choix du régime politique.

Enfin pour conclure, par rapport au problème de l’islamisme ou « islam politique », de l’émergence des populismes et autres questions identitaires dans les pays arabes, Moulay Icham75, apporte peut-être une solution. Lors d’une conférence au Collège de France, sur la question des printemps arabes et de la démocratisation, voire de la sécularisation, du droit des femmes, et d’une réforme de la charia afin de l’adapter aux exigences des sociétés modernes, il propose une troisième voie. Alternative, qui est appuyée sur le modèle du pacte républicain comme ce qui avait été fait en Angleterre avec la monarchie parlementaire ou en Espagne après Franco. Ou en Tunisie au lendemain du printemps arabe, ou encore lors de l’après Apartheid en Afrique du Sud avec Mandela. Accepter et banaliser l’opposition islamiste dans les parlements comme cela a été fait en Tunisie, au Maroc76. Il faut toutefois nuancer le tableau, en effet les modèles iraniens et turques77 sont pris dans cette tendance générale à l’autoritarisme et au nationalisme suite aux attaques extérieures et aux mécontentements intérieurs78.

Analyses et perspectives de recherches très intéressantes et plutôt logiques aux vues de l’Histoire et de la démocratisation suite à la disparition des anciennes monarchies européennes, et en dépit de la vision des néoconservateurs américains qui ont basé leur politique sur la théorie du Choc des civilisations ou du Grand Moyen Orient qu’ils veulent façonner comme l’avaient fait leurs prédécesseurs avec les accords Sykes-Picot. Et l’imposition aux « régimes amis arabes » de contracter des dettes (FMI, FED), et d’appliquer des économies de rente79, et prioritairement celles-ci, réduisant ainsi toutes possibilités de changements et de réformes à des questions purement religieuses, faisant l’impasse sur l’Histoire et les facteurs sociaux économiques, et surtout politiques en œuvre, souvent pour des raisons idéologiques et utilitaristes. En définitive, le blocage comme le rappelle Georges Corm tient aussi bien à des facteurs internes qu’externes, favorisant une situation de chaos80.

De plus, peut-être et ce aussi bien pour la critique de tous régimes théocratiques actuels que l’influence des puissances qui les soutiennent, le cœur du problème tient à ce que rappelle Abdou Filali-Ansary81 de manière pertinente et judicieuse, et qui peut s’appliquer aussi bien aux raïs ou présidents actuels « arabes élus à vie » : « L’amalgame initial a finalement constitué un tournant aux conséquences les plus graves qui soient. Il a donné le départ à une immense dérive historique. On en est arrivé même, au terme de ce processus, à traiter le Califat au même titre qu’un article de la foi. Le résultat, c’est l’émergence d’un pouvoir à caractère temporel « séculier » ou a-religieux qui s’identifie à la religion, qui impose un usage particulier de la religion et, en fait, s’en empare et en bloque le développement. Ce système s’emploie naturellement à barrer la route à toute entreprise qui pourrait le priver d’un support aussi formidable. Il mettra tout en œuvre pour entraver la connaissance de l’histoire et des choses de la politique en général, et cherchera à maintenir l’imposture et à entraver toute évolution, tout développement de l’expérience communautaire et politique des musulmans. »

En ces temps de crises politiques et sociales où même en Occident les manifestations sont réprimées dans la plus grande violence, et où les plus démunis sont assignés à des questions identitaires82, il est plus qu’urgent de donner l’exemple au lieu de se positionner en donneurs de leçons. L’hyper-présidentialisme83 dont les gouvernements Macron84, Trump85, Poutine86, Netanyahu87 se prévalent n’a rien à envier aux régimes autoritaires des pays en voie de développement en général. Quelle crédibilité dès lors donner aux revendications démocratiques, au droit de manifester, de justice sociale, de reconnaissance de la citoyenneté à tous les citoyens, lorsqu’on oppose systématiquement l’insécurité, l’incivilité, le soi-disant manque d’intégration, le communautarisme, le terrorisme, et l’incompatibilité de l’islam et des valeurs républicaines88, et ce que d’aucuns appellent les Territoires Perdus de la République ? Même technique politicienne qui avait qualifié le mouvement des gilets jaunes comme proche de l’extrême droite, puis infiltré par des partisans de l’extrême gauche, jusqu’à y voir des façons d’agir d’émeutiers proches de celles qu’opèrent les Frères musulmans en Egypte89 ! Dès lors comment ne pas comprendre le scepticisme des citoyens en général, et de ces jeunes citoyens en particulier, lorsqu’on leur parle de démocratie, de liberté, d’égalité, et de fraternité ? Et ce, encore récemment avec le contrôle systématique via les drones, et la condamnation de citoyens qui ont osé cette formule de « Macronavirus » pour exprimer leur colère face aux promesses politiques non tenues quant à la gestion hasardeuse de la pandémie90, et la dérive sécuritaire, voire autoritaire91 dans laquelle se dirigent nos pays.

Dernier point, et pas des moindres, comment renverser la vapeur à l’heure de la société de consommation92, de la culture de masse93, lorsque les intellectuels94 ayant une vision globale sont remplacés par des pseudos experts95, face au travestissement du langage comme pouvoir symbolique96, et que le seul modèle mis en valeur et en avant est celui de l’Argent ? Comment en arriver à une révolution culturelle et politique au sens gramscien, via la multiplicité d’intellectuels organiques et non plus professionnels ou thuriféraires au service des puissants ? Il suffit de voir la crise de nos universités97 et la réalité de la liberté d’expression, de notre presse98 et de nos médias99 soumis à l’autorité politico-financière. Comme le pensait le penseur Malek Bennabi sur la notion d’idées mortes100, il ne faudrait pas qu’à force de les considérer comme acquises la démocratie et la liberté, à l’instar de l’amour101 en viennent à s’éteindre jusqu’à perdre leur sens. Car tout comme l’islam originel, le prophète Muhammad avait dit, « l’islam était étranger, et il sera étranger ». Il ne tient qu’à nous de comprendre la première révélation et l’importance de ces versets ou le savoir est souvent délégué aux autres, comme si chacun de nous n’était pas responsable. Premier acte politique, réintroduire le savoir, la lecture, l’écriture, le débat102, comme le rappellent ces premiers versets révélés Lis au nom de ton Seigneur qui a créé’ 103 ou celui appelant constamment à l’intelligence humaine, Ô gens doués de cerveau !… afin d’acquérir les connaissances pour ensuite critiquer, revendiquer, proposer, innover, militer, agir, résister en citoyens libres. Et que tout est à inventer, voire à réinventer au-delà de nos différences, de nos cultures, de nos héritages104, de nos consciences philosophiques, religieuses et politiques, de nos identités, pour ne pas oublier que nous sommes embarqués dans la même aventure105 et que le monde dont nous sommes dépositaires (Amana) est celui qu’on lèguera à nos enfants et aux futures générations. Peut-être est-il temps de sortir « de la première identification », pour utiliser une acception psychanalytique106, celle de l’enfant à son père (ou concept de Bir Al Walidine 107), ou du citoyen soumis à son président ou monarque. En somme, en finir avec l’infantilisation108 et sortir de cette servitude volontaire comme de la caverne de Platon.

Amine Ajar.

1 Elias Canetti, Masse et puissance, éd. Gallimard.

2 Islam que d’aucuns traduisent systématiquement par soumission, alors que Jérusalem a la même étymologie que le mot islam, forme trilitaire de SLM soit Shalom, soit Paix. Mais bien entendu, on ne donnera que ce sens parcellaire et connoté.

3 Pierre Vermeren, Déni Français, éd. Albin Michel.

4 Amine Ajar, Zemmour, un énième livre pour rien ou pour le pire ?, In Oumma.com, le 14 Janvier 2017.

5 Rappelons-nous de Zemmour qui annonçait les interventions militaires en banlieue sous le terme d’opération Ronces.

6 Amine Ajar, D’un populisme à l’autre ou phénomène des vases communicants ?, in Oumma.com, le 07 juillet 2017.

7 Nous retrouvons cette phobie, et ces allusions même dans le cinéma, comme avec le film World War Z. Rappelons-nous de cette scène lorsque à Jérusalem, Gerry rencontre le chef du Mossad, Jurgen Warmbrunn, qui explique que des mois auparavant, le Mossad avait intercepté un message militaire indien prétendant que 3 troupes indiennes combattaient les « rakshasa », ou « esprits morts ». Israël avait alors mis Jérusalem en quarantaine, érigeant d’immenses murs autour d’elle. Alors que Jurgen montre à Gerry comment Israël permet aux survivants de se réfugier dans la ville, les chants festifs des réfugiés incitent les zombies à escalader les murs et à attaquer la foule. Jurgen ordonne à des soldats israéliens d’escorter Gerry jusqu’à son avion.

8 Mahmoud Hussein, Versant de sud de la liberté, Essai sur l’émergence de l’individu dans le tiers monde, éd. La Découverte.

9 Critique de la bigoterie, et de la pratique cultuelle faite de façon mécanique et perdant tout le sens de la spiritualité et du souci de son prochain. Car comme le dit le hadith, Nul ne deviendra croyant, tant qu’il n’aimera pour son prochain ce qu’il aime pour lui-même.

10 Il n’y a de divinité qu’Allah et Muhammad est son prophète (signifiant la reconnaissance de tous les prophètes antérieurs)

11 Bien entendu, contraire à une autre tradition d’Ulémas (savants et théologiens) qui recommandent de suivre le gouverneur même s’il est injuste dans le souci de maintenir la cohésion de la « communauté des croyants » dans cette crainte de tomber dans la Fitna ou chaos. Lire à ce propos Gilles Kepel, Fitna, Guerre au cœur de l’islam, éd. Folio, Actuel.

12 Le Kharidjites, sont ceux qui sont sortis de la confrontation entre ce qui constituera les sunnites et chiites, souvent perçus comme des dissidents. Selon al-Shahrastani, un khariji est toute personne qui se révolte contre le dirigeant autour duquel sont réunis les musulmans. Les khawarij sont ainsi considérés comme des dissidents. Le kharijisme est l’une des toutes premières factions apparues en Islam. Cependant, Les kharijites se divisèrent, par la suite, en une multitude de groupes (près d’une vingtaine). Les ibadites, pacifistes, firent sécession durant son règne en lui reprochant son comportement belliqueux, refusèrent de partir en guerre et restèrent à Bassora. Ils ne cautionnèrent donc pas l’escalade de violence faisant suite à leur départ.

13 Luiz Martinez, L’Afrique du Nord après les révoltes arabes, éd. Sciences Po.

14 Reza Aslan, Le Zélote, éd. Folio.

15 N’oublions pas que du vivant du prophète Muhammad (saws), le Coran n’était pas encore fixé tel que nous le connaissons aujourd’hui, mais transmis oralement. De même que la tradition des dires et gestes du prophète mis par écrits plusieurs siècles plus tard selon une typologie des asnad (chaînes selon le degré d’authenticité, Da3if /Sahih).

16 Meir M. Bar Asher, Les juifs dans le Coran, éd. Albin Michel.

17 Jacques Berque, Relire le Coran, éd. Albin Michel.

18 Bernard Heyberger, Rémi Madinier (collectifs), L’islam des marges, Missions chrétiennes et espaces périphériques du monde musulman, XVIè-XXème siècles, éd. Karthala, Coll. Terres et gens d’islam, 06 juillet 2011.

19 Tawhid, qui signifie unicité de Dieu. Cf Jacques Berque, Le Coran, essai de traduction, éd. Albin Michel, notamment le chapitre Relire le Coran en introduction.

20 Reza Aslan, Le Miséricordieux, Les origines, l’évolution, et le futur de l’islam, éd. Arènes.

21 Adrien Candiard, Comprendre l’islam, ou plutôt pourquoi on n’y comprend rien, éd. Champs/Flammarion. Lire aussi Roshdi Alili, Comprendre l’islam, éd. La Découverte. Notamment le chapitre sur les Takfiri.

22 Mohammed Arkoun, ABC de l’islam, Pour sortir des clôtures dogmatiques, éd. Grancher.

23 Roshdi Alili, Qu’est-ce que l’islam ?, éd. La Découverte.

24 Auteurs collectifs, Ibn Fadla, Ibn Jubayr, Ibn Battûta, et un auteur anonyme, éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade. André Miquel, La géographie humaine du monde musulman jusqu’au milieu du XIème siècle, éd. EHESS, coll. Civilisations et sociétés.

25 Maurice Gloton, L’écologie ou l’harmonie universelle, éd. Al-Bouraq.

26 Georges Corm, Orient-Occident, la fracture imaginaire, éd. La Découverte.

27 Même si Moustafa Safouan rappelle que les hommes d’églises tels que Copernic, Kepler, Newton, avaient tous étudié voire davantage réfléchi dans le domaine de la théologie.

28 Georges Corm. Ibid.

29 George Corm, Pensée et politique dans le monde arabe, Contextes historiques et problématiques, XIXè-XXIè siècle, éd. La Découverte.

30 Sous la dir. Christophe Bourseiller & Olivier Penot Lacassagne, Contre-cultures !, éd. CNRS.

31 Franz Fanon, Ecrits sur l’aliénation et la liberté, éd. La Découverte. Albert Memmi, Portrait du colonisateur ; et aussi, Portrait du colonisé, éd. Folio.

32 Saïd Bouamama, Figures de la révolution africaine, de Keniatta à Sankara, éd. La Découverte. Pierre Kalfon, Che Ernesto Guevara, une légende du siècle, éd. Points. Alain Gresh, De quoi la Palestine est-elle le nom ?, éd. Les Liens Qui Libèrent. Cf, Arafat le héros de la cause palestinienne, éd. Le Monde//HISTOIRE, 01 Avril 2015.

33 Christine Peltre, Dictionnaire culturel de l’Orientalisme, éd. HAZAN, coll. Bibliothèque Hazan. Lire aussi Jack Goody, Le vol de l’Histoire, Comment l’Europe a imposé le récit de son passé au reste du monde, éd. Folio, Histoire. Ou encore Jerry Brotton, Bazar Renaissance, éd. Comment l’Orient et l’Islam ont influencé l’Occident, éd. Les Liens qui Libèrent.

34 La Charia comme la voie de la Justice sociale fondée sur la tradition prophétique et coranique. Cf, Baudouin Dupret, La charia, Des sources à la pratique, un concept pluriel, éd. La Découverte.

35 Sunna, souvent associée à la tradition prophétique.

36 Antoine Schwarz, L’unité cachée, judaïsme, christianisme, islam, éd. François Bourin. Préface d’Odon Vallet.

37 Mohammed Al-Achmaoui, Al-Islam As-siyasi (L’islam politique), Le Caire, 1987, in Abdou Filaly-Ansary, Islam et laïcité, à propos de malentendus tenaces, éd. Fennec.

38 Hadiths, Sira ou biographie apologétique du prophète, et tout le travail des grandes écoles de droit. Lire à ce propos, Jean-Paul Charnay, L’esprit du droit musulman, éd. Dalloz.

39 Fabrice Dhume-Sonzogni, Communautarisme, enquête sur une chimère du nationalisme français, éd. Demopolis. Préface, Eric fassin. Lire aussi Pierre Tevanian, La mécanique raciste, éd. La Découverte. Préface Saïd Bouamama.

40 Michel Sibony, De l’identité à l’existence, éd. Odile Jacob.

41 Robert Mantran, L’expansion musulmane, VIIè-XIème siècle, éd. PUF.

42 Muhsin Mahdi, La fondation de la philosophie politique en islam, la cité vertueuse d’Alfarabi, éd. Champs/Flammarion.

43 Emmanuel Lévinas, Le temps et l’autre, éd. PUF. Ou encore, Humanisme de l’autre homme, éd. Poche. Lire aussi, Robert Legros, Lévinas une philosophie de l’altérité, éd. Ellipse.

44 Tahar Ben Jelloun, L’étincelle, Révoltes dans les pays arabes, éd. Gallimard.

45 Stephane Yerasimos, Voyages, Ibn Battuta, éd. La Découverte, Tome 1, 2 & 3.

46 Daniel Guérin, L’anarchisme, éd. Folio, Essais. Ou encore Jean Préposiet, Histoire de l’anarchisme, éd. Tallandier, coll. Pluriel.

47 Ibn Khaldun, prodigieux personnage du XIVème siècle musulman, louant les services de premier ministre tour à tour à Cordoue, à Tlemcen, à Bougie, à Tunis, poète raffiné, lettré, musicien, logicien, rationaliste et mystique et, enfin, auteur du premier grand livre de « sociologie », consciemment voulu comme tel, des temps modernes.

48 Gabriel Martinez-Gros, Ibn Khaldûn et les sept vies de l’Islam, éd. Sindbad, Actes Sud ; ou encore du même auteur, Brève histoire des empires, Comment ils surgissent et comment ils s’effondrent, éd. Points, Histoire.

49 Yves Lacoste, Ibn Khaldûn : naissance de l’Histoire, passé du tiers-monde, éd. La Découverte.

50 Fatima Mernissi, Islam et démocratie, éd. Albin Michel. Mohamed Talbi, Plaidoyer pour un islam moderne, éd. L’aube, essai.

51 Dominique Marchetti, La circulation culturelle des productions culturelles : Cinémas, informations et émissions télévisées dans les mondes arabes et musulmans, éd. Centre Jacques Berque. Voir aussi Sous la dir. de Ahmed Bedjaoui & Michel Serceau, Les cinémas arabes et la littérature, éd. L’Harmattan.

52 M. Jarman, Les salafites, de Muhammad Ibn Abd al-Wahhâb à Nasir ad-Dïn al-Albâni, éd. Conseil Islamique de France (DOM TOM)

53 Notion de Khalifat que nous avions critiqué plus haut.

54 Gilles Kepel, Le prophète et pharaon, éd. Folio, Histoire.

55 Saïd Bouamama, « Planter du blanc », Chroniques du (néo)colonialisme français, éd. Syllepse.

56 François Burgat, L’islamisme en face, éd. La Découverte ; ou encore, Comprendre l’islam politique, Une trajectoire de recherche sur l’altérité islamiste, 1973-2016, éd. La Découverte.

57 Olivier Roy, La sainte ignorance, le temps de la religion sans culture, éd. Seuil.

58 Le rôle de Sarkozy dans le désastre de la Libye, de Fabius en Syrie, et de Hollande pour la guerre du Yémen en remettant la légion d’honneur au prince Salmane lors de la journée de la femme, pour avoir fait des ventes d’armements Dassault. Personne n’a oublié.

59 Le Monde diplomatique, Les monarchies mirages, De l’Arabie Saoudite aux Emirats, Manière de vir, N°147, juin-juillet 2016.

60 François Reynaert, La grande histoire du monde arabe, éd. Poche.

61 Bertrand Badie & Dominique Vidal, Le retour des populismes, éd. La Découverte.

62 Sous la dir. de Bertrand Badie & Dominique Vidal, Nouvelles guerres, Comprendre les conflits du XXIème siècle, éd. La Découverte.

63 Sous la dir. de Bertrand Badie & Dominique Vidal, Qui gouverne le monde ?, éd. La Découverte.

64 Sous la dir. de Cynthia Ghorra-Gobin, Dictionnaire critique de la mondialisation, éd. Armand colin.

65 Henry Laurens, John Tolan, Gilles Veinstein, L’Europe et l’Islam, Quinze siècles d’histoire, éd. Odile Jacob.

66 Sous la dir. de Pierre-Jean Luizard, Le choc colonial et l’islam, Les politiques religieuses des puissances coloniales en terre d’islam, éd. La Découverte.

67 Dino Costantini, Mission civilisatrice, Le rôle de l’histoire coloniale dans la construction de l’identité politique française, éd. La Découverte.

68 Emmanuel Todd, Allah n’y est pour rien, Sur les révolutions arabes et quelques autres, arretsurimages.net

69 Qui a une résonnance avec la fameuse phrase de Jean-Jacques Rousseau, « L’Homme naît bon, c’est la société qui le corrompt. » In Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les Hommes, éd. Champs/Flammarion.

70 Bergson, Les deux sources de la morale et de la religion, éd. Gallimard-Flammarion. Lire aussi, Souleyman Bachir-Diagne, Bergson post-colonial, éd. CNRS, coll. Biblis.

71 Georges Corm, Pensée et politique dans le monde arabe, Contextes historiques et problématiques XIXè-XXIème siècle, éd. La Découverte.

72 Mohammed Iqbal, Reconstruire la pensée religieuse de l’islam, éd. Du Rocher, éd. UNESCO. Lire aussi, Abdelmajid Charfi, La pensée islamique, rupture et fidélité, éd. Albin Michel. Lire aussi Rachid Benzine, Les nouveaux penseurs de l’islam, éd. Albin Michel.

73 Fatima Mernissi, Le prophète et le harem politique, éd. Albin Michel.

74 Fatima Mernissi, Islam et démocratie, éd. Albin Michel.

75 Moulay Icham, sous la dir. Henry Laurens, Culture politique arabe, janvier 2020 11:00 12:30 Séminaire Amphithéâtre Marguerite de Navarre – Marcelin Berthelot, Collège de France.

76 Nasser Suleiman Gabriel, Sociologie politique du Maroc, La raison d’Etat constitutionnelle, éd. L’Harmattan.

77 Bertrand Badie & Dominique Vidal, Le retour des populismes, éd. La Découverte.

78 Ibid Georges Corm, La nouvelle question d’Orient, éd. La Découverte.
Rappelons que la dérive islamiste de l’AKP, parti d’Erdogan, et le durcissement pour raisons sécuritaires, à l’instar de l’Iran dans le cadre du conflit au Yémen, s’inscrit dans le cadre s’une tentative de coup d’Etat et d’attaque américaine d’un avion de ligne tuant le général Qassem Soleimani. Ce qui réactive les réflexes de la guerre froide.

79 Ibid. Georges Corm.

80 Ibid. Georges Corm.

81 Ibid.

82 Lire mon article, Amine Ajar, L’assignation communautaire et identitaire ou la fabrique de l’ennemi interieur ?, in Oumma.com, le 24 octobre 2017.

83 Lire mon article, Amine Ajar, A l’heure de Poutine, Macron, Trumps… de quoi la fugure de l’hyper-président est-elle le nom ?, in Oumma.com, le 31 Août 2018.

84 Juan Branco, Crépuscule, Macron et les olligarchies, enquête vérité, éd. Au Diable Vauvert.

85 Nicole Bacharan, Le monde selon Trump, éd. Tallandier.

86 Hubert Seipel, Poutine, une certaine vision du pouvoir, éd. Des Syrtes.

87 Jean-Pierre Filiu, Main basse sur Israël, Netanyahou ou la fin du rêve sioniste, éd. La Découverte.

88 Jean-Pierre Luizard, L’islam et la République, aux origines du malentendu, éd. Tallendier.

89 BFMTV et certains médias, de même que leur déception de ne pas voir certains jeunes de banlieues venir casser eux aussi lors des manifestations. Lire à ce propos, l’excellent article de Vincent Geisser, Les gilets jaunes et le triptyque « islam, banlieues, immigration » : une machine à produire des fantasmes identitaires, in Migration Société, 2019/1 (N°175), pages 5 à 16.

90 Vincent Lindon, Comment ce pays si riche… in Youtube, Mediapart, 06 mai 2020. https://youtu.be/EdZBZUN2t-4

91 Vanessa Codaccioni, Répression, L’Etat face aux contestations politiques, éd. Textuel.

92 Jean Braudillard, La société de consommation, éd. Folio, essais.

93 Jean-Pierre Rioux & Jean-François Sirinelli, La culture de masse en France, éd. Hachette Littérature.

94 Shlomo Sand, La fin de l’intellectuel français ?, De Zola à Houellebecq, éd. La Découverte. Lire aussi Anne et Marie Rambach, Les nouveaux intellos précaires, éd. Stock. Ou encore, sous la dir. de Mohamed Bernoussi, L’Intellectuel et le pouvoir au XXIème siècle, éd. Université Moulay Ismail, Facultés des Lettres et des sciences Humaines, Meknès, Sciences Etudes et recherches n°24/2008.

95 Laurent Lauduit, Les imposteurs de l’économie, enquête sur ces experts médiatiques au service de la Finance, éd. Don Quichotte.

96 Pierre Bourdieu, Langage et pouvoir symbolique, éd. Points, Essais.

97 Noam Chomski, Réflexions sur l’université, éd. Raisons d’agir.

98 Sous la dir d’Alain Chastagnol, Les médias sous contrôle judiciaire, éd. PUF. Colloque Presse-Liberté.

99 Erik Neveu, Sociologie du journalisme, éd. La Découverte. Serge Halimi, Les nouveaux chiens de garde, éd. Raisons d’agir.

100 Malek Bennabi, Le problème des idées dans le monde musulman, éd. Albouraq.

101 Amine Ajar, Le paradigme de l’Amour comme dévoilement, in Oumma.com, le 09 Août 2019.

102 Tradition du Qalam chez les musulmans ou de la Disputatio chez les chrétiens qui a permis l’éclosion des idées et des débats jusqu’à l’émergence de courants de pensées, voire la Renaissance.

103 Iqra Bismi Rabika Ladi Khalaq/ Khalaqa al-insana min ‘Alaq / Iqra wa rabika al Akram / Aladi ‘alama bi al qalam / ‘Alama al insana ma lam ya’lam. (Lis au nom de ton Seigneur qui a créé / Qui a créé l’Homme d’une adhérence (Fœtus) / Lis et ton Seigneur le très Généreux / Lui a enseigné l’usage de la plume / A enseigné à l’Homme ce qu’il ne savait pas).

104 Sigrid Hunke, Le soleil d’Allah brille sur l’Occident, éd. Albin Michel.

105 Claude Lorius & Laurrent Carpentier, Voyage dans l’Anthropocène, cette nouvelle ère dont nous sommes les héros, éd. Babel.

106 Amine Ajar, La psychanalyse à l’usage des musulmans, in Oumma.com, le 21 août 2019.

107 Bir Al Walidine, qui est un concept louable du respect envers ses parents mais qui est parfois utilisé par ces derniers comme chantage affectif, à la façon de pervers narcissique. Même processus quant à l’appartenance au groupe, à la communauté, à la société, à la Nation. Oser penser différemment où dire la vérité relève d’un blasphème envers l’autorité du père, ou de l’Etat, ou autre.

108 Alice Miller, C’est pour ton bien, Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant, éd. Champs/Flammarion.

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