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Quel retrait de l’Irak ?

Dans le mois qui suivit son installation comme 44ème POTUS, dès le 27 février 2009, Barak Houssein Obama a annoncé qu’il mettrait fin en 2010 à la mission “Liberté pour l’Irak” entreprise par son prédécesseur. Le contingent des soldats étasuniens est passé de 144 000 en janvier 2009 à 50 000 en août 2010 puis à 39 000 actuellement. Fin août 2010, date butoir fixée par Obama comme étant celle de la fin de la présence des troupes « combattantes », le matériel dont disposaient encore les troupes résiduelles qui si elles ne portaient plus le titre de combattantes n’en étaient pas moins présentes et équipées se composait encore de 3,4 millions de pièces.

Matériel et troupes ont été acheminés par le Koweilt et très partiellement par la Jordanie et la Turquie, essentiellement versés pour renforcer la présence militaire en Afghanistan. Il s’agit là de la plus grande opération menée depuis l’opération Nickel dirigée par le général Patton lors de la deuxième guerre mondiale. En 2009, l‘armée d’occupation disposait de 357 bases en Irak. En 2010, elle n’en occupe plus que 92 dont une vingtaine de l’envergure d’une ville de moyenne importance. Quel sera leur devenir ? Elles constituent à peu près la seule œuvre érigée par l’occupant avec les quelques prisons construites pour contenir les débordements commis à Abou Ghraib.

L’armée irakienne serait forte de 600 000 hommes (l’équivalent de 1 200 000 soldats pour la France qui dispose d’un effectif de 300 000) ! Le général Loyd Austin, commandant US en chef des troupes en Irak affirme que les Irakiens ne sont pas capables de défendre pour l’heure leur espace aérien ni leurs frontières terrestres. Les seules agressions militaires essuyées par l’Irak depuis plusieurs centaines d’années furent celles des entreprises coloniales, des Britanniques d’abord puis des Anglo-américains depuis 1991 sous couvert de coalitions plus ou moins mondialisées ! Par ailleurs, l’extrême proximité des bases étasuniennes au Bahrein (5000 soldats) et du Qatar (7500 soldats avec un centre de commandement aérien d’importance) est une dissuasion majeure permanente.

Panetta, devenu Secrétaire d’État à la Défense en ayant cédé son poste de chef de la CIA à l’ancien commandant des forces de l’Otan Petraeus, déclare ignorer le nombre optimal de soldats étasuniens qu’il faudra laisser en Irak pour assurer une mission d’assistance technique et d’entraînement.

Rien n’est dit du devenir des sociétés militaires privées engagées en nombre par le Pentagone, personnel numériquement aussi abondant que les soldats fédéraux. En novembre 2010, les effectifs des milices privées en Irak étaient de 95 461 contre 95 900 soldats réguliers. Cette privatisation de la guerre est colinéaire avec l’idéologie du désengagement de l’État de ses fonctions régaliennes et va de pair avec la rétribution des sociétés pourvoyeuses de donations électorales.

Peut-être même est-elle un des puissants cofacteurs qui ont renforcé les axes des mensonges qui ont mené à l’invasion de mars 2003. L’un des cofacteurs a pour nom Dick Chesnay, grand voleur de Bagdad, ancien PDG d’Halliburton puis accessoirement vice-président des US(a).* D’autant que des groupes paramilitaires autochtones, confessionnels ou non, se sont constitués, parfois sous l’égide de l’occupant comme les Escadrons de la Mort dirigés depuis le ministère de l’Intérieur par Bayan Chaber.

Maliki a refusé d’accorder un statut diplomatique aux soldats qui resteraient en station dans l’ immense ambassade de la zone verte. La population est plus qu’excédée de l’impunité des crimes, viols, rapts, meurtres de ces hommes dressés pour tuer souvent sous l’empire de drogues.

Soit, a été déclarée terminée l’opération Liberté irakienne et remplacée par « Aube nouvelle » mais à quoi peut se mesurer le bienfait de l’intervention impériale ? À la surmortalité de la population irakienne évaluée à près de 1,5 millions,Aux deu excédant le nombre de morts violentes enregistrées aux morgues qu’on a vues souvent débordées (160 000), et incluant les morts indirectes par manque d’accès aux infrastructures élémentaires et aux soins ? Aux deux millions d’exilés à l’extérieur, encombrant la Syrie, la Jordanie et pas l’Europe car personne n’en veut, et aux trois millions de déplacés à l’intérieur qui sont venus grossir démesurément les bidonvilles en périphérie des villes ? L’Irak est le seul pays au monde à avoir vu en un temps record une telle inflation de ses bidonvilles. À son taux de scolarisation, chutant de 98% à 50% ? … À cela.

Mais surtout à la Constitution rédigée à Washington et New York par des officines privées et choisie par un peuple sous occupation avec des urnes transportées par l’armée d’occupation qui a eu le mérite essentiel de morceler le pays, de le tribaliser. Elle répond au projet néo-conservateur et sioniste de fragmentation du Moyen Orient. Qu’importe le coût de cette riposte au terrorisme d’une nébuleuse de moins de mille hommes ?

D’abord 3000 milliards de dollars, pour un État endetté qui emprunte en ce moment 48 centimes pour chaque dollar dépensé. Des milliers de recrues amputés invalides et tous ceux qui reviennent de cette guerre contre des civils pourvus à vie d’un syndrome difficile à cerner et qualifié faute de mieux de post-traumatique, car le trauma ce sont eux qui l’ont infligé.

Ensuite, la disqualification définitive aux yeux des populations arabes de cette arrogante démocratie yankee. Vil prix pour suprématie militaire d’Israêl dans la région. Sauf qu’il a suffi de quelques centaines d’hommes résolus du Hisbollah en 2006 pour la défaire. Et qu’un certain printemps arabe né dans la glaciation d’un hiver qu’on eût cru éternel a libéré 80 millions d’Égyptien de leur Pharaon au service du sionisme.

Il y a tout de même des vainqueurs immédiats à cette longue mise à l’agonie de l’Irak.L’Iran tout voisin se retrouve objectivement en position d’arbitre de la déconfiture coloniale US. La Chine, grosse des dollars qu’elle remet de moins en moins à ses acheteurs US en bons de Trésor, dispose de l’assise financière pour investir dans l’infrastructure de nouveaux champs pétroliers et s’assurer de ressources énergétiques à moyen terme sans être préoccupée des taux de rentabilité exigée par les actionnaires de BP, Exxon Mobil et autres majors.

Saddam Houssein comme Mouammar Kadhafi ont été éliminés et leurs dépouilles odieusement exhibées aux alentours de l’Aid de l’Adha pour les musulmans.Cette fête, majeure dans la pratique de l’Islam, lue par certains comme celle du ‘mouton’ célèbre le NON sacrifice du fils d’Abraham. De tous les récits bibliques, l’Islam a prélevé comme le plus éminent cet épisode où sont mises en scène la renonciation aux sacrifices humains et l’interdiction au Père de tuer son Fils. Car plus que le mythe d’Œdipe, c’est l’inversion de celui de Chronos dévorant ses enfants qui fonde l’humanité. La civilisation de l’occupant trouve à s’illustrer ici par ces sacrifices emblématiques.

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