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Québec : la communauté de Chelsea soutient une institutrice musulmane renvoyée à cause de son hijab

Abasourdis et consternés, des parents d’élèves et leurs enfants scolarisés dans une école primaire située à Chelsea, au Québec, sont sous le choc d’une nouvelle à l’effet coup de massue… 

Une mauvaise nouvelle qui, jusqu’à ce vendredi 3 décembre 2021, leur paraissait inconcevable dans la région de l’Outaouais où ils résident, à proximité d’Ottawa, et dont ils ont été avisés par un courriel lapidaire et sans appel : l’éviction soudaine d’une institutrice, particulièrement appréciée des écoliers, en raison de son hijab.

Mise brutalement à l’index pour le couvre-chef qu’elle porte, sans considération aucune pour le halo lumineux qui se dégage de sa personne et se diffusait dans sa salle de classe, enchantant petits et grands, cette enseignante a payé le prix fort pour avoir arboré un voile désormais honni dans la Belle Province. 

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Un voile que le législateur québécois, sans doute inspiré par ses liens de cousinage avec la France et son sectarisme laïc, a frappé d’interdiction dans le secteur public. Proclamant à la fois l’avènement de la laïcité et du nationalisme du Québec francophone, la fameuse loi 21 sur le port des signes religieux, inexportable dans les provinces anglophones du Canada, fut adoptée par l’Assemblée nationale du Québec, le 16 juin 2019, dans la douleur… 

Décriée pour son caractère liberticide par nombre de Québécois indignés, dans et en dehors de l’hémicycle, son application pure et dure par la direction de l’école primaire de Chelsea, sans la moindre tentative de conciliation, provoque aujourd’hui une levée de boucliers à l’échelle locale, troublant la quiétude de cette bourgade paisible de près de 7 000 âmes.

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Outre les parents et les petits écoliers, musulmans et non musulmans, qui se disent unanimement scandalisés par le renvoi injuste de l’institutrice voilée, c’est toute la communauté de Chelsea qui fait bloc à présent derrière elle. Vent debout contre l’attitude inflexible de l’école, les habitants du chef-lieu du comté des Collines-de-l’Outaouais lui témoignent leur indéfectible soutien, à travers des rubans verts qu’ils ont noués sur le grillage qui entoure l’établissement scolaire, et des mots de réconfort qu’ils y ont accrochés.

« C’est vraiment affligeant et choquant, en tant que parents, de voir de quelle manière cette loi 21 entre en vigueur au sein de notre petite petite communauté très soudée, et d’observer l’impact désastreux qu’elle a », se désole Amanda DeGrace, interviewée devant l’école, alors qu’elle était en train de suspendre le message personnel d’encouragement adressé à l’institutrice musulmane. 

Très affectée, cette mère de famille trouve toutefois une raison de se réjouir : cette affaire a resserré comme jamais les liens sociaux. « Nous demandons aux gens de bien vouloir s’exprimer. C’est vraiment très important en tant que communauté que nous aidions à créer le changement et que nous prenions des mesures pour que ce changement se produise», a-t-elle souligné.

De son côté, la Commission scolaire Western Québec, par la voix de Wayne Daly, a confirmé que l’enseignante voilée a bien été suspendue pour avoir contrevenu à la loi 21, tout en rappelant sa « ferme opposition » à ce qui n’était alors qu’un projet de loi embryonnaire, pressentant combien elle serait « contraire à l’éthique et bafouerait les droits fondamentaux de la personne », et au final fissurerait le socle de la cohésion sociale.

Que va-t-il advenir de l’institutrice voilée, passionnée par son métier et aimée de ses petits élèves ? Des écoliers qui sont très tristes à l’idée de ne plus jamais la voir monter sur l’estrade, ne retenant d’elle que sa gentillesse et son plaisir d’enseigner de manière ludique, et non le hijab qui lui couvre la tête.

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La question taraude la petite communauté de Chelsea, mais ce n’est pas la réponse pour le moins énigmatique du rectorat qui sera de nature à rassurer ses habitants : « Elle devrait évoluer vers une autre fonction ». La loi 21 a sévi, la messe est dite…

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