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Quand le père du nouveau président tunisien protégeait Gisèle Halimi des Nazis

Si, en France, l’on ne présente plus Gisèle Halimi, la célèbre avocate, militante féministe et femme politique franco-tunisienne de confession juive, née à La Goulette en Tunisie, en 1927, tout en revanche est à découvrir sur le nouvel homme fort de Carthage, élu triomphalement dimanche : Kaïs Saïed.

Rappelons que Gisèle Halimi milita ardemment pour l’indépendance de son pays, la Tunisie, mais également pour l’Algérie, en ayant dénoncé les crimes de la colonisation et défendu les Militants du Mouvement national algérien poursuivis par la justice française. Auteure prolifique, elle publia 15 livres, dont « Djamila Boupacha » (1962) cosigné avec Simone de Beauvoir.

Sorti grand vainqueur du duel qui l’opposait à Nabil Karoui, le nouveau président tunisien, plébiscité dans les urnes, et particulièrement par une jeunesse en liesse, a accepté vendredi soir de lever un coin du voile sur son jardin secret auprès du quotidien La Presse de Tunisie, à l’issue du débat télévisé du second tour.

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Il est des anecdotes familiales qui en disent plus long que tous les discours… L’expert en droit constitutionnel à la retraite, à qui il incombe la lourde tâche de présider aux destinées de la Tunisie pendant les cinq années à venir, a ainsi révélé que son père, Moncef Saïed, chantre de la tolérance religieuse et de la coexistence harmonieuse au pays du Jasmin, avait bien connu Gisèle Halimi, alors qu’elle n’avait que 15 ans.

En effet, aux heures les plus sombres de l’occupation nazie (du 17 novembre 1942 au 13 mai 1943 en Tunisie), celui-ci fut le bienveillant protecteur de la jeune Gisèle Halimi. Le père de Kaïs Saïed « tenait à accompagner Gisèle Halimi (15 ans à l’époque) au lycée avec sa bicyclette pour la protéger des Nazis », rapporte la Presse de Tunisie.

Précédé par sa réputation de probité, de droiture et de fidélité à ses engagements, Kaïs Saïed a réitéré avec force son indéfectible attachement à la souveraineté de la Palestine, au cours de son allocution solennelle prononcée au soir de sa victoire.

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A travers cette petite histoire personnelle méconnue de tous, celui qui s’apprête à écrire un nouveau chapitre de la grande Histoire de son pays a prouvé, de manière lumineuse, que la défense d’une cause aussi juste et urgente que l’est celle des Palestiniens ne peut en aucun cas être assimilée à de l’antisémitisme.

Né au sein d’une famille d’extraction assez modeste, mais riche intellectuellement – son oncle, le Dr Hicham Saïed, fut le premier chirurgien pédiatre de Tunisie, mondialement connu pour avoir séparé des siamois dans les années 1970 – le nouveau président de la Tunisie a magistralement démontré la perfidie de l’assimilation entre antisionisme et antisémitisme, dont chacun sait qu’elle ne sert qu’à museler toute critique d’Israël et de sa politique d’Apartheid.

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