in

Pologne : une vieille mosquée des Tatars profanée le 1er jour du Ramadan

Le Ramadan venait tout juste de poindre aux premières lueurs de l’aube, quand les musulmans de Kruszyniany, une bourgade paisible de 160 âmes, située dans le nord-est de la Pologne, ont découvert leur si jolie petite mosquée en bois, datant de 1846, et l’une des plus anciennes du pays, souillée par des dessins de tête de porc et des tags islamophobes, qui ont été barbouillés dans l’épaisseur de la nuit par des mains criminelles déterminées à choquer les esprits.

C’est la consternation, mêlée d’incompréhension, qui règne dans ce qui est l’un des derniers villages Tatars de la région de Podlachie, les fidèles, fortement commotionnés, ne s’expliquant pas ce brusque déchaînement de haine à leur encontre, même s’ils ne sont pas sans savoir que des agressions anti-musulmans récurrentes ont troublé la sérénité du vivre-ensemble dans des localités voisines, au cours de la dernière décennie.

Particulièrement outré, Musa Czachorowski, le porte-parole de l’association religieuse musulmane de Pologne (MZR), a condamné avec la plus grande fermeté un « crime de haine » sacrilège et outrageant pour les musulmans de ce hameau, et au-delà pour l’ensemble de la communauté musulmane nationale, blâmant ses auteurs sans foi ni loi qui ont cherché à apeurer et blesser une communauté de foi en pleine période sainte.

"La mosquée en bois de Kruszyniany est chère à nos cœurs car elle est l'héritage de notre communauté, les Tatars, et fait partie du patrimoine de tous les Polonais de toutes obédiences", a écrit ce dernier dans un communiqué de presse, avant de se réjouir des belles marques de sympathie qui ont afflué des quatre coins du pays :  "Nous sommes très reconnaissants pour les belles paroles de soutien qui nous réconfortent dans cette épreuve, mais aussi pour l’indignation unanime soulevée par cet acte islamophobe répugnant. C'est vraiment rassurant de constater que notre indignation est partagée par beaucoup de nos compatriotes de différentes origines et religions", a-t-il poursuivi.

Alors que l’arrivée du mois béni a été assombrie par le racisme primaire dans ce petit coin tranquille de Pologne, où il fait d’habitude bon vivre, les villageois de confession musulmane refusent de se laisser envahir par la peur, et c’est plein d’ardeur qu’ils ont effacé les traces de la malveillance humaine pour reprendre le cours du jeûne purificateur du cœur, avec une ferveur rendue plus intense encore.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le Ramadan, un enjeu commercial pour la grande distribution (vidéo)

Le Ramadan en Chine