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Maroc : le Parti de la Justice et du Développement remporte les élections législatives

13 millions d’électeurs marocains étaient appelés à voter vendredi 25 novembre, afin de désigner les 395 membres du futur Parlement. Même si les 37% de participation du dernier scrutin de 2007 ont été battus, seuls 45% ont répondu à cet appel des urnes venu d’en haut, un appel pressant qui se voulait être la concrétisation de la promesse réformatrice affichée par le roi, sentant le vent du printemps arabe tournoyer et s’engouffrer dans les portes majestueuses du royaume.

Troisième élection depuis l’accession au trône de Mohammed VI , et premier scrutin depuis l’adoption de la nouvelle constitution en juillet, les législatives anticipées, mais hivernales, enregistrent un net engourdissement électoral, lorsque l’on considère le réel engouement populaire suscité par le référendum constitutionnel du 1er juillet, qui avait mobilisé plus de 72% de votants, et fait ressortir un oui massif à plus de 99%.

En pôle position, les islamistes qualifiés de « modérés » du Parti de la Justice et du Développement (le PJD) raflent une majorité de sièges, à la lumière des premiers résultats officiels rendus publics samedi par le ministère de l’Intérieur : sur plus des deux tiers des circonscriptions, le PJD est déjà crédité de 80 sièges.

Conforté dans une nouvelle légitimité, le mouvement d’Abdelilah Benkirane, qui jusqu’alors était cantonné dans le rôle du premier parti d’opposition, a affirmé qu’il serait disposé à négocier avec d’autres formations pour former un gouvernement, notamment avec l’Istiqlal, le parti du Premier ministre actuel Abbas El Fassi, qui a conquis 45 sièges.

Le Rassemblement national des indépendants (RNI) et le Parti authenticité et modernité (PAM), deux formations libérales proches du palais royal, ont respectivement gagné 38 et 33 sièges, mais aucun des deux partis n’envisagent de rejoindre les rangs de la coalition gouvernementale.

Le leader du PJD s’est voulu rassurant dans une interview au Parisien, sur la percée triomphante de son parti, certainement à l’adresse de nos princes du parisianisme qui ont fait de leurs luxueux riads leur résidence secondaire : « personne ne peut remettre en cause les libertés individuelles au Maroc ». « Nous ne sommes pas pour l’instauration d’un régime religieux, pour le Califat, comme certains le laissent entendre. On veut une vraie démocratie et une meilleure vie pour les Marocains » a martelé celui qui pourrait avoir son bâton de maréchal en devenant le prochain chef du gouvernement.

Quid du rôle du roi et de son influence dans la formation d’une majorité et d’un gouvernement ? L’ère démocratique résistera-t-elle à l’ère de l’adoubement, ou inaugurera-t-elle l’ère du changement dans la continuité royale et non moins souveraine ?

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Salah Hamouri à J-1…

“Je suis solidaire avec mes frères marocains opprimés “