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L’imam Chalghoumi est bel et bien vivant

L’imam Chalghoumi est bel et bien vivant même si j’ai cru un moment voir un sosie ; n’ayant pas vu Marek Halter à ses côtés comme d’habitude. Je l’ai vu à la télévision en suivant l’éloge funèbre prononcé par le Président Macron à l’occasion des funérailles du Président tunisien Monsieur Essebsi. Il était là au milieu de l’assistance, l’air contrit, la calotte immaculée et la mine de circonstance. 

Qu’on ne compte pas sur moi pour déroger aux règles les plus élémentaires à observer dans de telles circonstances, d’autant qu’on pleurait le départ d’un grand homme d’état comme seule La Tunisie peut nous en gratifier tous les demi-siècles. La performance dans les pays arabes est tellement rare pour mériter d’être soulignée. 

Je ne dirai donc pas de mal de l’imam Chalghoumi. 

Pas de reproches, pas de lazzis, pas de quolibets !

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A son sujet, je ne parlerai ni d’imposture, ni de béotisme, ni d’ignorance, ni d’opportunisme, ni de solde d’âme au diable, ni de marionnette consciente, ni d’imam de service. 

Qu’il tresse des lauriers à l’armée d’occupation israélienne, c’est son problème.

Je ne dirai rien de méchant parce que dans de telles circonstances, on pleure le défunt, on partage la douleur et la tristesse et on ne dévisage pas son voisin. Et, pour ceux qui y croient, on prie Dieu d’accorder son infinie miséricorde mais on ne Le prend pas à témoin pour dénoncer l’imposture dans le magistère, fut-elle dans l’imamat. 

Donc non, non et non ! 

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Non et encore non ! Je ne participerai pas à la curée. 

Je n’aurais pas demandé à l’unisson des maîtres et des élèves de la Zitouna, qu’on expulsât l’intrus, car il n’y eut point d’intrus. L’imam Chalghoumi est un citoyen tunisien et cet honneur lui donne le droit de rendre hommage au Président de son pays de naissance. Sa présence est surtout la preuve de l’existence d’une démocratie – fut-elle encore fragile – dans l’unique pays arabe, et c’est en hommage à toute cette symbolique, que je me retiendrai de crier à je ne sais quelle manipulation ou diabolique entourloupe.

Je ne dirai rien qui fâche, mais je ne peux réprimer un certain malaise, d’autant que je ne suis pas d’origine tunisienne et qu’on peut toujours me demander de quoi je me mêle. Mais comme j’aime ce pays qui a accueilli plusieurs générations des miens à l’université de la Zitouna et que j’y compte beaucoup d’amis, je ne peux leur faire à tous, l’inimitié de faire semblant. Sans compter qu’il est pénible de se retenir de nommer un chat, un chat. J’ai décidé de me faire violence et d’étouffer ma colère.

Voilà ! c’est dit. 

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Saad Khiari

Cinéaste-auteur

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