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L’hommage posthume du Maroc à un illustre ambassadeur suédois converti à l’islam

Il a quitté la scène de la vie en 2009 au crépuscule de ses 90 ans, après avoir, quelques années auparavant, tiré sa révérence sur la grande scène diplomatique, Mohammed Knut Johan Richard Bernström, un ancien ambassadeur de Suède au Maroc converti à l’islam, a reçu un bel hommage posthume de la part du royaume de l’Atlas, tout au long d’un week-end dédié à sa mémoire.

Héros du documentaire «  Entre deux mondes » consacré à sa trajectoire unique et financé par une de ses ferventes admiratrices, la princesse émiratie Shamsa Bint Hamdan Al Nahyan, qui veut promouvoir son histoire afin de le faire entrer dans la postérité en tant que "pont entre deux mondes qui vivaient dans l’incompréhension", feu Mohammed Knut Johan Richard Bernström est célébré pour avoir œuvré sans relâche à la construction de passerelles entre l’Orient et l’Occident, animé par une extraordinaire ouverture d’esprit qui éclaire aujourd’hui les écrans grâce au réalisateur américain Ovidio Salazar.

Connaissant les antichambres du pouvoir comme sa poche, ce diplomate suédois, globe-trotter dans l’âme, qui fut nommé en  Espagne, en France, en Union soviétique, aux États-Unis, au Brésil, en Colombie et au Venezuela, prit ses fonctions au Maroc en 1976, découvrant, fasciné, une terre et une religion qui marquèrent à jamais son existence, au point d’embrasser l’islam en 1986, après s’être pleinement imprégné de la quintessence du noble Coran dont il avait appris la langue et les versets par cœur.

L’ambassadeur polyglotte qui, toute sa vie durant, fut avide de se familiariser avec de nouveaux idiomes, prit un jour sa plume alerte et inspirée pour traduire le Livre Saint en suédois dans un ouvrage intitulé « Le message du Coran ». Un de ses pairs des chancelleries, qui a eu le privilège de le côtoyer, décrit un "homme d’exception vivant entre deux cultures qui n’a eu de cesse de les marier et d’en extraire le meilleur. Les murs de sa maison étaient ornés de peintures de l'art occidental et marocain en même temps."

S’il est de coutume de dire que « Nul n’est prophète en son pays »,  l’illustre figure de Mohammed Knut Johan Richard Bernström fait mentir ce vieil adage. En effet, loin de le jeter dans les oubliettes de l’histoire, la Suède cite en exemple son défunt ambassadeur en revendiquant fièrement la pérennité de la relation établie avec le monde musulman à travers les siècles et leurs tourments.

Un représentant de l'ambassadeur de Suède à Rabat s’en est fait un vibrant écho :"La Suède et sa relation solide avec le monde musulman remonte à un âge avancé, depuis l'époque du califat et des Vikings. Les musées en Suède conservent des copies de monnaies marocaines depuis l'époque des Etats marocains de Idrisis",a-t-il déclaré, tout en précisant que les récentes nominations de ses concitoyens suédois, Aida Hadzialic au poste de ministre de l'Education nationale et de Mehmet Kaplan à celui de ministre du Logement, sont l’illustration éclatante de ces ponts dressés entre les cultures.

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