in

Une touriste voilée chassée de l’Opéra Bastille en pleine représentation

A l’Opéra de Paris, le 3 octobre dernier, la grande première ne s’est pas passée sur scène mais au premier rang, lorsque des touristes du Golfe sont devenus, malgré eux, les protagonistes d’un rebondissement théâtral inattendu, victimes de l’Acte I de l’exclusion du voile couvrant le visage que La Traviata ne saurait voir…

Les premiers accords de la représentation avaient résonné depuis longtemps, quand une spectatrice pas comme les autres, le visage dissimulé sous un voile clair, a crevé l’écran d’une caméra de contrôle et attiré les regards de choristes, certains menaçant de ne pas chanter si l’intruse n’était pas dévoilée ou chassée illico presto.

Alerté, le directeur adjoint de l'Opéra Bastille, Jean-Philippe Thiellay, confronté à une situation inédite, a vite tranché pour que le « Show must go on », au détriment de l'étrangère, amatrice de grandes voix, à qui un contrôleur a demandé, au cours de l’entracte, de faire tomber son voile ou de partir.

La dramaturgie s’était transposée parmi un parterre trié sur le volet, et bien qu’elle ait pris place dans la salle de spectacle sans encombres et qu’elle n’ait pas troublé le déroulement de l’intrigue du célèbre opéra de Verdi, cette ressortissante du Golfe, devenue soudainement indésirable au cours du deuxième acte d’un opus qui en compte trois, a préféré quitté les lieux avec son époux, respectant une loi qu’on lui brandissait en pleine face.

Le contrôleur "lui a dit qu'il y avait en France une interdiction de cette nature, et lui a demandé soit de découvrir son visage, soit de quitter la salle. Cela a duré peu de temps, ça s'est passé de manière fluide, il n'y a eu aucun incident", a expliqué Jean-Philippe Thiellay, en précisant que cette spectatrice "était venue de bonne foi". On imagine le soulagement de cette inconnue du Golfe, ostracisée et privée de spectacle, quand elle saura qu’elle a toute l’estime du directeur de l’Opéra de Paris !

"Ce n'est jamais très agréable de demander à quelqu'un de sortir d'une salle de spectacle, où en principe on parle d'ouverture et de compréhension. Mais là, il y avait une méconnaissance de la loi, et soit cette dame la respectait, soit elle sortait", a déclaré ce dernier, tandis que le ministère de la Culture concocte déjà une circulaire à l’adresse de tous les théâtres, musées et autres établissements publics placés sous sa tutelle afin que ce « Bas les masques » à la française s’applique partout. S’appliquera-t-il à toutes sans distinction, surtout quand, derrière les voiles, brillent des diadèmes de princesses, rien n’est moins sûr…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le Havre : manifestation pro-palestinienne contre BHL (vidéo)

L’hommage posthume du Maroc à un illustre ambassadeur suédois converti à l’islam