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Le vin, un secteur en plein essor au Maroc

Près de Casablanca, Meknès ou encore Essaouira, des vignes s’étendent à perte de vue sur l’un des plus anciens terroirs du royaume chérifien propice à la production de « vin chaud », laissant entrevoir un relief marocain varié et contrasté, oscillant entre l’incompatibilité entre l’islam et l’alcool, pas si scrupuleusement respectée que l’on pourrait croire, et un secteur viticole qui ne s’est jamais aussi bien porté.

Si le microclimat de l’Atlas favorise la culture de la vigne et la mise en bouteille du nectar qui en découle, et ce depuis 2 500 ans, le climat politique actuel, sans en interdire son développement, est nettement moins favorable, et c’est un euphémisme, à sa consommation par les Marocains eux-mêmes, d’autant plus qu’elle serait en augmentation. Une vive désapprobation qui, sans pour autant vouloir sévir de manière liberticide, comme l’a assuré le chef du gouvernement en personne, est animée par le souci de cultiver la fidélité aux préceptes de l’islam sur une terre qui, au-delà d’être une terre fertile en vignobles, est avant tout une terre musulmane.

Le coup de pouce royal qui a hissé à la tête du gouvernement Abdel-Ilah Benkiran, leader du parti islamiste « Justice et développement », après avoir été plébiscité par les urnes aux législatives de 2011, a eu pour effet d’accentuer les pressions sur la consommation de vin à l’intérieur même des frontières, en augmentant notamment les taxes sur les boissons alcoolisées à partir de 450 dirhams par hectolitres, et ce jusqu’à 500 dirhams. Une mesure qui n’a guère eu la portée dissuasive escomptée, puisque, selon certaines informations, 85% de la production nationale de vin serait bue localement, et certainement sous le manteau.

En dépit de cette ombre au tableau qui n'est pas sans exacerber les tensions sociales, le vin est un segment économique en plein essor au Maroc, qui coule à flots au point de produire plus de 40 millions de bouteilles de vin annuellement. Des résultats qui ont valu au pays d’être classé par des sources de l'industrie comme le deuxième grand producteur vinicole dans le monde arabe, fort de ses 20.000 emplois, selon des chiffres officieux, et de ses 130 millions d'euros générés en 2011 (170 millions de dollars).

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