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Les pays arabes à la rescousse de l’Unesco à la dérive

Les Etats-Unis avaient tempêté du haut de leur suprématie mondiale contre le coup de théâtre de l’Unesco qui, en octobre 2011, décida à l’unanimité de ses membres d’accorder aux Palestiniens un statut d’Etat membre de plein droit.

Un vrai coup de Jarnac pour Washington qui, un an plus tard, a mis ses menaces à exécution : sa substantielle contribution financière, qui représentait 22% du budget de l’Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture, a été gelée, mettant gravement en péril l’avenir de la structure.

Acculée dans une impasse qui n’a jamais été aussi sombre, l’Unesco a commencé 2012 avec un trou de 116 millions d’euros, dans son budget de 505 millions d’euros. Un bien mauvais présage qui a sonné le glas de son rayonnement et de son essor : "Nous sommes confrontés à des circonstances très difficiles. Nous tentons de lever des fonds cette année mais ce n'est pas tenable à long terme. Nous ne fermons pas l'Unesco, mais les Etats membres vont   devoir   repenser l'avenir. L'Unesco va être paralysée." a alerté Irina Bokova, la directrice générale de ce phare du brassage culturel en berne.

Pour tenter de conjurer le sort et de sortir la tête de l’eau, un fonds spécial a été créé dont les bons samaritains sont l’Algérie, l'Arabie saoudite, le Qatar, mais aussi la Turquie et l'Indonésie, qui n’ont pas hésité à l’alimenter généreusement. A quelle hauteur la galaxie arabo-musulmane a-t-elle volé à la rescousse du radeau Unesco à la dérive ? Mystère, mais une chose semble de plus en plus acquise : parmi les grands argentiers de ce monde qui font bien des envieux, les pétrodollars providentiels de l’Algérie font briller les yeux de nombre d’institutions internationales frappées de plein fouet par une crise budgétaire.

Nourrissant l’espoir que les Etats-Unis reviennent à de meilleurs sentiments et irriguent à nouveau sa structure tant sur le plan pécuniaire que culturel, Irina Bokova, qui a saisi à pleine main la bouée de sauvetage lancée par les pays arabes, continue toutefois de broyer du noir sur fond d'un coup d'éclat géopolitique de l'Unesco qui s'est avéré rédhibitoire: "Cela comble les trous, mais pas à long terme.Je pense que l'Unesco a été prise dans le chaos politique lié au conflit au Proche-Orient. Je trouve cela injuste",a-t-elle déclaré depuis le siège parisien.

 

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