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Trump enterre discrètement le rêve de normalisation Israël-Arabie saoudite

La normalisation entre l’Arabie saoudite et Israël, longtemps considérée comme un objectif stratégique par les États-Unis, ne figure plus parmi les priorités de Washington, selon un article publié  mardi 13 mai  par Al Jazeera. En visite à Riyad, le président américain Donald Trump a conclu des accords économiques et militaires colossaux avec le royaume, pour un montant de 142 milliards de dollars, sans évoquer à aucun moment Israël.

Trump a qualifié une normalisation saoudo-israélienne de « rêve », tout en estimant qu’elle devait se faire « au rythme du royaume ». Un discours en rupture avec la politique de son prédécesseur Joe Biden, qui avait tenté d’imposer un calendrier diplomatique au nom de la stabilité régionale.

Toujours dans cet article, la chercheuse Anna Jacobs, du Gulf States Institute, affirme que « la Maison Blanche a enfin reconnu qu’un accord de normalisation n’est pas possible dans le contexte actuel ». Elle souligne que le gouvernement israélien actuel « ne fait même plus semblant de soutenir la solution à deux États, ce qui rend toute avancée diplomatique irréaliste pour Riyad ».

Selon Al Jazeera, l’accord américano-saoudien prévoit notamment la fourniture d’équipements militaires de pointe, ainsi qu’un important volet de formation pour moderniser les forces armées saoudiennes, y compris les services médicaux et les académies militaires.

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Dans le même temps, Israël a annoncé vouloir non seulement poursuivre, mais étendre son offensive à Gaza. Toujours selon Al Jazeera, plus de 52 900 Palestiniens ont été tués depuis le début des bombardements, un chiffre communiqué par les autorités sanitaires locales. Dans ce contexte, Riyad n’a pas mâché ses mots, qualifiant les actions israéliennes de « génocide ». Une prise de position qui rend toute normalisation politiquement intenable, selon Khaled Elgindy, chercheur invité à Georgetown : « Les Saoudiens ne peuvent pas accuser Israël de génocide et ensuite signer un accord avec lui. Ce serait absurde. »

Le média qatari souligne également les tensions croissantes entre l’administration Trump et le gouvernement de Benyamin Netanyahou. Malgré un soutien militaire constant, plusieurs signaux récents marquent un désalignement stratégique : ouverture de discussions entre Washington et Téhéran sur le nucléaire, trêve conclue avec les Houthis sans condition liée à Israël, et exclusion de Tel-Aviv des négociations ayant mené à la libération de l’Américano-israélien Edan Alexander, retenu à Gaza.

« Trump montre clairement que les intérêts des États-Unis et d’Israël ne sont pas identiques », conclut Elgindy dans Al Jazeera. « Et ça, c’est un tournant majeur, là où Biden n’avait jamais osé franchir cette ligne. »

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