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Les milices chrétiennes sont une menace plus importante que les islamistes radicaux aux USA selon une étude américaine

Une étude étayée réalisée par deux éminents sociologues américains, Charles Kurzman et David Schanzer, met en évidence que la menace provenant des milices chrétiennes  d'extrême droite et suprémacistes blanches (voir ci-dessus, Dylann Roof, 21 ans au moment des faits, auteur du carnage commis dans une église afro-américaine de Charleston en juin 2015),  est plus importante que celle des terroristes musulmans aux États-Unis. Kurzman, professeur de sociologie à l'University of North Carolina, et Schanzer, directeur du Triangle Center on Terrorism and Homeland Security à Duke University, ont mené une vaste enquête auprès de 382 agences gouvernementales et policières à travers le pays.

Pour ces agences, les milices chrétiennes d’extrême droite constituent la plus grave menace de violence politique à laquelle elles sont confrontées ou peuvent être amenées à l’être. Elles estiment que cet extrémisme-là est bien plus redoutable que l’islamisme radical à l'échelle nationale, dans leur propre  juridiction.

Ces résultats édifiants ressortent de l'étude rigoureuse, financée par l’Institut national de la Justice, que les deux chercheurs ont conduite en collaboration étroite avec le Police Executive Research Forum. Parmi les structures institutionnelles interrogées, plus de 63 d'entre elles ont déploré une série d’incidents et subi des violences à caractère extrémiste au cours des dernières années.

L'enquête a recueilli 339 réponses émanant des plus grandes agences ( avec un taux de réponse de 71%) et 43 de petits organismes (le taux de réponse étant de l’ordre de 68%), pour un nombre total de 382 entités administratives et policières (taux de réponse 70%), incluant 35 agences d’Etats, 141 agences de comtés, et 206 agences locales, l’ensemble de ces juridictions représentant 86% de la population américaine.

La Menace terroriste primaire

Parmi les 382 organismes d'application des lois, ​​74% sont unanimes à considérer que les milices chrétiennes anti-gouvernementales représentent la première menace terroriste dans leur juridiction, Al Qaïda ou les organisations terroristes semblables arrivant en seconde position pour 39% d’entre eux. Il est à noter que l’extrémisme environnemental a été identifié comme une menace supérieure par un tiers des agences.

Tableau 1. Quelles sont les principales menaces extrémistes violentes auxquelles votre agence a fait face ?

 

Percent

Anti-government violent extremism

73.8

Al-Qaeda inspired violent extremism

39.3

Environmental violent extremism

33.0

Racist violent extremism

24.3

Anti-capitalist violent extremism

14.7

Not applicable

13.6

Other violent extremism

10.5

No response

2.9

 

La perception de la menace terroriste nationale

Parmi les 382 agences dont ils ont pris le pouls,  ​​26 %  qualifient de « grave » la menace nationale représentée par al-Qaïda, tandis que 29% pensent que ce sont les  autres formes d'extrémisme qui sont alarmantes et mettent en péril la paix sociale aux États-Unis.
L'enquête définit la « violence extrémiste inspirée d’Al Qaida » comme étant un « extrémisme violent qui puise sa source dans l’idéologie islamiste radicale prônée par Al-Qaïda et d'autres groupes extrémistes semblables, tels que l’ISIS ». Le terroriste  (Nidal Hassan), le pirate de l’air du vol  253 (Umar Farouk Abdulmutallab), Anwar al-Awlaki, ainsi que les auteurs présumés du Marathon de Boston (Dzohokhar et Tamerlin Tsarnaev), et Times Square (Faisal Shahzad) sont l’incarnation de cette violence.

Toujours selon cette étude, « l’autre extrémisme violent » est motivé par d'autres préoccupations d’ordre politique, social ou religieux, y compris, mais sans s'y limiter, anti-gouvernemental, raciste, radical, écologiste, voire anticapitaliste. Le fondamentaliste d’Oklahoma City Timothy McVeigh, le terroriste Ted Kaczynski, ainsi que le tireur du temple (extrémiste Shikh) Michael Page, en sont la personnification.

Comme le montre le tableau 1, les agents sondés estiment que l’extrémisme anti-gouvernemental violent est le plus répandu (se reporter à la colonne « autres menaces extrémistes violentes » :

Level of threat

Al-Qaeda inspired

violent extremism

(Percent)

Other

violent extremism

(Percent)

1=No threat

2.4

1.6

2

6.3

2.9

3

27.2

20.4

4

38.2

46.3

5=Severe threat

25.9

28.8

No response

0.0

0.0

Sur une échelle de 1 à 5 (5 = Menace grave, 1 = Pas de menace)

                                  
La perception du terrorisme local

Dans leur propre juridiction, seuls 3% de ces organismes ont qualifié de « sévère » la menace des extrémistes musulmans, contre 7% qui attribuent ce même qualificatif aux violences anti-gouvernementales ou autres formes d'extrémisme :

Level of threat

Al-Qaeda inspired

violent extremism

(Percent)

Other

violent extremism

(Percent)

1=No threat

16.8

11.3

2

38.2

17.0

3

27.0

37.4

4

14.7

27.8

5=Severe threat

3.4

6.5

No response

0.0

0.0

 

Seulement 5% des Etats et autres comtés américains interrogés perçoivent al-Qaïda ou tout autre organisation similaire ou affiliée comme étant une menace « plus grande » que les autres formes de terrorisme,  45% des juridictions sondées estimant que ce sont les  "autres" formes de terrorisme qui sont de loin les plus inquiétantes.

Ces évaluations de la menace correspondent au taux relatif de la violence perpétrée par des extrémistes musulmans et des chrétiens d’extrême droite. Force est de constater que les actes violents commis sur le sol américain par l’extrême-droite ont toujours frappé plus fort et de manière plus sanglante que ceux qui sont l'oeuvre d'extrémistes musulmans, et ce depuis le 11 septembre.

Selon les données compilées par Charles Kurzman, une moyenne annuelle de neuf Américains de confession musulmane ont été impliqués dans une moyenne de six attentats liés au terrorisme aux États-Unis (mise à jour le 22 Juin, 2015). L’ensemble de ces attaques ont tué 50 personnes, soit une moyenne de quatre décès par an. Le rapport de Kurzman met l'accent sur les individus accusés de crimes liés à une organisation terroriste. Charles Kurzman, "Les affaires de terrorisme impliquant des Américains musulmans," cf : Centre Triangle sur le terrorisme et la sécurité intérieure, le 9 Février, 2015.

Conclusion

La police n’identifie pas le  terrorisme lié à l’islamisme radical comme une menace grave localement

La perception de la menace nationale est sans nul doute influencée par la couverture médiatique et les interactions avec les autorités fédérales. Pourtant, lorsque les deux sociologues ont interrogé les différents organes de police, leur juridiction, les organismes d'application de la loi, une réelle convergence de vues est ressortie : tous considèrent que le terrorisme lié à l’Islam radical représente une menace moins importante que celui inhérent aux milices chrétiennes d’extrême droite.

La police considère que al-Qaïda constitue une menace moins grave que  d'autres formes de terrorisme

Les organismes locaux d'application de la loi craignent moins la menace terroriste provenant  d’ al-Qaïda et d’autres organisations terroristes assimilées que celle de l’extrémisme violent anti-gouvernemental. Il est intéressant de noter les données recueillies au début de 2014, avant que l'Etat islamique auto-proclamé (également connu sous le nom ISIS) ait commencé activement à recruter des Américains. Il est frappant d’observer que, en dépit de l’intensification des recrutements par l’ISIS et de ce danger clairement identifié, les officiers de police américains n’ont pas changé de point de vue concernant l’évaluation de la menace.

Les agences rurales perçoivent moins la menace terroriste que les agences de taille moyenne et que les agences implantées dans des grands centres urbains

Depuis le 11 septembre 2001, les attentats terroristes perpétrés par des groupes musulmans radicalisés ont causé la mort de 50 personnes aux États-Unis, alors que les milices chrétiennes d'extrême droite ont un bilan macabre bien plus lourd à leur actif : 254 citoyens américains ont péri dans leurs attaques.

Pour Kurzman et Schanzer, il est clair que la focalisation actuelle des médias sur le terrorisme des islamistes radicaux ne reflète pas la réalité du terrain nord-américain. La menace des milices chrétiennes d'extrême droite et suprémacistes blanches devrait faire la Une des médias, or ce n’est pas le cas, l’islamisme radical lui volant continuellement la vedette.

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