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Les excuses publiques du PDG de Nessma TV

Y aura-t-il un avant et après « Persépolis » en Tunisie ? Ce qui est certain c’est que le film d’animation diffusé dimanche sur Nessma TV continue de faire couler beaucoup d’encre, et après avoir défrayé la chronique, mis les nerfs à vif, il confronte deux perceptions opposées de la liberté d’expression, l’une immodérément transgressive, l’autre pas.

Après une vague de condamnations, dont le parti Ennahdha, à l’encontre du groupe de salafistes en colère qui ont violemment protesté devant les locaux de la chaîne privée, c’est une lame de fonds de critiques émanant d’une grande partie de l’opinion publique tunisienne qui déferle aujourd’hui, jugeant blasphématoire une séquence du film où Dieu est incarné.

Nabil Karaoui, le directeur de Nessma TV par qui le scandale est arrivé, manifestement dépassé par l’ampleur de l’affaire, bat sa coulpe après avoir dénoncé les menaces et les agissements qui l’ont pris pour cible. Regrettant d’être à l’origine d’un tel émoi dans le pays, le PDG, contrit, s’est livré à une séance d’autocritique devant les tunisiens en reconnaissant que c’était « une erreur à ne jamais refaire (…) je m’excuse. Je suis désolé pour tous les gens qui ont été dérangés par cette séquence (…) le responsable de la cellule de visionnage n’a pas indiqué dans son rapport que ce film comporte une scène où Dieu est représenté » a-t-il déclaré.

Ce mea culpa aura-t-il sensibilisé ou non ses concitoyens, toujours est-il que le vent de liberté démocratique qui a soufflé sur la Tunisie n’a pas pour autant emporté dans son sillage l’éthique et les valeurs intrinsèques des Tunisiens.

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