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Lena Khan, ou la percée d’une cinéaste musulmane, revêtue d’un hijab, à Hollywood

Coiffée d’un hijab et observant les travers d’Hollywood avec son regard aiguisé de cinéaste, l’Américaine d’origine indienne, la souriante Lena Khan, tente de se frayer un chemin dans la grande usine à rêves (ou à cauchemars…) du septième art, en veillant à ne pas y perdre son âme.

Soucieuse de préserver sa singularité dans la puissante industrie du trompe-l’œil, là où les stéréotypes anti-musulmans sont d’autant plus tenaces qu’ils sont constamment ravivés sur grand écran, cette prometteuse réalisatrice musulmane, dotée également d’une belle plume, trace son sillon envers et contre tout, hors des sentiers battus et loin des soirées grisantes où il faut être et se faire voir.

« C’est très difficile d’être une cinéaste à Hollywood, quand on est femme, musulmane et revêtue d’un hijab, c’est certain », soupire-t-elle avec lucidité, sans pour autant renoncer à passer derrière la caméra et assouvir une passion pour l’image et la narration d’histoires qui ne s’est jamais émoussée.

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Pourtant, lorsqu’elle était enfant, fascinée par son institutrice dont elle buvait les paroles, elle se voyait bien enseigner un jour, à son tour, afin de transmettre un savoir. Mais en grandissant, après avoir fait l’amer constat que « personne n’apprend plus des enseignants », selon ses propres termes, et en revanche « beaucoup plus des films, notamment ceux qui abordent des sujets sociétaux », Lena Khan a trouvé un autre moyen d’expression pour faire vibrer sa fibre pédagogique et créative : elle est passée allègrement de la salle de classe aux salles obscures, en faisant fi des jugements hâtifs et autres a priori négatifs qui fusaient de tous côtés, à la fois de sa famille et du show-business.

« A mes débuts, quand je faisais mes premiers pas de réalisatrice, les membres de ma communauté, dont des proches, et surtout ceux issus d’Asie du Sud, ne rataient pas une occasion de critiquer mon choix, de me déstabiliser, en me lançant sur un ton méprisant : Pourquoi entamer une carrière aussi stupide ? », a-t-elle relaté, en se livrant à cœur ouvert.

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Au même moment, dans les coulisses hollywoodiennes, Lena Khan était perçue comme une intruse, une « alien », dont on remettait en cause les capacités à mettre en scène un film, à diriger une équipe de tournage et des acteurs, d’autant plus qu’elle refusait de se perdre dans un univers de paillettes et de faux-semblants, frisant souvent le sordide, aux antipodes du sien.

« Je n’irai jamais traîner dans des soirées ou des bars jusqu’à 2 heures du matin, ce qui peut parfois causer beaucoup de problèmes, car c’est souvent là que vous pouvez rencontrer des personnes influentes du show-business, des décideurs de la télévision. Alors, pour contourner cet écueil et préserver ma liberté à tout prix, j’ai décidé de produire mes propres films », explique-t-elle.

Sa persévérance aura fini par payer, puisque Lena Khan, après être venu à bout de bien des obstacles infranchissables, a pu réaliser en 2017 et avec succès son premier film « The Tiger Hunter », à laquelle elle a apporté son talent de scénariste/dialoguiste. C’est sous l’angle de la comédie qu’elle a choisi de traiter l’arrivée mouvementée aux Etats-Unis d’un immigrant indien, alors même que le décret migratoire infâme de Trump, le « Muslim Ban », soulevait une houle d’indignation.

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« J’aime passionnément ce que je fais. J’ai l’impression que cela a de la valeur. J’espère seulement que les résultats de mes efforts et de mon travail seront à la hauteur d’Allah », confie avec humilité, comme si elle prononçait une prière, la cinéaste voilée d’Hollywood. Une cinéaste pleine d’avenir qui voit subitement des portes s’ouvrir devant elle, notamment celles des studios Disney, et ce, sans jamais avoir vendu son âme au diable.

 

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9 commentaires

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  1. “Coiffée d’un hijab et observant les travers d’Hollywood avec son regard aiguisé de cinéaste”
    Je sens déjà qu’elle pourrait tourner son regard aiguisé vers les sociétés musulmanes. Ce ne sera pas le travail qui manque…

    • LOL.. Ça ne te viendrais pas à l’esprit qu’elle n’en aurait peut être pas l’expertise.. alors que son expérience et point de vue en tant qu’américaine fait d’elle un auteur reconnus désormais à Hollywood?

      Quel peut être l’esprit tordus pour avancer de telles bêtises ; uniquement pour rappeler que les sociétés musulmanes dans le tier monde peuvent être dysfonctionnelles?

      Tu voudrais peut être qu’elle fasse un documentaire sur le droit des homosexuels en Tchéchénie? Comme préalable à la démocratie à coup de bombes? Ou un film au Maroc (par exemple) subventioné par des fonds européens pour une audience européenne? Ça serait original et ça changerais des vielles histoires qui se racontent…

      • Et ça vous’surprendra peut être mais les peuples du tier monde ont eux aussi des valeurs traditionnelles.. Ils ont des contes, des légendes, des romances et toutes sortes de récits faisant l’éloge de valeurs universelles… Ce qui serait mieux c’est un peu moins d’arogance et sans l’eurocentrisme outrancier… Si on pouvais également éviter les poncifs tels que la critique des sociétés patriarcales, l’intolérance de l’homosexualité et le post-colonialisme… 😉

        Quelque pistes… la destruction de’ la société traditionnelle… la transmition du savoir, le respect de l’autorité et du savoir, l’utilité des aînés, la corruption morale, l’incurie généralisé, le marché de la drogue…

        Ps: les réseaux de côquins… comme le fait que presque tous les présidents subsahariens soient des franc-maçons… Bon là, je sais qu’on est dans le post colonialisme mais c’est tellement un sujet non traité qu’y a trucmuche à faire ou à défaire..

  2. Les mots ont un sens et c’est justement parce que la plume qui a écrit ce billet est excellente qu’il faut le rappeler.
    « J’aime passionnément ce que je fais. J’ai l’impression que cela a de la valeur. J’espère seulement que les résultats de mes efforts et de mon travail seront à la hauteur d’Allah »
    Bon
    Probablement un souci de traduction… on va dire ça comme ça.
    « après avoir fait l’amer constat que « personne n’apprend plus des enseignants », selon ses propres termes, et en revanche « beaucoup plus des films, notamment ceux qui abordent des sujets sociétaux »
    Mais bien sûr, un « constat » déjà, pas une vague impression non, « amer » de surcroit, bref si peu hésitant qu’il est affirmatif sur l’aspect irrémédiable, définitif, affligeant de ceci cela, que personne (no one لا احد) n’apprend plus des enseignants –comme énormité péremptoire j’ai lu plus réfléchi -, en revanche –puisqu’on vous le dit- on apprendrait beaucoup plus (Ah, vous commencez à m’intéresser soudaincoup comme dirait mon neveu), d’une fiction si si, sur le mariage pour tous, sur la banalisation voulue de mœurs pas du tout banales, sur la GPA et ainsi de suite. Tout ça pour ça.
    Sinon un musulman n’a rien à faire parmi les satanistes mais bon, évidemment qu’elle se passera de mon avis.

    • L’article explique qu’elle a du financer ses propres projets afin de prouver qu’elle était compétente aussi bien techniquement que dans la gestion d’équipes masculines. Elle a du faire sa propre expérience et livrer des produits finis pour convaincre que ses projets étaient viables commercialement parlant. Tout le monde peut être manipulé et ils ne reculent devant rien pour essayer. Elle fait un film divertissant… et peu comme les histoires que vous racontait peut être votre grand mère? Tout comme la musique il s’agit de scruter le contenus pour savoir si il est nocif ou pas.

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Written by Fabienne Doucet

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