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Le vin « halal » séduit les musulmans

Porter un toast au vin « halal », c’est désormais possible, grâce à l’élaboration d’un élixir venu d’Espagne qui crée actuellement l’événement au Salon International de l’Agriculture de Meknès (SIAM), à condition, toutefois, que l’on accepte de fermer les yeux sur sa faible teneur en alcool (moins de 5%) qui soulève la grande question : le vin « halal », arnaque ou réalité ?

Cette interrogation ne semble nullement tourmenter, ni freiner l’enthousiasme des nombreux visiteurs marocains qui se pressent dans les allées de la 9ème édition d’un Salon très couru, attirés par ce nectar alternatif à nul autre pareil qui a la robe d’un vin classique, mais pas le goût, même s’il est loin d’être inodore et sans saveur.

Mode de vie devenu un label aux multiples déclinaisons, la mine d’or du Halal a trouvé un prodigieux filon avec les boissons illicites par excellence, dont la composition a certes été revue et corrigée, et il n’est plus rare, même si cela étonne encore, de voir certains sabrer le champagne, déguster un whisky ou se rafraîchir avec une bière certifiés « halal ».

La galaxie musulmane se laisserait de plus en plus tentée par ces spiritueux garantis 100% licites, à l’image du boom des vins halal qui ont fait une percée notable en Arabie saoudite et dans les Emirats arabes unis, mais aussi des 66 bouteilles du breuvage espagnol qui ont été consommées au Salon de Meknès, lors de séances de dégustation très prisées, comme l’a rapporté le journal Al Akhbar. D’après la responsable d’une marque espagnole citée par le quotidien marocain, "ces boissons peuvent représenter une alternative pour les consommateurs d’alcools, et il faut s’attendre à les voir bientôt commercialisées sur le marché marocain".

Le vin « halal » coule à flots à Meknès, sans que son authenticité et sa légalité ne taraudent les esprits, et ce n’est pas la fatwa controversée émise par le Cheick Youssef al-Qardaoui, en 2008, qui réfrénera l’engouement général, puisqu’elle autorisait l’absorption des boissons contenant un taux infime d’alcool, en fixant son seuil limite à 0,5%, tout en insistant sur sa provenance naturelle « par le processus de fermentation ». Une opinion partagée par le Conseil du Fiqh d’Amérique du Nord (FCNA), qui cautionne la consommation de boissons gazeuses telles que Coca-Cola (qui contient entre 0,02 et 0,03% d’alcool). 

Il a peut-être la couleur et la gouleyance d’un vin classique en s’en démarquant totalement, le vin « halal » est-il vraiment l’ersatz idéal pour les musulmans séduits à l’idée de trinquer sans alcool, ou presque ?

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