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L’Afrique du Sud légalise les mariages islamiques

Après 300 ans de présence sur le sol d’Afrique du Sud, les musulmans saluent la décision politique révolutionnaire, obtenue de haute lutte, qui reconnaît la légalité des mariages islamiques, comblant les attentes fébriles de toute une communauté mais aussi un vide juridique des plus préjudiciables, creuset des inégalités sociales.

Le rêve, qui parut longtemps inaccessible, est devenu réalité depuis le 30 avril, pour le plus grand bonheur des instances représentatives de l’islam sud-africain, qui s’en sont fait les ardents avocats en dépit de tous les vetos et fins de non recevoir qui ont jalonné leur parcours, se réjouissant de voir la première promotion des imams, fraîche émoulue d’un projet de formation pilote, être habilitée à officier en tant qu’agents de mariages juridiques.

Ils ont cristallisé les espoirs de familles en détresse, dont les enfants furent, des décennies durant, frappés de la disgrâce de l’illégitimité, tandis que les épouses, considérées comme moins que rien au décès de leur conjoint, ne pouvaient prétendre à hériter des biens du foyer, les nouveaux agents de mariage islamique ont été doublement célébrés, à la fois par une communauté en joie, et lors d’une cérémonie officielle de remise de diplômes, sous le haut patronage du vice-président Kgalema Motlanthe, du ministre de l'Intérieur Naledi Pandor, ainsi que de son adjoint Fatima Chohan, sans oublier les grandes figures de l’islam national qui étaient aux premières loges.

"Les femmes musulmanes vont maintenant être mieux protégées. Ma mère a été confrontée à une longue bataille juridique très éprouvante pour revendiquer ce qui lui revenait de droit. Elle a fait preuve d’une combativité et détermination exceptionnelles, mais toutes les femmes n’étaient pas armées pour affronter cela", a commenté, ému, l’un de ces enfants qui fut mis au ban de la société, car né d'un mariage islamique.

"Les musulmans d’Afrique du Sud ont subi l'indignité de la non-reconnaissance pendant des décennies. Cet arbitrage gouvernemental va indéniablement dans le bon sens, en autorisant les imams à agir en qualité d’agents de mariage", a déclaré l'avocat Hossam Igshaan Higgins, qui n’a pas ménagé sa peine pour que ce jour historique arrive enfin, en scellant des unions islamiques auxquelles consent désormais la terre de feu Mandela.

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