La Chambre des représentants a rejeté un projet de loi controversé qui visait à étendre la portée de la loi islamique dans la constitution nigériane de 1999. Porté par le député Aliyu Missau, le texte proposait de supprimer le terme « personnel » associé à la loi islamique, permettant ainsi une application plus large de celle-ci. La mesure visait à réformer les articles 24, 262, 277 et 288 de la constitution, qui limitent actuellement la juridiction islamique aux affaires personnelles.
Le débat a révélé des divisions profondes parmi les députés, notamment sur des lignes régionales. Les représentants du Nord se sont montrés majoritairement favorables, évoquant des évolutions, comme la création de la Jaiz Bank opérant sous la loi islamique. En revanche, les députés du Sud, à l’image de Solomon Bob, ont exprimé des craintes quant aux implications élargies de l’amendement, rappelant que la limitation à des « questions personnelles » avait été prévue pour éviter un champ d’application trop vaste de la loi islamique.
Le rejet de ce projet de loi souligne les tensions régionales et religieuses qui persistent au sein du Nigeria, mettant en lumière les défis d’un équilibre constitutionnel entre les différentes aspirations culturelles et religieuses du pays. Cette décision illustre également la volonté des députés de préserver la distinction entre les lois civiles et religieuses afin d’éviter d’élargir l’influence de la loi islamique au-delà de la sphère privée.



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