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Gaza, jour 389 : « L’ensemble de la population du nord de Gaza risque de mourir »

La situation à Gaza est catastrophique, avec des milliers de morts et des conditions de vie insupportables pour les civils. L'ONU alerte sur un risque de mortalité généralisée.

Pourquoi lire cet article :

  • Pour comprendre l'ampleur de la crise humanitaire à Gaza.
  • Pour prendre conscience des violations des droits humains en cours.

Israël poursuit sa guerre génocidaire à Gaza, en Cisjordanie et au Liban. Point sur la situation cette semaine à Gaza, où l’armée israélienne continue de bombarder, d’affamer et d’empêcher les secours des Palestiniens restés au nord de l’enclave assiégée.

Les chiffres clés de l’horreur génocidaire :

Au moins 43 020 Palestiniens ont été assassinés par Israël et au moins 100 544 blessés dans la bande de Gaza (dont 59% de femmes, d’enfants et de personnes âgées) depuis le 7 octobre 2023

Plus de 760 Palestiniens ont été tués par Israël en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est. Parmi eux, au moins 146 enfants depuis le 7 octobre 2023
Israël a tué au moins 2 574 Libanais et fait plus de 12 001 blessés depuis le 7 octobre 2023

Au moins 189 personnes ont été tuées ces dernières 72 heures, principalement dans le nord de Gaza, assiégé depuis maintenant 4 semaines.

Ce dimanche 27 octobre, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est dit «choqué par le nombre atroce de morts, de blessés et de destructions dans le nord de la bande de Gaza».

Le même jour, de nouvelles frappes ont été lancées dans la zone, notamment à Jabalia. « La détresse des civils palestiniens pris au piège dans le nord de la bande de Gaza est insupportable », a dénoncé le chef de l’ONU dans un communiqué, décrivant des « civils sous les décombres, des malades et des blessés privés de soins de santé vitaux, et des familles manquant de nourriture et d’abris ».

Des bombardements israéliens ont été rapportés lundi à Beit Lahiya, détruisant tout un bloc résidentiel et tuant au moins 35 personnes. Israël a également bombardé une école hébergeant des civil·es dans le quartier de Fakhoura à Jabalia, et tué au moins 20 Palestiniens qui s’y abritaient.

Plusieurs rapports indiquent que de nombreuses parties du nord sont désormais inhabitables en raison des bombardements incessants de l’année dernière, ainsi que des récentes invasions terrestres répétées. On estime que de nombreux Palestiniens restent bloqués ou gisent sous les décombres, notamment à Beit Lahiya, à la suite des bombardements israéliens incessants qui ont provoqué des destructions massives la semaine dernière.

Les équipes de la Défense Civile Palestinienne ont été interdites par l’armée israélienne d’opérer dans le nord de Gaza, si bien que les habitants doivent creuser eux-mêmes sous les décombres, à la recherche de leurs proches et d’éventuels survivants.

Le dernier hôpital en activité dans le nord de la bande de Gaza a officiellement cessé de fonctionner depuis samedi 26 octobre, à la suite d’un raid des forces israéliennes.

Celles-ci ont commencé par investir l’hôpital, ordonnant aux patients et au personnel médical de quitter les ailes et de descendre dans la cour. Les soldats israéliens ont ensuite séparé les hommes des femmes, et ont arrêté des dizaines de Palestiniens, y compris l’ensemble du personnel de l’hôpital, à l’exception d’une infirmière et du directeur de l’hôpital, le Dr Husam Abu Safiyeh.

Depuis le début du siège, les forces israéliennes ont ouvert le feu sur les bâtiments de l’hôpital, brisant les fenêtres et bombardant les étages supérieurs. Les forces israéliennes assiègent les hôpitaux al-Awda et indonésien dans le nord de Gaza.

Le personnel médical ne cesse d’alerter, en vain, que les soins sont rendus de plus en plus impossibles en raison du manque de carburant pour alimenter les générateurs et des graves pénuries de médicaments et de matériel médical.

Près de 100 000 Palestinens seraient encore piégés dans le nord de Gaza, coupés de toute aide humanitaire, privés de nourriture et de matériel médical.

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La principale responsable de l’aide humanitaire des Nations unies (ONU) a averti samedi que, face à la détérioration rapide de la situation et à l’offensive féroce menée par l’armée israélienne, « l’ensemble de la population du nord de Gaza risque de mourir ».

« Les hôpitaux ont été touchés et les travailleurs de la santé ont été arrêtés. Les abris ont été vidés et incendiés », a déclaré Joyce Msuya, sous-secrétaire générale par intérim aux affaires humanitaires et coordinatrice des secours d’urgence. Elle a exprimé sa profonde inquiétude pour la population civile, signalant que « les familles ont été séparées et que les hommes et les garçons sont emmenés par camions entiers ».

« Ce qui se passe dans le nord de Gaza est une extermination », a déclaré Hamida Maqat, une Palestinienne ayant fui le nord pour se réfugier dans la ville de Gaza, après que sa maison à Jabalia a été bombardée par Israël le 20 octobre dernier. Son mari, son fils, son frère et son neveu ont été tués.

« Les bombardements ne s’arrêtent pas une seconde. Tout ce qui se trouve au sol est bombardé. Mon frère nettoyait le puits d’eau de sa maison lorsque les avions l’ont bombardée. Il a été tué avec sa femme, ses enfants et ses petits-enfants. Plus de 16 personnes se trouvaient à l’intérieur de la maison et personne n’a pu les atteindre. »

Nouvelle nuit de massacre

Les forces israéliennes ont tué près de 100 Palestiniens , dont 25 enfants, lors d’un raid aérien dans la nuit du 28 au 29 octobre 2024 sur des maisons du nord de Gaza, où dormaient entre 300 et 400 personnes déplacées. Au moins 93 décès ont été confirmés, dont 25 enfants, selon le bureau des médias du gouvernement basé à Gaza. 150 personnes ont été blessées et quarante autres personnes sont portées disparues.

Des images diffusées sur Al Jazeera montrent des corps recouverts de couvertures sur le site de l’attaque. On y voit une femme se lamenter à côté des victimes, dont plusieurs de ses enfants et petits-enfants. « Sur qui vais-je pleurer ? » demande-t-elle. « Mes fils ? Mes filles ? Mes petits-enfants ? Mes frères et sœurs ? Ils sont tous partis. Il n’y a plus personne pour moi. »

Les médias locaux racontent qu’en raison des destructions et de pénuries de matériel médical, ainsi que des arrestations massives du personnel soignant, les blessés ne pourront pas être soignés correctement,. « La plupart des blessés risquent de mourir en raison du manque de ressources », a déclaré le Dr Hussam Abu Safiyeh, dernier médecin de l’hôpital Al-Awda. « Le monde doit agir et ne pas se contenter de regarder le génocide à Gaza. »

4 journalistes tués

Dimanche 27 octobre, une frappe israélienne a visé une école abritant des réfugiés, tuant  au moins 9 personnes, dont 4 étaient journalistes : Saed Radwan, de la chaîne locale Al-Aqsa TV, Hamza Abu Salmiya, de l’agence de presse Sanad, et Haneen Baroud, de la Fondation Al-Quds, et Nadia Imad Sleem, qui travaillait pour plusieurs médias locaux.

L’agence de presse WAFA rapporté que ce refuge, l’école Asmaa, avait été bombardé par les forces israéliennes à deux reprises ce mois-ci, la dernière attaque, le 19 octobre, ayant fait des dizaines de victimes.

Contactée par l’Agence Média Palestine, la porte-parole du PJS Shuruq As’ad nous a raconté que Nadia Imad Sleem, journaliste palestinienne, travaillait dans l’un des 73 organismes de presse entièrement détruits par des tirs ciblés de l’armée israélienne à Gaza depuis le 7 octobre 2024.

Ses frères ont été assassinés au début de l’offensive génocidaire d’Israël. Les journalistes sont systématiquement ciblés à Gaza, et leurs familles également, comme l’indique le dossier de presse « réduire les voix aux silence » du PJS publié la semaine dernière : ils et elles sont victimes d’un harcèlement juridique, militaire et policier, d’arrestations, de tortures et d’assassinats systématiques en raison de leur profession.

Le Syndicat des journalistes palestiniens (PJS) a condamné l’attaque, la qualifiant d’attaque délibérée contre des journalistes dans l’exercice de leurs fonctions et affirmant maintenir ses efforts pour « poursuivre les responsables de ces crimes brutaux contre les journalistes » et « prendre toutes les mesures juridiques disponibles pour demander des comptes aux criminels de guerre qui ciblent délibérément la Voix de la Vérité. »

Agence Média Palestine

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One Comment

  1. Nous sommes témoins de l’horreur absolue. Un gouvernement sanguinaire et génocidaire extermine les palestiniens. Le droit à se défendre a largement été bafoué. L’exclusion de l’UNRWA, structure onusienne, ne fait qu’aggraver la situation désastreuse vécue par nos frères et soeurs en Palestine. Où est passée l’humanité ? La timide réaction de certains pays musulmans est une abomination ! Les gardiens des lieux saints de l’Islam ont plus peur de l’oncle Sam et pour leurs intérêts économiques et sécuritaires que du Tout Puissant. L’impotence des pays frères face à ce déchaînement militaire de chetanyahu est cruelle. Biden continue à fournir des armes et à tenir d’une infinie hypocrisie. L’Europe est en proie à l’eternelle repentance de la seconde guerre mondiale et se vautre dans une passivité et un silence qui en disent long sur le soutien inconditionnel à Israe. Faut il rappeler qu’il est parfaitement légitime de critiquer la politique criminelle d’un état indépendamment de toute considération religieuse. Nos vrais frères juifs sont également révulsés par la barbarie qui se déroule sous nos yeux. Non, critiquer chatanyahu et sa bande d’intégristes fous furieux n’est pas un acte antisémite mais un acte citoyen émanant de toute personne douée de raison et d’humanité !

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