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Le maire de Stains devant le tribunal de Montreuil pour la banderole en soutien au prisonnier palestinien, Marwan Barghouti

La justice statuera-t-elle en faveur de la banderole hissée sur le fronton de la mairie de Stains, en Seine-Saint-Denis, sur laquelle s’affiche en grand le soutien municipal à Marwan Barghouti, le charismatique et très populaire dirigeant politique palestinien, embastillé depuis plus de 13 ans après avoir été condamné par un tribunal militaire israélien – soit illégalement au regard du droit international – à cinq peines de prison à perpétuité ? Rien de moins !!

La justice sera-t-elle sourde à ceux qui, localement, crient haro sur l’affiche en protestant contre sa nature explosive favorisant la montée de « l’antisémitisme et du communautarisme présents à Stains » selon ses détracteurs, et se montrera-t-elle réceptive aux arguments du premier magistrat de la cité, Azzedine Taïbi, qui l’a maintenue en place depuis son élection en 2014, fidèle à ses prises de position intraitables envers la politique d’Apartheid d’Israël et favorables au boycott à son encontre ?


Azzedine Taïbi, le maire de Stains

Autant de questions qui sont pour l’heure en suspens, à l’approche de la comparution de l’édile de Stains, lundi 21 mars, devant le tribunal administratif de Montreuil pour plaider sa cause et battre en brèche l’alarmisme du Cassandre local, Julien Mugerin, chef de l’opposition municipale, lequel avait exigé en 2014 le retrait de la banderole auprès du Préfet de Seine-Saint-Denis. Ce dernier avait obtenu satisfaction en juin 2015, comme le rapporte Nadir Dendoune dans un article consacré à l’affaire : « Sans surprise, Julien Mugerin obtient gain de cause le 1er juin 2015. Sur son blog, il indique, ravi, que la sous-préfète de Seine-Saint-Denis a interpellé le maire de Stains, afin de lui « rappeler que le soutien à Monsieur Marwan Barghouti ne correspond à aucun intérêt local et qu’il est susceptible de porter atteinte à l’ordre public ».

Au pays des envolées voltairiennes grandiloquentes, où la liberté d’expression tout comme l’excès de caricatures sont sacralisés aussi longtemps qu’ils s’autorisent à tout dire sur les boucs émissaires tout désignés de la République, et en l’occurrence à censurer un soutien pro-palestinien qui dérange par ce qu’il révèle, au grand jour, de la politique colonialiste et raciste d’Israël, la banderole de Stains, accusée de mettre en péril le vivre-ensemble, alors même qu’aucun administré ne s’en est jamais offusqué, a bon dos…

Force est de constater que le deux poids deux mesures a encore de beaux jours devant lui dans la patrie des droits de l’Homme, car ce qui fut toléré pour le soldat israélien Gilad Shalit, dont la libération fut érigée en cause nationale et le portrait s’exposa sur les frontons de huit mairies des Hauts-de-Seine en 2009, reste intolérable pour un détenu palestinien.

Azzedine Taïbi évoquant son engagement sans faille en faveur de la souveraineté palestinienne et du mouvement BDS

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