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Le héros musulman de l’attaque terroriste du centre commercial de Nairobi

A circonstances extraordinaires, héros exemplaire qui, en l’occurrence, se défend de l’être, l’attaque terroriste sanglante du Westgate Mall à Nairobi a vu surgir le courage incarné, sous les traits de Abdul Haji, fils de Mohamed Yusuf Haji, un éminent homme politique somalien basé au Kenya, dont l’acte de bravoure a secouru des dizaines de personnes prises au piège du terrorisme.

Le Kenya lui rend hommage aujourd’hui, Abdul Haji a été hissé sur le plus noble des piédestaux depuis que son sauvetage d’une petite fille a été immortalisé par une photo émouvante qui a contrasté heureusement avec les images de la tragédie.

Cette prise de vue a une histoire, et qui mieux que son principal protagoniste pouvait faire le récit des quatre longues heures au cours desquelles il a fait preuve d’un sang froid exceptionnel pour sauver d’une mort certaine des êtres innocents, après avoir reçu un texto de son frère, lui-même tombé dans le pire traquenard qui soit et à la merci des Shebab, les insurgés islamistes somaliens.

Abdul Haji a offert la primeur de ses révélations au Kenyan prime time news, refusant le statut de héros avec la même détermination qui l’a poussé à se surpasser : "Je ne suis pas un héros. J'ai fait ce que n'importe quel autre Kenyan aurait fait, pour sauver n'importe qui, indépendamment de la nationalité, de la religion ou de la croyance. Nous ne sommes pas des héros", a-t-il déclaré, en précisant qu’il avait rejoint un groupe multi-confessionnel et ethnique dans le centre commercial, animé par la même colère et volonté de sauver des vies.

"C'est presque devenu un cliché de dire que l'islam est une religion de paix, mais pourtant cela est vrai. Le Coran dit que si vous sauvez une vie, c'est comme si vous sauviez l'ensemble de l'humanité", a insisté l’ange gardien d’une jeune enfant, laquelle a couru vers lui à sa demande, sortant de sa cachette sous une table qui la protégeait de la fusillade.

"Ils se qualifient de djihadistes, mais l'une des règles primordiales de l'engagement dans le djihad, c'est que vous ne pouvez pas tuer une femme, un enfant, ou des personnes âgées.  Ils essaient de diviser les Kenyans mais je peux attester de l’assassinat de musulmans dans le centre commercial. Il y avait bel et bien des musulmans parmi les victimes. C’est insensé, comment peut-on se revendiquer du « terrorisme islamiste » et tuer d’autres musulmans ?", dénonce avec force Abdul Haji, encore traumatisé par le témoignage de l’un des survivants qui a assisté, horrifié, au meurtre de plusieurs musulmanes, contraintes de réciter des versets du Coran pour prouver leur islamité avant d’être exécutées froidement. Plusieurs personnes, gisant sur le sol sous la menace des armes, ont eu la force de crier aux terroristes : "Pourquoi les avez-vous tuées ?". Ce à quoi l’un des hommes armés a répondu dénué de remords : "Parce qu'elles ne portaient pas le hijab". 

Héros discret, Abdul Haji, qui qualifie les terroristes d'êtres "anormaux, ne pouvant en aucune manière se réclamer de l'islam et représenter les musulmans" aurait préféré l’ombre à la lumière des projecteurs, et c’est malgré lui qu’il a été projeté devant les caméras, devenant l’icône de la communauté somalienne du Kenya et des musulmans, actuellement en proie à la peur de représailles.

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