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Le Grand Mufti d’Australie alerte les jeunes du danger des fatwas en ligne idéalisant l’Etat Islamique

A l’ère du tout-numérique et des réseaux sociaux tentaculaires, les fatwas électroniques, sujettes à caution car idéalisant l’Etat Islamique, prolifèrent, ainsi que leurs Cheikhs « googlelisés » qui font les heures douteuses de Youtube, au grand dam du Grand Mufti d'Australie, Ibrahim Abou Mohammad qui, dimanche 14 septembre, a mis en garde la jeunesse musulmane contre ces avis juridiques dénués de toute légitimité morale ou religieuse.

Ils sont "très dangereux et n'ont aucune autorité morale ou religieuse", a clamé haut et fort cette éminente figure de l’islam de l’autre bout du monde en désignant ces mystérieux Cheikhs adeptes de la communication virtuelle, alarmé par la propagation sur le Net d’un islam évidé de sa substantifique moelle qui exerce une influence des plus néfastes sur des esprits impressionnables et en quête d’absolu.

Depuis Fairfield où il réside, Ibrahim Abou Mohammad a pris fait et cause pour ses frères chrétiens irakiens, chassés de chez eux sous les terribles menaces de l’Etat Islamique, joignant sa propre colère au concert de condamnations qui s’est élevé dans le monde musulman pour décrier un « djihad » macabre, dont les musulmans sont les premières victimes.

Souillant les enseignements de l’islam et galvaudant sa terminologie, l'Etat Islamique, cette appellation détournée sciemment de son sens originel à des fins politiques et terroristes, renvoie dans l’inconscient collectif à une époque harmonieuse où musulmans, chrétiens et juifs coexistaient en paix, ajoutant ainsi à la confusion générale, notamment parmi la jeune génération, à la consternation du Grand Mufti d’Australie qui ne cesse d’alerter sur ce terrifiant miroir aux alouettes.    

"Les musulmans, malheureusement, ont été les premières victimes du carnage disproportionné pendant plus d'une décennie, et aujourd'hui les autres croyants, y compris les chrétiens, particulièrement en Irak, sont la proie d'extrémistes violents. Ces criminels commettent des crimes contre l'humanité et des péchés contre Dieu. Expulsions forcées, menaces d'exécution et incendies de lieux de culte, y compris des églises, n'ont pas leur place dans aucune religion", a-t-il martelé la semaine dernière, en exhortant toutes les communautés de foi australiennes à faire cause commune contre le règne de la terreur imposé par l’Etat islamique.

Ibrahim Abou Mohammad est sur tous les fronts sous les cieux australiens qui pour être ensoleillés la plupart du temps n’en sont pas moins assombris par la montée de l’islamophobie vengeresse, exprimant son indignation à tous les micros et devant la représentation nationale face aux "mensonges éhontés et à la trahison de notre foi de la part de « djihadistes » sans foi ni loi".

"l’Etat Islamique n'est pas un état, il n'est pas islamique et il ne peut en aucune mesure se réclamer de l'islam ! Je l’ai répété à maintes reprises dans mes sermons et à la radio ou en présence de la communauté", a insisté le Grand Mufti d’Australie, avant de rappeler avec force une vérité par trop occultée : "L’Etat Islamique a tué plus plus de musulmans que de chrétiens. Ses combattants ont profondément blessé et meurtri l'Islam, et ce bien plus que toute autre foi, mais personne n'a relayé nos vives inquiétudes et notre immense émoi jusqu'à ce que les choses aient empiré."

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