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Le discours morne et menaçant de Netanyahou à l’ONU tourné en dérision sur Internet

Le discours peu inspiré et irrité du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou lorsqu’il s’est adressé à l’Assemblée générale de l’ONU mardi, était à peu près aussi prévisible que désespéré et sinistre.
 
Mais il a apporté une surprise.
 
Après avoir tancé la communauté internationale pour ce qu’il a appelé son « silence assourdissant » sur l’accord sur le nucléaire iranien, Netanyahou a passé 45 pénibles secondes à fusiller du regard les dirigeants et diplomates assemblés là. Jamais depuis son célèbre dessin de bombe, une apparition publique du dirigeant israélien n’a provoqué autant de raillerie. Des remix comiques du regard fixe d’un Netanyahou silencieux sont vite apparus sur You Tube.
 
 
 
Menaçant
 
Le reste de son discours a été du Netanyahou typique, plus ennuyeux et menaçant qu’amusant. L’essentiel de sa diatribe de 43 minutes a été consacré à provoquer et à diaboliser l’Iran, avec, en point culminant, des menaces légèrement voilées de guerre apocalyptique contre cette nation de 80 millions d’habitants.
 
« À chaque génération » a dit Netanyahou, « il y en en a eu pour se dresser contre notre peuple pout le détruire. Dans l’antiquité, nous avons été confrontés à la destruction des anciens empires de Babylone et de Rome. Au Moyen-Âge, ce furent l’inquisition et l’expulsion. Et dans les temps modernes, nous avons été confrontés aux pogromes et à l’Holocauste. Et pourtant, le peuple juif a persévéré ».
 
Assimilant l’État colonial moderne d’Israël à tous les Juifs de l’histoire, Netanyahou a prétendu : « et maintenant un autre régime est né, qui jure de détruire Israël. Ce régime [Iran] ferait bien de faire attention à ce qui suit. Je suis ici aujourd’hui comme représentant d’Israël, un pays jeune de 67 ans, mais qui est l’État-nation d’un peuple vieux de près de 4 000 ans. Les empires de Babylone et de Rome, quant à eux, ne sont pas présents au siège des nations. Pas plus que le Reich millénaire. Ces empires apparemment invincibles se sont éteints depuis longtemps. Mais Israël est vivant. Le peuple d’Israël est vivant. Am Israël Haï ! »
 
« Am Israël Haï », « le peuple juif est vivant » est le slogan hébreu le plus fréquemment clamé par les nationalistes de droite israéliens, souvent lorsqu’ils molestent des Palestiniens dans leurs attaques racistes. Alors que l’accord avec l’Iran et la levée des sanctions sont un pas en avant prometteur pour le peuple iranien et pour la paix dans le monde de façon générale, il se peut que les Palestiniens en paient le prix de leurs vies.
 
Dans une phrase mémorable, Netanyahou a averti « lorsqu’une mauvaise conduite est récompensée, elle ne fait que s’aggraver ». Il parlait de l’Iran, mais ces mots s’appliquent certes parfaitement au dorlotage d’Israël par les États unis, quoi qu’il fasse. L’administration Obama s’est mise en quatre pour saper les tentatives de Netanyahou de saboter l’accord avec l’Iran, en inondant Israël de nouveaux milliards de dollars d’armement contre les Palestiniens.
 
Pas étonnant que Netanyahou ait fait en sorte d’apprécier à haute voix « la volonté du Président Obama d’assurer notre sécurité ». Mais tant qu’il s’agit de guerres de propagande, l’échec de Netanyahou à recueillir l’appui d’assez de membres du Congrès de manière à bloquer l’accord dans les votes à venir, est une écrasante défaite pour Israël et pour les manœuvres d’intimidation de son lobby. A l’ONU il a mené une guerre qu’il avait déjà perdue. C’était puant de désespoir et cela a fait paraître Israël hors sujet et encore moins en phase que d’habitude avec un monde qui faisait un accueil immensément approbateur à l’accord avec l’Iran.
 
De la marchandise avariée
 
Au fait de l’image de plus en plus ternie de son pays, en particulier après l’assassinat de 551 enfants lors de l’attaque sur Gaza de juillet-août 2014 et l’élection cette année du gouvernement le plus ouvertement raciste de l’histoire d’Israël, Netanyahou a consacré les 15 dernières minutes de son discours à faire l’éloge de sa marchandise avariée.
 
Le monde a besoin d’Israël, a-t-il développé, parce qu’il est vital pour la science, la technologie, la médecine et l’agriculture.
 
« Le savoir-faire d’Israël est partout » a dit Netanyahou, prétendant que les ordinateurs, les smartphones, la messagerie instantanée, la navigation GPS, l’arrosage goutte-à-goutte, entre autres, reposent tous sur des innovations israéliennes. Il a même porté au crédit d’Israël l’excellence des tomates cerise.
 
« Nous sommes tellement fiers que notre petit pays contribue de façon aussi considérable au monde entier » a-t-il dit.
 
En dépit de son respect manifeste pour la science, Netanyahou ne s’est pas privé d’invoquer des textes religieux anciens pour affirmer le droit des Juifs sur la Palestine historique « consacré pour l’éternité par les grands prophètes de la Bible ».
 
Alors que ses discours antérieurs se centraient sur la diabolisation des Palestiniens comme force obscure déterminée à détruire Israël, cette année Netanyahou s’est davantage efforcé de caractériser son pays comme l’avant-garde de la défense contre les démons de l’islam radical.
 
« À seize kilomètres d’ISIS, à quelques centaines de mètres des mandataires meurtriers de l’Iran, Israël se tient sur la brèche, défendant fièrement et courageusement la liberté et le progrès » a-t-il braillé. « Israël est en première ligne de la civilisation contre la barbarie ».
 
« Israël ne fait pas que se défendre » a-t-il conclu. « Israël vous défend ».
 
Israël, semblait-il vouloir dire, doit être autorisé à opprimer les Palestiniens en toute impunité, au nom de la sécurité mondiale. En réalité, Israël est une force de déstabilisation qui nuit à la sécurité de la région et du monde.
 
Avec une brute toujours plus détraquée à la barre comme Netanyahou, cette réalité n’en est que plus évidente.
 
Traduction: SF pour l’Agence Media Palestine
 
Source: Electronic Intifada

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