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Le directeur de l’association musulmane phare d’Outre-Atlantique l’affirme : “Les musulmans américains ne se laisseront pas intimider”

A la tête de l'influent Conseil sur les relations américano-islamiques (CAIR), connu pour être présent tous les fronts en serrant les rangs face au fléau de l’islamophobie, Nihad Awad, le directeur général de l'association musulmane phare d'Outre-Atlantique, ironisait récemment sur la campagne aux relents pestilentiels menée tambour battant par Donald Trump, préférant céder à l’humour grinçant qu’à la consternation au terme d’une course à la Maison Blanche qui aura fait sauter toutes les digues…

« Habituellement, je suis avare de compliments envers les candidats, mais là, je tiens à remercier Trump pour avoir provoqué un véritable électrochoc au sein de la communauté musulmane. Les musulmans, comme rarement auparavant, ont pris conscience de l’importance que revêt leur vote le 8 novembre prochain, dans le climat inflammable ambiant », déclarait-il sur un ton caustique, à la veille d’un scrutin décisif.

Fortement ébranlé, tout comme l’a été la démocratie américaine, par les harangues électrisantes et les outrances du magnat de l’immobilier dont les impôts impayés depuis plus de vingt ans, entre autres graves manquements à son devoir civique, n’auront nullement entravé sa marche vers la gloire, Nihad Awad, encore sous le choc de son triomphe fracassant, a tenu à répondre aux questions du Time.

« En tant que citoyens, nous acceptons les résultats du processus démocratique qui nous relie les uns aux autres, depuis tant d’années, au sein d’une même nation. Peu importe qui a gagné, les musulmans américains ne se laisseront pas intimider ! La communauté musulmane américaine continuera à se mobiliser contre le sectarisme, la xénophobie, l'islamophobie, à agir pour faire respecter la justice et protéger les libertés de tous les Américains. Nous exigerons du nouveau président qu’il fasse de la défense des droits de tous les Américains, sans exclusive, une priorité, en se conformant à la Constitution», a-t-il indiqué en préambule.

Et de poursuivre : « L'ignorance qui entoure l'islam représente l’un des plus grands défis pour les musulmans américains. Je pense qu'il incombe à chacun d'entre nous de nous comprendre et de nous respecter, les uns les autres. Si nos concitoyens non musulmans lisaient des sources scripturaires authentiques, s’ils rencontraient des musulmans américains et échangeaient avec eux, ils découvriraient alors que nous partageons une profonde croyance commune en Dieu et en ses messagers, et que nous sommes viscéralement attachés aux mêmes valeurs et principes inaliénables que sont les droits de l’homme, la dignité humaine, le caractère sacré de la vie, l’entraide et la solidarité envers les êtres les plus démunis et vulnérables. Cela est inscrit dans notre religion musulmane, comme dans le christianisme et les autres religions. Au lieu de nous focaliser sur ce qui nous divise, nous devrions redoubler d’énergie pour bâtir des ponts entre nous tous et nous rassembler ».

L’accession au pouvoir de Donald Trump, le néophyte en politique catapulté par les urnes aux plus hautes destinées, inaugure une nouvelle ère, annonciatrice d’une « trumpisation » de la société américaine plus inquiétante qu’exaltante, mais il en faudrait plus pour déstabiliser Nihad Awad et le faire renoncer à se projeter dans l’avenir.

A peine remis de ses émotions et bien que ne sachant pas à quelle sauce ses coreligionnaires seront mangés, il déroule déjà sa feuille de route pour les quatre ans à venir, en affichant une détermination à toute épreuve.

« Nous allons continuer à renforcer notre infrastructure afin de servir au mieux les intérêts de la communauté. Nous allons mettre l’accent sur la participation politique et civique au sein de notre propre communauté musulmane. Nous devons ériger beaucoup plus de ponts entre nous tous et tendre la main aux personnes qui méconnaissent l’islam et n’ont aucun lien avec les musulmans américains. Nous avons besoin de créer les conditions d’un dialogue fraternel, enrichissant et pérenne avec l’ensemble de nos concitoyens, indépendamment de nos origines ethniques ou religieuses », prône-t-il, en se faisant plus que jamais le chantre de la coexistence pacifique et harmonieuse dans une Amérique qui ne ressort pas indemne de cette présidentielle de tous les dangers, et ce, quel qu’ait été le vainqueur.

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