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Le CFCM appelle à ouvrir une enquête internationale sur la situation des Ouïghours

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses images très choquantes circulent depuis des années sur le sort de la minorité musulmane Ouïghoure dans la région du Xinjiang.

Selon des experts, organisations des droits de l’homme et journalistes, au moins un million de Ouïghours internés par les autorités chinoises dans des camps sont soumis au travail forcé et à des traitements inhumains, dont à des actes de torture et à différentes autres privations. D’autres témoins parlent de viols, de stérilisations forcées, d’entraves aux naissances et de prélèvements d’organes opérés sur les internés.

Ces observateurs considèrent que la ligne de communication du gouvernement chinois qui se défend de viser un groupe ethnique spécifique ou une religion, et qu’il est uniquement question de lutte contre « le terrorisme et le séparatisme », n’est plus acceptable. Nier en bloc les accusations dont il fait l’objet, et refuser l’idée même d’une enquête indépendante, sont de nature à donner crédit aux témoignages des victimes et à prendre en compte les faits graves relatés par de nombreuses sources indépendantes.

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Le 22 juillet 2020, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, interrogé à l’Assemblée Nationale sur les persécutions subies par les Ouïghours, a demandé la fermeture de ces camps d’internement et condamné avec beaucoup de fermeté « des détentions massives, des disparitions, du travail forcé, des stérilisations forcées, la destruction du patrimoine culturel Ouïghour et en particulier des lieux de culte, la surveillance de la population et plus globalement tout le système répressif mis en place dans cette région ». Le ministre avait également réclamé « l’accès d’observateurs indépendants internationaux au Xinjiang, où la situation des Ouïghours est préoccupante ».

Le 12 juin 2020, les sénateurs belges ont demandé aux Nations Unies l’ouverture d’une enquête sur le trafic d’organes des prisonniers Ouïghours. Le député européen Raphaël Glucksmann, qui a enquêté sur la situation des Ouïghours, a demandé également la mise en place d’une commission d’enquête internationale en rappelant que les grands silences permettent des grands crimes.

Pour l’instant, ces positions n’ont malheureusement pas donné lieu à une prise de position ferme de la communauté internationale. Celle-ci reste très divisée sur les actions à entreprendre contre le gouvernement chinois.

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D’un côté, au début du mois de juillet 2020, 22 pays parmi lesquels la France, l’Australie, le Royaume-Uni, la Suisse, le Danemark, la Nouvelle-Zélande, le Japon, ont adressé une lettre à l’ONU pour dénoncer la situation dans le Xinjiang. De l’autre côté, dans un document adressé au conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, le 01 /07/ 2020, 46 pays, dont 21 sont membres de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI), ont apporté « leur soutien » à la Chine : « Nous notons avec inquiétude que le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme ont causé d’énormes dommages à des personnes de tous les groupes ethniques du Xinjiang, en Chine, et ont gravement porté atteinte à leurs droits humains…Nous notons avec satisfaction que la Chine a pris une série de mesures pour répondre aux menaces conformément à la loi afin de sauvegarder les Droits de l’Homme de tous les groupes ethniques du Xinjiang », écrivent les signataires.

Le CFCM, horrifié par les nombreux témoignages qui décrivent des faits caractéristiques de génocide et de crimes contre l’humanité, appelle à l’ouverture d’une enquête internationale pour faire toute la lumière sur la situation de cette minorité musulmane et les crimes dont elle est victime.

Le CFCM appelle toutes les forces vives à apporter leur soutien et leur solidarité au peuple Ouïghour, via les ONG caritatives mobilisées pour sa cause.

Le CFCM appelle les musulmans de France à saisir les moments de prières de l’Aïd El-Adha et du vendredi 31 juillet prochain pour élever des invocations au secours de cette minorité, et de toutes les minorités victimes de crimes et de répression que rien ne saurait justifier.

Mohammed MOUSSAOUI
Président du CFCM

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