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Le 8 mai 1945 dans le Nord-Constantinois : retour sur un massacre

« L’intelligence, c’est de bien retenir les expériences ».
L’imam Ali

Ces terribles massacres mirent un coup d’arrêt à l’élan unitaire du mouvement national algérien dont les différentes composantes s’étaient rassemblées au sein des Amis du Manifeste et de la Liberté [AML].

En effet, durant la seconde guerre mondiale la situation politique fut profondément bouleversée. L’échec définitif du mouvement assimilationniste[1], la défaite de juin 1940 qui avait montré la vulnérabilité de la puissance coloniale, avaient redéfini les « champs du possible » pour les acteurs du mouvement national algérien. Avec le débarquement Alliées en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942, la vie politique connut une nouvelle dynamique. Les acteurs du mouvement national reprenaient à leur compte l’idée du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes mis en avant par les Américains dans la Charte Atlantique datée 12 août 1942.

C’est dans cette atmosphère que le 10 février 1943, Ferhat Abbas, avec le soutien du Parti du Peuple Algérien [PPA], clandestin, et de l’association des Ouléma, rendit publique le Manifeste du Peuple Algérien. Rompant avec l’idéologie assimilationniste, le Manifeste affirmait : « le temps est passé où un Musulman algérien demandera autre chose que d’être un Algérien musulman »[2].

Le Manifeste eut rapidement un écho important au sein de la population algérienne. Par la suite, afin de faire valoir les idées développées dans le Manifeste, les différentes tendances du mouvement national décidèrent de s’unir dans une organisation politique commune. Ainsi, le 14 mars 1944, les trois principales composantes du mouvement national algérien, les nationalistes révolutionnaires du PPA, les islahistes de l’Association des Ouléma et les « autonomistes » proches de Ferhat Abbas, décidèrent de s’unir au sein des Amis du Manifeste et de la Liberté pour lutter contre le colonialisme et promouvoir l’idée de nation algérienne.

Les AML se structurèrent en section sur l’ensemble du territoire algérien et devinrent rapidement une organisation de masse réunissant plusieurs dizaines de milliers d’adhérents. En politisant la population algérienne, les AML permettaient de changer les rapports entre colonisateurs et colonisés. Selon Ahmed Mahsas, « encouragés par l’extension des AML, les Algériens longtemps réduits au silence et à la sujétion par le système colonial, changeaient de comportement et levaient la tête. Ils n’acceptèrent plus les brimades dont ils étaient l’objet quotidiennement de la part de l’administration et de la majorité des Européens

Le nouveau comportement des Algériens se manifestait par le rejet de toute mesure d’humiliation et par la défense de leur dignité. Il suscita la crainte dans les milieux colonialistes et exacerba la haine de « l’arabe », naguère traité par le mépris. La tension entre le peuple algérien d’un côté, l’administration et les Européens de l’autre, régna sur l’étendue de tout le territoire algérien »[3].

Au sein des AML, Ahmed Mahsas expliquait que le PPA s’efforçait « de populariser ses mots d’ordre (indépendance, panarabisme, solidarités avec les pays arabo-musulmans et les pays colonisés). Son radicalisme, son caractère populaire, son organisation et son action efficace plaçaient le PPA à l’avant-garde du combat »[4].

A cette période, selon Benyoucef Ben Khedda, « une vague de nationalisme déferlait sur tout le pays. C’en était trop pour les colons qui, voyant leurs privilèges menacés, commençaient à paniquer »[5]. De plus, les AML, sous l’influence du PPA, radicalisaient leur revendication ce qui inquiétaient les autorités coloniales.

En mars 1945, le Congrès des AML demanda : « la reconnaissance de la nationalité algérienne »  ; « l’établissement d’une constitution algérienne démocratique et républicaine »  ; « le remplacement des Assemblées algériennes par un Parlement élu »  ; « le remplacement du gouvernement général par un gouvernement algérien »  ; « la reconnaissance des couleurs algériennes »[6]. De Plus,une motion reconnaissant Messali Hadj comme « leader incontestable du peuple Algérien » fut votée.

Face à cette radicalisation, l’administration coloniale chercha à réagir. Le 18 avril à l’occasion d’un rassemblement dans la commune de Chellala, dans le Sud du département d’Alger, l’administration en profita pour procéder à l’arrestation de plusieurs militants des AML. Ces arrestations provoquèrent des heurts entre la police et la population locale. Le 25 avril, Messali Hadj, qui était assigné à résidence dans la région, fut déporté au Congo. Ainsi, commençait la répression contre le mouvement national.

Les militants du PPA voulurent réagir contre la politique répressive de l’administration coloniale et montrer leur capacité de mobilisation. Depuis le débarquement, le parti nationaliste révolutionnaire s’était organisé clandestinement sur l’ensemble du territoire algérien et représentait une réelle force politique capable de remettre en cause l’ordre colonial. Le PPA était essentiellement composé de jeunes militants prêts à en découdre avec les autorités coloniales.

Le 1er mai 1945, à l’occasion de la fête du travail, des manifestions furent organisées dans toute l’Algérie. Afin de montrer leur capacité de mobilisation et pour protester contre la déportation de Messali Hadj, les militants du PPA décidèrent d’y participer en organisant des cortèges distincts de leurs adversaires du Parti Communiste Algérien [PCA] et de la CGT. Les slogans du PPA était : « Parlements Algérien », « Libérer Messali », « Libération de tous les détenus politiques », « indépendance » ». Face à cette démonstration de force des nationalistes algériens, les autorités réprimèrent durement les manifestions. A Alger la police ouvrit le feu sur les manifestants faisant 4 morts. Dans le même temps, il y eu respectivement 1 mort à Oran et à Blida.

Au lendemain de ces manifestations, la CGT et le PCA accusèrent le PPA d’avoir fomenté « une provocation ». En réponse, l’organe clandestin du PPA, L’Action algérienne, lança un appel répondant aux allégations du PCA : « Communistes Algériens ! Vous n’avez de communistes que le nom ! Votre parti a jeté le masque. Il glorifie l’assassinat. Il se fait le complice de l’administration. Messali serait hitlérien ! Il oublie que le PPA et le PCA ont été dissous par le même décret en Septembre 1939, que Messali et ses amis ont été condamnés au bagne par Vichy, alors que Djenienbou-Rezag, Taïeb, Boualiz, Ouzegane, etc… étaient relativement favorisés par Vichy. Il oublie qu’au moment où Hitler semblait vaincre, Messali n’a jamais répondu aux offres du nazisme qu’il condamne depuis 1937 »[7].

A la suite de ces manifestations du 1er mai, l’administration lança une vague d’arrestations parmi les militants nationalistes révolutionnaires. Face à cette répression, le PPA donna des consignes précises à ses militants pour l’organisation des manifestations célébrant la fin de la guerre 1939-1945. Selon Chawki Mostefaï, cadre nationaliste révolutionnaire, la direction du PPA ordonna que :

«  1) Les manifestations doivent être absolument pacifiques ; les mots d’ordre de prudence et de sang-froid largement diffusés parmi les manifestants ; le contrôle de ceux-ci pour récupérer toutes espèces d’armes éventuelles tels que armes à feu, couteaux, même les bâtons etc.

2) Les villes d’Alger, d’0ran et Blida s’abstiendront de manifester ; de crainte que les récentes fusillades du 1ier Mai, n’aient créé chez les militants et les manifestants, un esprit de revanche, contre les forces de l’ordre, propice aux provocations de celles-ci, toujours possibles.

3) Déployer en milieu de parcours, le drapeau algérien, qui venait d’être adopté par la Direction, quelques semaines auparavant. »[8]

Malgré la violente répression des manifestations du 1ier mai, les nationalistes révolutionnaires du PPA voulaient absolument participer aux manifestations célébrant la victoire contre le nazisme. A ce propos, Chawki Mostefaï expliquait :« Il fallait frapper un grand coup et démontrer, au moment de la célébration prochaine de la victoire définitive du camp de la Démocratie sur l’Hitlérisme, que le peuple algérien, partisan de la Démocratie et de la Liberté des peuples, entendait célébrer dans la joie et l’enthousiasme la fin du cauchemar né de l’Hitlérisme et son équivalent le Colonialisme, contre lesquels le peuple Algérien a consenti les plus grands sacrifices sur tous les fronts de la guerre »[9].

Les nationalistes révolutionnaires Algériens voulaient utiliser ces manifestations pour s’affirmer sur la scène internationale afin de revendiquer l’indépendance de l’Algérie. Chawki Mostefaï affirmait que« pour profiter au maximum du retentissement médiatique, à l’échelle mondiale de la victoire des pays de la Charte de l’Atlantique, l’Algérie devait fêter sa victoire en tant que peuple, en tant que nation opprimée, indépendamment de la France et de ses institutions, en arborant tout haut l’Emblème de sa propre souveraineté. C’est ainsi que nous décidâmes, au sein du Comité Directeur, de défiler le jour des manifestations de la victoire, en arborant le drapeau de l’Etoile Nord Africaine et P.P.A en tête des cortèges »[10].

Ainsi, pour célébrer la victoire des Alliés, le 8 mai au matin, les nationalistes Algériens organisèrent des manifestations dans de nombreuses villes du pays : à Blida, Berrouaghia, Sidi Bel Abbès, Saïda, Annaba ou Jijel. Dans ces deux dernière villes, les Algériens sortirent des drapeaux et des banderoles sur lesquels il était inscrit : « Vive l’Algérie indépendante », « A bas le colonialisme », « Libérer Messali ». Face à cette manifestation de nationalisme algérien, la police intervint et des coups de feu furent tirés. A Guelma, la police voulut disperser les manifestants du cortège musulman, ce qui provoqua des échauffourées faisant 1 mort côté algérien.

A Sétif, il y avait environ 10 000 personnes présentes, dont environ 200 membres des Scouts Musulmans Algériens [SMA] qui ouvraient la marche. Les manifestants déployèrent des pancartes, proclamant notamment « Vive l’Algérie libre et indépendante » ou « A bas le fascisme et le colonialisme ». Au cours de la manifestation, un drapeau aux couleurs algériennes fut déployé. Voyant ce drapeau et ces banderoles, la police chercha à s’en saisir. Les manifestants refusèrent. En réponse, des rafales de mitraillette furent tirées par un policier français. La manifestation tourna à l’émeute. A 13 heures le couvre feu était instauré et à 20 heures l’état de siège était décrété. L’armée, la police et la gendarmerie sillonnèrent les quartiers arabes et les douars de la région.

Des armes étaient distribuées aux colons européens qui se constituèrent en milices. Selon Mahfoud Kaddache, « tous les Européens, quelle que soit leur tendance politique, se regroupaient face au danger arabe […] elle [la milice] se livra à des représailles contre la population musulmane et à des exécutions sommaires de suspects, de militants des AML, du PPA, des Oulémas et des scouts musulmans algériens »[11].

La violence de l’armée française et des milices Européennes fut impitoyable. Exécutions sommaires, massacres de civils, prises d’otages au sein de la population algérienne, viols, bombardements de villages… A Sétif où la loi martiale fut proclamée, tout Algérien ne portant pas le brassard réglementaire était abattu.

Le 12 mai 1945, le Général De Gaulle ordonna au gouvernement général « d’afficher publiquement la volonté de la France victorieuse de ne laisser porter aucune atteinte à la souveraineté française en Algérie » et de « prendre toutes les mesures nécessaires pour réprimer tous agissements antifrançais d’une minorité d’agitateurs »[12].

Pour mettre en œuvre cette répression, l’armée fut mobilisée. Outre les 9 000 hommes de la division de Constantine, des unités d’Alger et de Tunis furent dirigées dans le Nord Constantinois. Deux croiseurs, le Triomphant et le Duguay-Trouin, tirèrent plus de 800 coups de canon depuis la rade de Bougie sur la région de Sétif. L’aviation bombarda et rasa plus ou moins complètement plusieurs agglomérations. Une cinquantaine de « mechtas » furent incendiées. Les automitrailleuses firent leur apparition dans les villages. Les soldats tirèrent à distance sur la population. Les blindés furent relayés par les militaires arrivés en convoi sur les lieux. A l’approche des troupes, les villages étaient désertés par une population qui se réfugiait sur les crêtes ou dans les ravins.

Pour sauver leur vie, des hommes, des femmes et des enfants furent obligés de s’agenouiller devant les militaires français. L’armée célébrait sa victoire. Le 25 mai 1945, 5 000 fellahs des Babors furent contraints de se mettre à genoux, de demander pardon et de crier « Vive la France ». Puis, le colonel de légion les obligea à se prosterner le front à terre devant le drapeau français et à dire : « nous sommes des chiens et Ferhat Abbas est un chien »[13]. Parmi eux, 400 furent identifiés comme troubles faits et furent conduits vers une destination inconnue dont ils ne revinrent jamais.

Les corps des cadavres étant trop nombreux, tous ne purent être enterrés. Ils furent alors jetés dans les puits et dans les gorges de Kherrata. Les miliciens Européens décidèrent de réemployer les « techniques » que leurs « camarades » Allemands avaient utilisées dans les camps de la mort. Ils brûlèrent les corps dans des fours à chaux, selon la logique voulant que « s’il n’y a pas de corps il n’y a pas de victimes ». Saci Benhamla, qui habitait à quelques centaines de mètres du four à chaux d’Héliopolis, décrivait « l’insupportable odeur de chair brûlée et l’incessant va-et-vient des camions venant décharger les cadavres, qui brûlaient ensuite en dégageant une fumée bleuâtre ». Le même homme racontait, à Kef-El-Boumba, « j’ai vu des Français faire descendre d’un camion cinq personnes les mains ligotées, les mettre sur la route, les arroser d’essence avant de les brûler vivants »[14].

Le nombre des victimes ne fut jamais clairement établi ; les chiffres oscillent entre 1 500 morts selon le gouvernement français et 45 000 selon les nationalistes Algériens qui reprirent les chiffres du consul général des Etats-Unis à Alger.

Au-delà des chiffres, les massacres laissèrent des souvenirs effroyables à ceux qui les avaient vécus. Un bachagha travaillant pour l’administration française expliqua au journal colonialiste Le Courrier Algérien : « jamais, tant que je vivrai, je n’oublierai le souvenir de ces viols, des incendies, de ces canons, des ces mitrailleuses, de ces troupes, l’arme au pied, amassées aux abords du village et dans le village, de ces arrestations, de ces exécutions massives, de ces délations de fellahs terrorisés mentant à longueur de journée pour se disculper »[15].

Parallèlement, une vague de répression toucha les trois tendances du mouvement national algérien qui s’étaient unies au sein des AML. Ceux-ci furent dissous, par les autorités françaises, le 15 mai 1945. Les militants nationalistes qui avaient exercé des responsabilités publiques, furent envoyés en prison. En novembre 1945, le nombre des arrestations s’élevait à 4 560 pour toute l’Algérie. Selon Charles-André Julien, « la plupart des arrestations avaient été faites sans preuves »[16]. Les tribunaux militaires avaient prononcé 557 non-lieux, 1307 condamnations, dont 99 à mort, 64 aux travaux forcés à perpétuité, 329 aux travaux forcés à temps et 250 acquittements. Messali Hadj fut déporté à Brazzaville, Ferhat Abbas alors dirigeant des AML fut envoyé en prison ainsi que le président de l’Association des Ouléma, le Cheikh Bachir El Ibrahimi.

Ces terribles massacres ne furent pas l’œuvre du gouvernement de Vichy mais celui du gouvernement de la France Libre qui s’était opposé au nazisme. Tous les grands mouvements politiques issus de la résistance y étaient présents, des gaullistes aux communistes en passant par les socialistes et les démocrates chrétiens. Tous furent agents actifs et complices des massacres du Nord-Constantinois. Le ministre de l’air qui fit bombarder le Nord-Constantinois, était le communiste Charles Tillon qui avait dirigé les Francs-Tireurs et Partisans [FTP].

Dans les colonnes de Fraternité du 17 mai 1945, les socialistes blâmèrent ceux qui « avaient sali la grande heure de la Victoire des démocraties » et estimèrent que « la grande masse des populations musulmanes n’avait pas encore atteint le degré d’évolution minimum nécessaire pour justifier les revendications du Manifeste ; le fait que les élites dirigeantes aient organisé et déclenché ce mouvement n’indique pas non plus que celles-ci ont une maturité politique »[17]. Le PCF dénonçait l’action « d’agents secrets hitlériens et d’autres agents camouflés dans des organisations qui se prétendent démocratiques au service de l’impérialisme fasciste »[18].

Dans son édition du 12 mai, L’Humanité appela à « châtier impitoyablement et rapidement les organisateurs de la révolte et les hommes de mains qui ont dirigé l’émeute ». Le 31 mai, le journal communiste recommandait de « punir comme ils le mérite les tueurs hitlériens ayant participé aux évènements de mai 1945, et les chefs pseudo-nationalistes »[19].Le PCF pour qui l’aspiration à l’indépendance était étrangère à la population algérienne,se félicita des sanctions prises contre Messali Hadj, Ferhat Abbas et le Cheikh Bachir El Ibrahimi, ainsi que de la dissolution des AML.

Suivant la ligne politique du PCF, le 31 mai 1945, Amar Ouzegane, le premier secrétaire du PCA, dénonça « la collusion criminelle des faux nationalistes du PPA avec la Haute Administration non épurée et les soutiens du fascisme »[20]. Liberté, l’organe du PCA, parlait de « complot fasciste » dont les militants du PPA étaient les principaux agents. Le PCA qui était formellement indépendant et qui, dans les faits, s’alignait totalement sur la politique du PCF, refusait de prendre en compte les aspirations nationales du peuple algérien.

Malgré la répression, les militants clandestins du PPA continuaient de mener leur action politique. Dans un tract distribué au alentour du 25 juin 1945 dans la région d’Alger, le PPA affirmait : « le peuple algérien vient de vivre l’épisode le plus dramatique et le plus sanglant de sa lutte plus que séculaire contre l’Impérialisme le plus rapace, le plus tyrannique, le plus aberré. […] Les journées du 1er et du 8 mai sont désormais inscrites en lettres de sang dans l’histoire de notre grand combat pour la libération de la Patrie Algérienne. 500 000 de nos frères, calmes, dignes, mais farouchement résolus, ont parcouru les rues de nos villes au mépris des mitrailles, galvanisés par une foi indomptable en l’idéal de Libération Nationale ». Dénonçant l’unanimisme de la presse et des partis politiques français, le tract ajoutait :« l’union sacrée est réalisée quand il s’agit d’accuser l’Arabe. Même nos socialistes, même nos impérialo-communistes »[21].

Analysant la signification historique de ces massacres, le tract du PPA expliquait : « les massacres sont l’unique moyen de sauver les privilèges hideux du colonialisme, si ce n’est en exterminant les Arabes. Ils en ont tué 35 000. Il en reste 9 965 000, qui sont prêts à mourir et qui sont prêts… à se DEFENDRE. Car les évènements ont scellé d’un lien d’acier l’unité du peuple algérien ». Le tract se concluait en affirmant : « Tout cela c’est la déconfiture du régime colonial français »[22].

Ces massacres marquèrent profondément toute une génération de jeunes militants nationalistes révolutionnaires Algériens qui furent à l’origine de l’insurrection du 1ier novembre 1954. Cela fit dire à certains historiens, tels que Mohammed Harbi, que la révolution algérienne avait véritablement commencé le 8 mai 1945 à Sétif. Pour l’un des hommes qui organisa l’insurrection du 1ier novembre, Mohammed Boudiaf, le 8 mai 1945 fut le point de départ de son engagement dans les rangs nationalistes : « Le 8 mai 1945, expliquait-il, fut le point de départ d’une prise de conscience »[23].

 


[1] Mouvement qui réclamait le rattachement complet de l’Algérie à la France et la citoyenneté française pour les Algériens.

[2] Charles-André Julien, L’Afrique du Nord en marche, Paris, Omnibus, 2002, page. 247

[3] Mahsas Ahmed, Le mouvement révolutionnaire en Algérie de la Première Guerre Mondiale à 1954, Essai sur la formation du mouvement national, Paris, L’Harmattan, 1979, page 180

[4] Ibid., page 178

[5] Ben Khedda Benyoucef, Les origines du premier novembre 1954, Alger, CNERMNR, 2004, page 87

[6] Kaddache Mahfoud, Histoire du nationalisme algérien, Tome II, 1939-1951, Paris, Ed. Paris-méditerranée, 2003, page 633

[7] Stora Benjmin, Messali Hadj, 1898-1974, Paris, Ed. Hachette, 2004, page 192

[8] Mostefaï Chawki, « Afin que nul n’oublie », op. cit., cf. Ben Khedda Benyoucef, Les origines du premier novembre 1954, op. cit., page 309-310

[9] Ibid., page 304

[10] Ibid.

[11] Kaddache Mahfoud, Histoire du nationalisme algérien, Tome II, 1939-1951, op. cit., page 661

[12] Ibid., page 662

[13] Ibid., page 664

[14] Mekhaled Boucif, Chronique d’un massacre : 8 mai 1945, Sétif- Guelma- Kherrata, Paris, Ed. Syros, page 187

[15] Kaddache Mahfoud, Histoire du nationalisme algérien, Tome II, 1939-1951, op. cit., page 664

[16] Julien Charles-André, L’Afrique du Nord en marche, op. cit., page 263

[17] Kaddache Mahfoud, Histoire du nationalisme algérien, Tome II, 1939-1951, op. cit., page 667-668

[18] Ageron Charle-Robert, Histoire de l’Algérie contemporaine, Tome II, Paris, PUF, 1979, page 597

[19] Kaddache Mahfoud, Histoire du nationalisme algérien, Tome II, 1939-1951, op. cit., page 668

[20] Ageron Charle-Robert, Histoire de l’Algérie contemporaine, Tome II, op. cit., page 597

[21] CAOM 11H 58

[22] Ibid.

[23] Boudiaf Mohammed, La préparation du 1ier novembre, Ed. Etoile, 1976, page 10

38 commentaires

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  1. Comme il a été judicieusement indiqué, les pauvres gens, ouvriers, ruraux, étaient déjà exploités. La France depuis la révolution était dirigée par la bourgeoisie, qui a retiré nombre de droits aux ouvriers afin de mieux les exploiter. La colonisation c’est eux aussi… Toujours plus d’argent, de profits. La France livrée au nazisme c’est encore eux. Et non n’en déplaisent à certains la France n’est pas peuplée que de juifs et de chrétiens. Les vrais chrétiens sont minoritaires, les athées sont majoritaires. Ils ne sont pas juste athées, mais le plus souvent anticléricaux. Quand au modernisme… Regardez ce que sont devenus les civilisations “modernes”, brillantes, par le passé. Je trouve cet article très intéressant car il rappelle certaines réalités que nous aurions tort d’oublier. concernant aussi les communistes, dont on oublie un peu vite qu’il n’y a pas si longtemps ils étaient auteurs des “ratonnades” (comprenez chasse aux Arabes). Posez vous la question : pourquoi tant de français se convertissent à l’Islam? Parce qu’ils croient aller ainsi au paradis ? Alors que tant de chrétiens s’imaginent qu’il leur suffit d’avoir été baptisés pour se voir garantir une place au Ciel! Combien de ceux qui se disent chrétiens appliquent les commandements de Dieu, à commencer par le Carême ? J’en cherche…

  2. La colonisation est une sale affaire, la décolonisation toujours douloureuse.
    Ne pas oublier serie st un devoir de mémoire.
    Aujourd’hui notre époque à bien changée.

  3. Chacun étale comme d’habitude sa haine de la France tout en profitant de ses services…
    Mais c’est vrai que depuis la défaite de 1940 et le débarquement allié en Afrique du Nord de 1942, son prestige dans les colonies avait pris un coup. La décolonisation était inévitable et les colons sont bien coupables, eux qui n’ont jamais voulu partager quoi que ce soit.
    En ce qui concerne les évènements de Sétif :

    https://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=19450508&ID_dossier=57

  4. Mon commentaire ? : « L’intelligence, c’est de bien retenir les expériences ».
    L’imam Ali. J’ajouterai : “L’impérialisme est un mauvais élève” du général Giap. Mais, retenir ou non les expériences, l’indépendance est inéluctable.

  5. La colonisation pour certains a un autre nom : la Première Mondialisation.
    Actuellement nous vivons : la Deuxième Mondialisation depuis le début des années 60.
    Sur ce site beaucoup de commentateurs font du « sur place » et en sont toujours à parler de la 1ère !
    Alors parlons-en !
    Mais ils en parlent de façon tout à fait incomplète.
    Ils ne parlent que de l’aspect occupations, exploitations, mépris des droits élémentaires des peuples situés hors de l’hexagone.
    Ils oublient que dans l’hexagone lui-même les populations ouvrières issues des populations rurales pauvres (journaliers) y étaient exploitées sans scrupules.
    En littérature française c’est Germinal de Zola, en Angleterre il y a eu Dickens !
    Les exploités de cette colonisation intérieure se sont aussi eux-même décolonisés (par la lutte sociale parfois violente) un peu plus rapidement que les exploités de la décolonisation extérieure mais finalement pas très longtemps avant !
    Bref la Deuxième Mondialisation semble correspondre ???? à l’abandon de la seule colonisation extérieure … reste l’intérieure qui reprend force par le biais du moins disant social et le dumping social et salarial.

    • Tout à fait d’accord !
      Cette analyse très pertinente permet de rappeler que le peuple de France doit rester uni sinon un mélodrame à la chinoise nous attend. Plus de sécurité inutile pour finalement moins de liberté. Actuellement, le fichage est monnaie courante alors qu’on oublie que la génération post deuxième guerre mondiale avait manifesté contre le numéro de sécurité social qui est en réalité un numéro d’identification national. Quand on voit où on en est, pas mal auraient été plus qu’en colère.

  6. Jean Bernard des idées sont pathétique la France comme tu dis celle des colonisateur avais avec eux la déclaration des droits de homme chose qui ne pratiqué pas quant Algérie était française sache que la France ne sais pas construite juste avec de chrétiens et n’oublie le nombre de musulman ou athées mort Pour la France Vien pas nous imposé que c’est homme chrétien qui a crée les routes sacré mer…

  7. si quelque part la colonisation est une chosification , d’autre part elle est une civilisation pour une vie moderne.
    aujourd’hui nous vivons les acquis de la colonisation tel que: les hôpitaux; les écoles; les routes; les langues officielles ou vernaculaires. les pays qui n’ont pas vu les colons blancs sont encore dans l”obscurantisme tel que: la Papouasie;
    le 8 mai 1864 qui dérive de la guerre de Solférino en Italie a donné naissance à la croix rouge par Henry DUNANT en 1864 à Genève en Suisse . la croix rouge qui est parodiée aujourd’hui par les musulmans en disant croissant rouge. ils ne créent pas sauf parodier puis ils disent c’est pour nous qui est meilleur il vient de dieu.
    d’après Henry Dunant, le 8 mai est un jour de pitié et de partage.
    toi qui est français musulman tu n’es pas français car tous les français sont des chrétiens ou juifs. tu es en train de doper et souiller la France.
    bref, la colonisation = vie moderne.

    • De quelle fosse sceptique sortez-vous vos bêtises?
      Les papous sont plus civilisés que vous: vous peinez avec la démocratie alors qu’ils adoptent le consensus et l’histoire leur reflète une image beaucoup plus belle que la vôtre.
      Alors un peu de décence et mes malédictions à votre Henry Dunant qui a souillé la planète.

    • Quand des colons sont venus en Algérie en 1830 et les années suivantes, ils ont déclaré que les algériens vivent comme nous en France te sont parfois mieux que nous. La civilisation n’est pas le propre des français ou des occidentaux, c’est ce que beaucoup ont tendance à penser qu’ils sont les civilisés et les autres des sauvages.
      Qui vous a dit que vous êtes le nombril du monde.
      – Personne .!
      – alors taisez vous.!!

    • Hormis le fait que vos élucubrations soient nauséabondes, par pitié, structurez votre pensée, écrivez en français. Vos pseudos phrases font mal aux yeux. Vous faites honte à la langue française. Retournez donc sur les bancs de l’école avant de vous attaquez à quelque chose qui vous dépasse.
      Je reste pantois, comment peut-on prétendre parler de culture et de civilisation quand on est un âne bâté?

      • ne vous énervez pas Titi en disant des sottises contre quelqu’un. on le voit; beaucoup de musulmans n’aiment ps des critiques; si vous commencez des critiques avec un musulman attends-toi à des mots sales pour te décourager. je m’en fou de ton école là. ce qui reste clair c’est que les musulmans ont été les premiers à être en Afrique pour coloniser les africains; mais qu’est-ce qu’ils ont fait si ce n’est de former des écoles coraniques qui regroupaient les enfants au tour d’un feu . dans cette école d’obscurantisme les élèves étaient couverts de poussière; leurs maîtres les empêchaient de réfléchir longtemps. tous ces pays colonisés par les arabes musulmans avant l’arrivée des colons blancs chrétiens vivaient dans l’obscurantisme ( pas d’écoles d’intellectuel; pas d’hôpitaux; pas de route etc.) ces maîtres karamoko les trompaient en disant que dieu a donné aux juifs et aux chrétiens ce monde ci-bas mais aux musulmans l’eau- de-là. ce sont des illusions. pourquoi les musulmans immigrent vers les pays chrétiens?
        Titi vous parlez aujourd’hui le bon français c’est grâce aux chrétiens
        vous écrivez bien les phrases en langue française, c’est grâce au chrétien
        vous communiquez aujourd’hui avec moi sur le net, c’est grâce au blanc que vous ne voulez pas voir chez vous et autour de vous.
        vous parlez souvent du coran c’est grâce aux hommes du livres ( les juifs et les chrétiens)
        les pays musulmans colonisés par les colons juifs et chrétiens font de l’ingratitude en vers ces blancs après avoir tout acquis.

        • Quelle pitié. Ce que vous écrivait est proprement incompréhensible mais sent pourtant mauvais. C’est exactement la sensation que l’on a face à quelqu’un qui sent de la bouche.
          En réponse aux quelques bribes déchiffrées péniblement, sachez pour votre gouverne que les musulmans n’ont pas colonisé l’Afrique, mais ce sont les populations autochtones (africaines) qui ont adopté l’islam. Ces mêmes populations africaines sont blanches (il semble que vous fassiez une petite fixation sur la couleur de la peau).
          Si je maitrise actuellement le français, c’est que j’étais assidu à l’école. Ce qui visiblement n’est pas votre cas.
          Par pure compassion, je vous implore d’arrêter de torturer la langue française et de vous faire honte, Je vous promets de prier pour vous et pour le salut de notre belle langue.

          • ce n’est pas vrai Titi, l’islamisation forcée et obligatoire c’est de la colonisation. Almamy Samory Touré; Ousmane Dan Fadjo Alpha Yaya Diallo ces soi-‘disant héros ont torturé les africains à cause de cette religion, cette population africaine a adopté par peur l’islam. les peuls ont tué et chassé du Fouta Djalon les communautés (Djalonké, Baga, témounets et Sousous) qui refusaient d’adopter l’islam car pour ces communautés l’islam appartient à Mahomet elles ne vont jamais se soumettre au père de quelqu’un .
            En ce qui concerne le français, assidu ou ponctuel ou pas, vous maîtrisez le français mais l’instruction civique vous manque.
            moi je ne formule pas les belles phrases comme Molière , mais mes idées sont raffinées et je respecte les personnes dans la causerie parce que je l’ai appris à l’école où je ne partais pas tout le temps selon vous.
            encore une fois, les arabes ont colonisé négativement les africains que cela vous plaise ou pas. Continuez à priser le père d’autrui et laissez le vôtre merci.

    • A votre petite échelle insignifiante, vous êtes l’illustration de l’esprit des colons européens en Algérie en 1945. Dédain, sentiment de légitimité, négation des musulmans comme des égaux.
      C’est esprit colonialiste, nourri par une partie des rapatriés d’Algérie dans toutes les strates de l’administration et de la vie économique jusqu’ au début des années 2000 ainsi que par les nostalgiques de la France des Colonies a très vite rendu plus compliqué la coexistence entre les deux France, celle des Français nouveaux, ayant soif de liberté d’égalité et de vérité et celle des Français nostalgiques nourris de phantasmes sur la grandeur, sur l’héroîsme passé qui en réalité n’est que chimère et poudre aux yeux historique contribuant à la construction du “Roman” national. Ce roman ce sont des histoires qui défont l’Histoire à la fois glorieuse et honteuse de l’élite de ce pays vis à vis de ses minorités notamment juives et musulmanes dans l’histoire récente, protestante si on remonte plus loin.
      C’est notre histoire que vous le vouliez ou non, libre à vous de nous considérer comme une chance ou comme autre chose. Pour ma part, je vous considère comme une petite plaie à la fois génante et insignifiante si on la soigne, toutefois elle peut s’infecter et s’emplir de pue s’y on y prend garde.

      • Ce commentaire est mal placé il répondait au post de oummaderien (plus bas)
        J’en profite pour rectifier un oubli parmi les minorités, j’ai oublié nos concitoyens noirs libérés par la révolution française dans un premier temps avant d’être renvoyés à leur condition d’esclave par le glorieux Napoléon Bonaparte. Sans parler du traitement spécial dont furent l’objet les noirs dans les colonies, traitement qui faisaient d’eux des esclaves de fait.

    • La croix rouge, a-t-elle pu expliquer comment et pourquoi M. Bernard Kouchner avait été pris en flagrant délit d’excès de vitesse à bord d’une voiture de luxe (Porsche ou Ferrari je ne sais plus), voiture achetée par la Croix-Rouge, servant à l’usage privé de M. Kouchner. Et surtout qui cette voiture était censée “aider”? Mdr

  8. Je suis français et musulman et inchallah j’apprendrai à mes enfants que le 8 mai jour férié en France ce n’est pas la victoire de la France mais le dépostite et de nombreux massacre de peuples colonisés, je crois pas que cette France se rend compte de la souffrance de c’est peuple

    • Apprends plutôt à tes enfants le respect et l’éducation. L’orthographe c’est mort vu le niveau. Pour l’histoire, on ne te demande rien. L’histoire de ce pays n’est pas ton histoire. Donc continue de palper tes allocs, et ferme ta gueule. On a compris depuis longtemps que vous ne serez jamais une chance pour ce pays.

      • @oummaderien
        Bravo,
        Mais je suis étonné que les soit disant régulateurs d’oumma ne vous ai pas censuré. D’habitude tout ce qui ne va pas dans leur sens est censuré.
        J’en ai souvent fait les frais.

    • Personnellement, je pense qu’il faut leur apprendre les deux, ça leur permettra de mieux appréhender la complexité du monde et de ne pas retenir que le négatif, d’autant qu’ils ont de quoi être fier du 8 mai, étant donnée la contribution des troupes venus du maghreb, longtemps minorée.

    • Je suis français d’origine française et j’apprendrai à mes enfants que, quand on a un contentieux avec un pays, on n’y met pas les pieds, comme l’ont fait des milliers d’Européens après 1945 vis à vis de l’Allemagne et, à fortiori, on n’en devient pas citoyen.

      • Moi je leur apprendrai que les guerres européenns ont fait plus de mal à la France que n’importe quel autre pays dans le monde. Les pires ont été les allemands, pourtant regardez l’union et la fraternité est possible. Soyez donc fiers de participer à la paix et à l’amour et mettez de côté les aigris dépassés par le temps. Vous avez vous aussi une histoire européenne millénaire et votre contribution à la culture européenne n’est pas des moindres.

        • tu n’as pas vu la photo de l’article? vas voir un ophtalmo pas musulman de préférence.
          Dans la photo, ci-dessus, c’est un algérien – en france – qui tire sur un Leroy à terre et recharge son instrument comme à la balle trap
          La culture du meurtre est dans tes gènes plutôt. Pauvre de pauvre

  9. Massacre? Tiens!

    Dans les écoles que j’ai fréquenté jadis on apprenait que le colonialisme était un acte de partage de la civilisation.

    • Absolument
      Aujourd’hui encore – nouvelle version – le devoir d’ingérence est un acte de partage de la démocratie.
      Il est efficace en Lybie, Côte d’Ivoire, Malie, Iraq, Syrie, Afghanistan, Centre Afrique, Somalie, …
      En effet, la démocratie est un état au-dessus de celui de la civilisation dans l’accompagnement des peuples du sud. L’état suivant est en cours d’élaboration.
      Pour finir, une question: l’allemagne nazie est rentrée en France pour civiliser, démocratiser ou pour quel type d’accompagnement?.

    • On a pas été à la même école, élève au collége public dans les années 1990, le massacre de Sétif faisait partie du programme. Les guerres de décolonisation aussi.

      • la France n’ a reconnu qu’il s’agissait d’une guerre qu’ en 1999, sous la présidence de Jacques Chirac. Toutefois, dans les textes législatifs notamment, l’expression officielle consacrée continue d’être « les événements d’Algérie ». Ce qui relève plus de la psychiatrie que de la communication. Cela fait penser aux amputés qui ont toujours la sensation de leurs membres manquants. Les héritiers des colons veillent toujours au grain. Ayons une pensée pour eux, le deuil est un cap difficile à surmonter (Lol).

        Il n’en reste pas moins que l’usage de guerre de décolonisation est très récent.

        • Néanmoins on a eu des cours d’histoire ou on abordait setif, la guerre d’indochine, d’Algérie…
          La France a des défauts nombreux, parmi ces défauts une incapacité à regarder son histoire en face de manière tout à fait objective, néanmoins une partie du travail est fait par l’éducation nationale et il faut pouvoir le reconnaitre.

  10. Alors les Leroy; où êtes-vous?
    Vous êtes des mal-aimés, les algériens se sont tirés sur eux-mêmes?
    Ou encore, la démocratie et les grandes valeurs occidentales voulaient tellement civiliser les bougnoules têtus qu’il a fallu leur administrer une petite fessée?.
    Doit-on oublier pour vous faire plaisir? Bref, c’est le passé mais il reste une question qui me paraît fondamentale:
    La France, après l’humiliation que lui ont fait les nazis, ne devait-elle pas être plus sensible à l’injustice? comment n’a-t-elle pas tiré la bonne leçon de son histoire? comment les pseudo- élites ne l’ont-ils toujours pas compris? ou peut être on ne veut pas le comprendre tout simplement.
    Pourtant il faut faire face un jours à son histoire et l’assumer au moins en la regardant.
    Premier pas est d’arrêter les ingérences, reconquérir l’indépendance de ces politiques et sortir de la crise de démocratie et représenter véritablement le peuple.

    • La France en mai 1945, et surtout l’administration française en Algérie, était largement composée d’anciens collabos et de pétainistes qui seront réinsérés dans l’appareil justement à cause des guerres coloniales. Les anciens traitres ont su jouer et exacerber les violences coloniales pour empêcher l’épuration ou la détourner vers des sous-fifres. Setif est donc à la fois un conflit colonial contre les Algériens et la poursuite de la guerre civile française datant de l’occupation. Une tir à deux cibles par ricochet. Les Américains ont tout fait pour protéger dès le débarquement les anciens collabos et empêcher ainsi les gaullistes et les communistes de réaliser le programme social du Conseil national de la résistance en France. C’était d’ailleurs leur politique partout en Europe, en Allemagne, en Italie, en Grèce, au Japon, en Corée et ailleurs. Ce qui explique pourquoi l’extrême droite pro-nazie est devenue partout “extrême centre” pro-USA, pro-colonial puis pro-impérialiste.

      • Il n’en reste pas moins que le gouvernement en 45 était dirigé par De Gaulle et était composé de socialistes et de communistes. Que les ordres de “rétablissement de l’autorité” ont été donné par ce gouvernement de concert.
        Le gouvernement et les fonctionnaires de Vichy ont bon dos. J’en suis plutôt un adversaire mais force est de reconnaître qu’à l’époque tout le monde était colonialiste et que bien qu’ayant été écrasé par l’Allemagne et ayant résisté, on ne reconnaissait pas aux “indigènes” la dignité de résister pacifiquement à l’oppression.
        800 coups d’artilleries, des bombardements aériens (300 sorties d’avion en 2 jours), une population de 2000 000 de personnes déportées dans des camps ne peuvent être ordonnés que par un ministre à minima. C’était une guerre qui n’en n’était pas une car un des belligérants était désarmé et à la merci de son bourreau.
        C’est un crime contre l’humanité dont s’est rendu coupable la France. Il faut nommer les choses.

    • La gauche francaise a toujours ete raciste et colonialiste depuis victor hugo,qui au parlement,exaltait la mission civilisatrice de la france et donc lui le laic,etait de facto,pourlevangelistion es algeriens.Derriere le sabre il y avait le goupillon.Qui a redouble la ferocite de la colonisation? qui a vote les pouvoirs speciaux?Une exception de taille qui a un peu sauve lhonneur de la gauche francaise cest Jean Paul Sartre qui etait un veritable homme gauche ANTI imperialiste.Enfin cest la droite Gaullienne qui a decolonise.

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