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La Tunisie, premier pays musulman à avoir aboli l’esclavage, deux ans avant la France

Deux ans avant la France éclairée par ses Lumières et dix-sept ans avant les Etats-Unis, le pouvoir tunisien du 19ème siècle s’éclairait au flambeau de l’humanisme pour graver dans le marbre de sa Constitution, mais aussi dans la mémoire collective tunisienne, une décision phare de nature à éclairer le monde : l’abolition de l’esclavage, le 23 janvier 1846.

Ce jour à marquer d’une pierre blanche pour la Tunisie, source d’une immense fierté pour sa population, à l’instar de Mounira Chapoutot-Remadi, professeure d’histoire du moyen-âge du monde arabe et musulman, qui plaide pour qu’il soit inscrit au calendrier national, tout en se flattant que son pays ait été « le premier pays musulman à avoir tourné la page de cet abominable commerce d’êtres humains », porte le sceau du souverain Ahmed Bey, dixième bey de la dynastie Husseïnite.

Ce monarque réformateur, passé à la postérité en tant que père fondateur de la Tunisie moderne, choisit en effet ce jour de janvier, il y a 170 ans, pour promulguer un décret qui allait percer à jamais de sa lumière les ténèbres esclavagistes.

Entérinant l’affranchissement de tous les esclaves noirs du royaume, encore sous domination ottomane, estimant que toute personne née en Tunisie était libre, quelles que soient ses origines, le bey de Tunis avait déjà fait montre de son volontarisme politique en la matière, en interdisant, dès 1841, la vente d’esclave au Souk El Berka sur ses terres. Un an plus tard, il élargira cette interdiction à une autre, s’inscrivant dans sa droite ligne : l’interdiction du trafic d’êtres humains à l’étranger.

En ces temps où la flamme de la mémoire vacille au souffle d’un vent mauvais, il est bon de rappeler au pays des droits de l’homme que deux ans avant qu’il ne franchisse le pas de l’abolition de l’esclavage, le 25 avril 1848, la Tunisie la marquait de son empreinte extraordinairement éclairée.

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