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La question du halal et du casher devant la Chambre des Lords britannique

Inscrite en filigrane à l’ordre du jour de la Chambre des Lords de la couronne britannique, la question du halal et du casher a été soulevée de manière implicite par le député conservateur Lord Trees, lequel, en sa qualité de vétérinaire, a interpellé le gouvernement sur les évaluations des critères éthique, juridique et religieux, qui influent sur l’abattage de certains animaux au Royaume-Uni. 

Habituellement sur toutes les lèvres, le halal, bien plus que le casher, était en l’occurrence dans tous les esprits, alors que le parlementaire s’attachait, sans "halaliser" le débat, une fois n’est pas coutume, à retracer le cadre légal de l’abattage en vigueur dans le pays pour mieux évoquer les rituels d’abattage, musulman et juif, notamment des bovins et des moutons.

Fait notable, devant douze de ses collègues qui l’écoutaient avec attention, Lord Trees s’est autorisé un jugement de valeur qui serait inaudible sous nos coupoles dorées, sauf à vouloir créer un tsunami dans les rangs de l’Assemblée Nationale et du Sénat… Celui-ci n’a en effet pas usé de périphrases pour qualifier de "barbare" la méthode juive d’abattage appelée "Shechita", qui, à ses yeux, fait subir à l’animal de terribles souffrances avant le coup de grâce.

Ponctué par les points de vue islamique et juif, ce grand débat parlementaire, qui a davantage suscité l’intérêt de la Chambre des Lords qu’il ne l’a mise en émoi, contrastant avec la tonalité invariablement passionnelle des joutes oratoires hexagonales, a permis à Lord Sheikh, président du Forum islamique, d’éclairer les divers exposés à la lumière des enseignements du Prophète (saws), pour qui le bien-être des animaux était une priorité absolue et représentait un acte de charité en islam.

En susbtance, voici un extrait du discours prononcé par Lord Sheikh devant ses pairs : "Mes Lords, je parle en tant que musulman qui consomme régulièrement de la viande halal. Je puis vous l’assurer, l'Islam interdit la maltraitance des animaux. La protection des animaux est inscrite dans les croyances musulmanes. Le Prophète Mohammed – que la paix soit sur lui – a dit: "Une bonne action commise à l’égard d’un animal est comme un bienfait accordé à un être humain, et tout acte de cruauté perpétré contre un animal est aussi nuisible que la cruauté envers un être humain. L’Islam permet l'abattage des animaux pour la nourriture, mais exige que cet abattage soit exercé avec humanité. Il n'y a jamais eu de preuves scientifiques concluantes qui démontrent que l'abattage rituel est plus inhumain que les méthodes mécaniques classiques."

Et de poursuivre en formulant ses voeux : "J'aimerais voir appliquer un code de conduite rigoureux et un système efficace d'auto-régulation. Cela rassurera les non-musulmans que ces animaux soient respectés ainsi que les normes légales. Je souhaiterais également que l’on mette en place un système complet et transparent d’étiquetage pour toutes les viandes, de sorte que les consommateurs puissent prendre une décision éclairée sur la viande qu'ils achètent. L'étiquetage ne doit pas se limiter à la viande abattue religieusement. Enfin, les dirigeants islamiques se sont rapprochés de la communauté juive pour s'enquérir de son opinion à ce sujet, et j'espère qu’une collaboration sereine et salutaire sera possible."

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