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La question de l’indépendance de l’Ecosse divise la communauté musulmane

Les musulmans d’Ecosse voteront-ils « oui » ou « non » à l’indépendance de leur terre d’adoption le 18 septembre prochain, date d’un grand référendum populaire, agréé par le Premier ministre britannique en octobre 2012, qui pose question et divise dans une contrée pourtant marquée par un fort mouvement indépendantiste?

Alors que le peuple écossais a été autorisé à décider de son avenir, la perspective de voir le pays du chardon couper le cordon avec le Royaume-Uni est une épine dans le pied pour nombre de citoyens, – 44% sont opposés à l’indépendance contre 37% qui y sont favorables selon un récent sondage publié par le Scotland on Sunday –, parmi lesquels figure un bon nombre de musulmans sur les 500 000 qui y sont installés.

"Je peux être musulman, mais il n’en est pas moins vrai que je m'identifie en tant qu'Ecossais et membre à part entière du Royaume-Uni," a déclaré Anum Qaisar, représentant des étudiants au sein de la Fédération des sociétés islamiques, au Herald Scotland, annonçant la couleur négative du bulletin qu’il glissera dans les urnes. "Pour moi, les pays devraient avant tout construire des ponts et non des frontières", a-t-il renchéri. Celui-ci ferait partie des « 32% » d’électeurs, minoritaires parmi les communautés musulmane et asiatique, à rejeter l’idée même de l’indépendance, si l'on se fie aux résultats d'un sondage réalisé par Awaz FM, la station de radio la plus écoutée par les asiatiques à Edimbourg. A l’inverse, pour les musulmans partisans de la souveraineté de l’Ecosse, afin qu’elle vole de ses propres ailes et renoue avec son âge d’or d’avant 1707, les retombées seront source d’une grande félicité pour les générations à venir. 

Loin d’être tranchée, la question de l’indépendance tiraille l'Ecosse, la scindant en deux clans irréconciliables, certains craignant de voir le camp du « oui » l’emporter chez les minorités ethniques sous la pression de tournées de porte-à-porte très démagogiques. "L'un des aspects qui est le plus important pour moi dans ce référendum est de permettre l’expression diversifiée des voix afin de s’assurer que toute l’Ecosse sera représentée dans les urnes", a insisté Talat Yaqoob, un blogger et militant communautaire, partisan de la campagne « Better Together » .

Prenant les devants, les étudiants de la Fédération des sociétés islamiques (FOSIS) à l'Université de Strathclyde ont décidé d’organiser un vote pédagogique pilote, le 9 mars prochain, en présence d’un large panel d’intervenants, dont le leader travailliste écossais, Anas Sarwar, et le ministre des Affaires extérieures du parti national écossais (SNP), Humza Yousaf. "Il est certes destiné aux jeunes musulmans, mais restera ouvert à tous, car ce vote déterminera notre avenir commun", a confié Anum Qaisar, l'organisateur de l'événement.

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