in

Inde : des dirigeants musulmans instaurent un “comité de protection de la vache” pour privilégier la concorde nationale

En quête de paix et d’harmonie religieuse dans une Inde qui a sacralisé la vache depuis des temps immémoriaux, au point de la considérer comme un membre de la famille, en ville comme à la campagne, et de fêter la naissance d’un veau avec la même allégresse que celle qui accueille l’arrivée d’un nouveau-né, une influente association musulmane, alarmée par le ressentiment anti-musulmans prégnant et ses passages à l'acte, a annoncé la formation d’un comité spécial, chargé de porter la bonne parole en incitant à ne pas heurter les sentiments des hindous.

Au cœur de vives tensions communautaires attisées par des rituels religieux aux antipodes, la vache sacrée doit l’être également par les musulmans, et non plus consommée et marchandée, tel est le mot d’ordre lancé par Abdul Qayyum Haque, le vice-président inquiet de Jamiat Ulema-e-Hind, l’une des principales organisations islamiques nationales, qui aspire à dresser des passerelles de respect et de compréhension mutuels sur une terre qui se prosterne majoritairement devant l’hindouisme.

La cohésion nationale sera à ce prix, ce que la minorité musulmane d’Inde, qui représente 14% de la population du deuxième pays le plus peuplé au monde, où elle subit fréquemment de violentes représailles de la part de groupes hindous d’extrême-droite, l’obligeant à fuir les villages où ils règnent en maître, a bien compris.

Début août, cette soif de vengeance a atteint son paroxysme, lorsqu’une foule entière incontrôlable a lancé l’offensive contre les commerçants musulmans installés dans le village de Gurgaon, situé au coeur de la province de l’Haryana, faisant justice elle-même en saccageant leurs magasins et en terrorisant toute une communauté, au seul motif que de la viande de bœuf était sur leurs étals.

Face à cette escalade de haine qui fait craindre le pire aux responsables musulmans, la création d’un comité de protection de la vache "Gau Hifazat", composé de 15 membres, dont 30% de représentants musulmans, 30% issus de tribus, et 40% en provenance des autres communautés, s’est imposée comme la solution idoine pour apaiser le climat ambiant, comme l’a expliqué Abdul Qayyum Haque, mercredi 27 août, dans un entretien accordé à l’Indian Express.

Dans la droite ligne de la campagne de sensibilisation conduite par l’organisation islamique Jamiat Ulema-e-Hind tout au long de 2013, visant à convaincre les musulmans de mettre un terme au commerce de la viande de bœuf ainsi qu’à la pratique du sacrifice de vaches à laquelle s’adonnent certains d’entre eux lors de l’Aïd Al-Adha, l’instauration du comité de protection de la vache, qui a été précédée d’une tournée dans 62 villages afin de préparer le terrain et les mentalités, se veut résolument fédératrice et constructive au seul profit de la concorde religieuse et nationale.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

« Ça saigne à l’aéroport de Liège comme à Gaza »

« FREE PALESTINE » LE 1er novembre prochain à Paris (vidéo)