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Grande-Bretagne : les musulmans victimes de la pire discrimination à l’emploi qui ait jamais sévi

S’il suffit de larguer les amarres pour aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs, la traversée de la Manche, jusqu’à la Perfide Albion, peut être une source cruelle de désenchantement pour les musulmans qui aspiraient à y jeter l’ancre, les discriminations et l’islamophobie traversant, elles-aussi, les océans et trouvant des ports d’attache partout sur le Vieux Continent.

En fait d’éden luxuriant et de havre de paix, la Grande-Bretagne se serait métamorphosée en une royaume très inhospitalier pour les sujets de confession musulmane, où se faire une place au soleil relèverait de la gageure tant les discriminations à l’embauche frappent comme rarement auparavant, brisant ou laissant loin derrière soi les rêves d’avenir.

Ce sombre constat, qui n’est pas le fruit des idées noires broyées par les esprits les plus pessimistes, ressort d’une étude des plus sérieuses et étayées réalisée recemment par le Dr Nabil Khattab de l'Université de Bristol, en collaboration étroite avec son collègue, le professeur Ron Johnston. Leur analyse du monde du travail jette une lumière crue sur la triste réalité d’une suspicion généralisée à l’égard de la communauté éternellement sujette à caution. "Les musulmans britanniques sont majoritairement perçus comme déloyaux par l’opinion publique, représentant à ses yeux une menace plutôt qu’une minorité stigmatisée et défavorisée", a expliqué le Dr Khattab, ce chercheur émérite, en précisant que les hommes et les femmes qui la composent sont non seulement toujours relégués au rang peu enviable de citoyens de seconde zone, mais font face également à la pire forme de discrimination à l’emploi qui ait jamais sévi contre un groupe minoritaire à l’échelle nationale.

Ceux qui sont en bas de l’échelle sociale ont toutes les chances de le rester, quant à ceux qui ont gravi quelques échelons, l’hostilité croissante et palpable envers leur islamité risque fort de leur barrer la route vers le sommet, les musulmans bardés de diplômes et compétents restant ainsi sur la touche par le seul fait d’employeurs qui, selon le Dr Nabil Khattab, assument pleinement leur "refus de s’entourer de leurs compétences dans ce climat délétère et anxiogène marqué par une hausse notable de l’islamophobie".Durement pénalisée par le fléau d'un racisme anti-musulmans prégnant et exacerbé à dessein, contre lequel il lui est impossible de lutter à armes égales, la fine fleur des musulmans britanniques n’a plus que ses yeux pour pleurer devant un avenir hypothéqué, des ambitions contrariées et un horizon bouché.

"Si cette situation venait à persister, il pourrait y avoir des incidences à long terme sur la cohésion de la société multiculturelle du Royaume-Uni. L'exclusion systématique des personnes musulmanes et noires qualifiées, et parfois même surqualifiées, commence déjà à créer des rancoeurs et pourrait anéantir totalement leur volonté de s’intégrer dans la société, et toutes les bonnes volontés en général", a averti le Dr Nabil Khattab, ce lanceur d'alertes qui ne cache pas son inquiétude devant l'engourdissement des consciences et la marge de manoeuvre dont diposent les apprentis sorciers pour jeter de l'huile sur le feu, tout en livrant des statistiques édifiantes qui corroborent ses dires. 

La probabilité que les hommes de confession musulmane ne trouvent aucun emploi, ou voient toutes les portes se fermer devant eux de l’autre côté de la Manche, est de l’ordre de 76% par rapport aux Britanniques dits de souche, blancs et chrétiens, du même âge et à niveau de qualification égal. Logées à la même enseigne, les musulmanes se heurtent à 65% à ce même obstacle insurmontable, le Dr Nabil Khattab et son confrère le professeur Ron Johnston arrivant à la même terrible conclusion : la communauté musulmane a le redoutable privilège d’être la minorité la plus défavorisée en termes de perspectives d’emploi sur les 14 groupes ethno-religieux recensés dans l’ensemble du royaume.

Parmi les musulmans qui ont trouvé la denrée rare, à savoir un emploi salarié, les deux chercheurs ont mis en relief que 23% sont originaires du Bangladesh et 27% du Pakistan, tout en observant que les juifs britanniques totalisent le taux d’employabilité le plus élevé du pays (64%), devançant les Indiens hindous (53%) , les Irlandais chrétiens (51%), ainsi que les Britanniques blancs, chrétiens ou athées, et les Africains noirs et chrétiens qui s’élèvent juste au-dessus de 40%.

Il ne ferait donc pas si bon vivre près des rives de la Tamise, quand l'hydre de l'islamophobie ressurgit, là aussi, des profondeurs, faisant du présent un chemin tortueux parsemé d'embûches et d'humiliations pour mieux empêcher de se construire un futur.

Par la rédaction.

 

 

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