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François Bayrou favorable aux créneaux non-mixtes pour les piscines

Parler de la condition de la femme devant un parterre d’amazones de la laïcité peut s’avérer un exercice délicat, surtout quand on est homme, et que comme François Bayrou, on considère que certaines exigences féminines ne sont pas des concessions de trop qui  grignotent la loi de 1905. Difficile de faire cavalier seul et d'avoir raison contre tous !

Invité au grand oral du forum organisé par le magazine Elle, dans l’enceinte de  Sciences po Paris, le président du MoDem n’a pas échappé à la fameuse question quasi honteuse des piscines non-mixtes, et des créneaux horaires réservés aux musulmanes, à Lille notamment. Comme si nager entre soi, lorsque l’on est femme et juive, était une pratique inconnue de tous, dans cette vaste Tartufferie laïque et anti-musulmane qu’est devenue la République.

 "Si des femmes, pas seulement musulmanes, veulent un créneau pour aller à la piscine sans être vue par des hommes, cela ne me gêne pas", a indiqué en préambule le centriste en lice pour la présidentielle, en référence à l’exemple lillois initié par Martine Aubry.

 Amené à développer sa position rare et courageuse, face à une salle qui lui était hostile d’avance, François Bayrou s’est lancé dans une explication dont l'analogie a été l'objet de tous les quolibets. Plus maladroitement formulé, que malheureux, le parallèle qu’il a établi entre les musulmanes et les femmes rondes ou obèses, a fait immédiatement réagir l’auditoire féminin, traversé par des murmures effarés, des ricanements grinçants,  voire même quelques huées… "Non, je ne permets pas qu’on rie de ça. Je connais des femmes plus lourdes que d’autres, qui n’ont pas envie d’avoir le regard des hommes sur elles à la piscine" a lancé François Bayrou, visiblement troublé par la tournure surréaliste des échanges.

Si son intervention a fait grincer des dents ou rire grassement, elle a aussi et surtout permis de dédiaboliser les femmes musulmanes en élargissant leurs aspirations à d'autres femmes, et de faire entendre la différence.  Ainsi, Sophie de Menton, la très conservatrice chroniqueuse des Grandes Gueules de RMC, farouchement anti-voile, et connue pour son extrême réserve et condescendance envers l’islam, a confié vendredi matin qu’elle appréciait se retrouver entre femmes à la piscine ou au hammam, alors qu’une auditrice non-musulmane, se qualifiant de ronde, a fait part de son souhait de bénéficier de créneaux non-mixtes à la piscine, afin d'éviter les regards sans complaisance.

Le sens du discernement de François Bayrou, sur la scène publique de l’hypocrisie et du souverain mépris, serait-il parvenu à faire bouger les lignes ?

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