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Dominique de Villepin s’inquiète de l’état d’urgence, déplorant:”On voudrait confier les clés du pays au FN qu’on ne ferait pas mieux”

Au micro de RMC-BFMTV, l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, qui se fait le chantre de la solution diplomatique et de l’indépendance de la France face au bellicisme invétéré et à l’alignement inconditionnel sur l’Axe Atlantique de ceux qui nous dirigent et nous conduisent dans le mur, de Sarkozy à Hollande, a alerté ce matin sur les dangers d’un état d’urgence qui se prolongerait indéfiniment, insistant sur son caractère « exceptionnel » et plaidant pour la durée éphémère de cette « mesure d’exception ».

 "La devise Liberté, Egalité, Fraternité est en train de devenir Sécurité, Autorité, Identité" déplore-t-il grandement, en s’inquiétant des dérives sécuritaires qui en découlent et de l’état policier vers lequel la France, cet Etat de droit qui est « notre force », comme il l’a martelé,  pourrait s’acheminer en faisant le jeu du FN. "On voudrait confier les clés du pays au Front national qu'on ne ferait pas mieux", se désole-t-il, en espérant un sursaut éclairé et salutaire.

Selon ce Gaulliste dans l’âme, les terroristes tendent "trois pièges" béants dans lesquels la France ne doit surtout pas tomber. "Le premier c'est celui de l'interventionnisme militaire. Plus nous ferons la guerre dans ces régions, plus nous mettrons le doigt dans un engrenage sans fin, qui conduira à davantage de catastrophes là-bas, et davantage de catastrophes ici. (…) Cette région connaît un véritable suicide. Si nous voulons enrayer ce suicide collectif, il faut utiliser les bons moyens. Utiliser un lance-flammes pour éteindre l'incendie, c'est une absurdité", a-t-il insisté.

Autre traquenard et non des moindres : celui de la "dérive autoritaire et sécuritaire, cette véritable spirale", parce qu'il "conduit à la guerre civile". " Cette "surenchère" de mesures d'urgence, "à terme, divisent les Français. Elles nous font rentrer dans une politique d'émotion, de communication et de spectacle. On voit que le président de la République prend des points dans les sondages", estime Dominique de Villepin, renchérissant :  "Qu'on s'attaque aux problèmes du chômage, du logement, de l'éducation".

Enfin troisième et dernier écueil qui guette la France et l’Union Européenne : "Daesh joue sur l'implosion de l'Europe, incapable de faire son devoir face à l'afflux des réfugiés, et incapable de créer des règles adaptées. Un Tracfin européen, un parquet européen, c'est au galop que ça devrait être fait. Au lieu de cela, on part dans des chimères. On veut changer la Constitution, c'est absurde, on part dans des chemins de divertissement", fustige l'ancien locataire de Matignon, avant de conclure : "Vous avez peur d'un chien qui est devant vous: vous êtes le premier à être mordu. La peur, ça attire".

L'intégralité de son intervention

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